Agir pour une biodiversité préservée

Tout savoir sur le bouturage

Semer, bouturer, diviser ou marcotter sont des techniques différentes pour multiplier les plantes. Nous vous présentons dans cet article la technique du bouturage qui consiste à donner naissance à un nouvel individu à partir d'un organe ou d'un fragment d'organe isolé d'une plante mère (tige, rameau, feuille, racine, écaille de bulbe…). On vous explique comment faire en images, grâce au replay de notre webinaire #JagisJePlante sur le bouturage.

Les plantes faciles à bouturer 

La plupart des plantes se bouturent, plus ou moins facilement et parfois certaines techniques sont plus adaptées que d’autres, en fonction de la saison et de la plante à bouturer. Voici quelques exemples de plantes simples à bouturer : 

  • ornementales : géranium rosat, oeillet de poète, giroflée des murailles…
  • « grasses » : bégonias, aloé vera, succulente…
  • grimpantes : chèvrefeuille, clématite, houblon, lierre, vigne vierge…
  • aromatiques : romarin, menthe, lavande, sauge officinale, santoline, répétas…
  • arbustives : noisetier, forsythia, fuchsia, hortensias, lilas, millepertuis, seringat, sureau noir…
  • petits fruits rouges : framboisier, groseillier, cassissier, mûrier-ronce…
  • arbres fruitiers et grands arbres : saule, chêne, olivier, figuier, poirier, pommier, châtaignier, érable...

Et aussi des plantes d’intérieur (monstera deliciosa, papyrus, chlorophytum, pathos, pilea…)

Les 3 techniques pour bouturer

Pour bouturer, il faut partir d'un morceau d'une plante mère afin de reproduire le végétal à l’identique. Pour cela, vous pouvez couper un fragment de tige, de feuille ou de racine.

Dans tous les cas, les plantes bouturées seront identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…). Les boutures de racines ou de feuilles peuvent se faire toute l’année. En revanche, les boutures de tiges se font plutôt au printemps pour les herbacées (aromatiques, ornementales, grimpantes...) et à l’automne pour les ligneux (grands arbres et arbustes).

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des plantes vivaces (grimpantes, aromatiques, ornementales et arbustives) à bouturer au printemps

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Pour réussir vos boutures

Retrouvez sur notre chaîne Youtube le replay du webinaire #JagisJePlante et découvrez toutes les astuces de Lise Lenoir, pépiniériste et chargée d'ateliers nature pour l'Association Pépins Production.

Replay du webinaire #JagisJePlante sur le bouturage

1h10

Foire aux questions

En complément de celles posées et répondues lors du webinaire.

Le bouturage est un clone de la plante mère, il n’y a donc pas de brassage génétique. Cette technique peut-elle rendre les individus très sensibles aux crises (la diversité génétique est très importante pour la résilience) ?
Pépins Production : Tout à fait ! C'est pour cette raison que de nombreuses plantes sont réintroduites dans les jardins, même quand elles y sont déjà présentes, pour avoir un brassage génétique plus important. Il est déconseillé de planter un jardin de romarin ou un chemin d'arbres dont tous les individus proviennent du même individu.
Quand on coupe les 2 feuilles du bas, est-ce qu’on coupe aussi les bourgeons qui sont à l’aisselle des feuilles coupées ?
Pépins Production : Ça dépend des écoles ! Moi je les coupe afin de créer une cicatrisation, d'autres les laissent. Testez les deux et comparez !
J’ai vu qu’il était possible de garder des boutures de tiges ligneuses au frigo. Cela va-t-il fonctionner si je les mets en terre ou en eau maintenant ?
Pépins Production : Oui, dans une certaine mesure. Les boutures ligneuses vont plutôt en terre ! Mais je conseille toujours de bouturer le plus tôt possible après la taille et à la saison où la bouture est la plus propice.
Est-ce que la tige coupée repart ensuite sur la plante mère ? Dans quelle catégorie se classe le frangipanier ?
Pépins Production : Bien sûr, couper une tige n'empêche pas la plante mère de repartir ! Elle repousse à partir du nœud juste sous la coupe. La frangipanier est un arbuste vivace donc une plante ligneuse.

Questions sur la saisonnalité pour bouturer ses plants

Faut-il respecter une saison spécifique pour mettre en terre une bouture ?
Pépins Production : Tiges herbacées au printemps, Tiges ligneuses à l'automne. Les plantations se font à l'automne en priorité (une fois le système racinaire développé).
A quel moment repiquer en pleine terre ou grand pot de balcon ?
On repique/rempote lorsqu'une plante n'a plus assez de place dans le contenant où elle est installée. Les plantations en pleine terre se font à l'automne en priorité (une fois le système racinaire développé et pour qu'il continue de s'étoffer pendant l'hiver).

Questions sur les autres techniques pour multiplier ses plants

Que pensez-vous du marcottage versus bouturage ?
Avec le marcottage, la plante "bébé" profite de l'énergie de la plante-mère (à laquelle elle est toujours reliée). Cette méthode fonctionne parfois mieux que le bouturage. Mais on ne peut pas toujours marcotter, ni garder ces deux individus côte-à-côte. Je conseille le marcottage lorsque la plante-mère est dans son jardin et qu'elle est difficile à bouturer (longue formation des racines, terreau peu arrosé...).
Y-a-t-il une différence d’architecture racinaire entre un semis et une bouture ?
Après un semis, la racine principale sort de la graine lors de la germination, alors que les racines d'une bouture apparaissent sur l'organe prélevé, parfois à différents endroits. Mais l'architecture racinaire finale, sera la même.
Et le bouturage à l'étouffée ?
La technique est la même qu'avec une bouture classique mais consiste à ajouter un matériau transparent par dessus la bouture pour créer un "effet de serre" et l'aider à se développer. Cette installation crée en effet une atmosphère confinée plus chaude, gardant l'humidité autour de la bouture, soit une atmosphère plus propice à son développement.

Questions diverses

Y-a-t-il un copyright sur les plantes ? Quelles sont les règles en matière de troc-plantes ?
Pépins Production : Les plantes ont été découvertes par des botanistes, souvent le nom latin de la plante comprend la lettre majuscule du botaniste l'ayant découvert et décrite pour la première fois. Par exemple, Le Lys des Incas porte le nom latin de Alstroemeria ligtu L. ; le "L." étant celui de "Carl von Linné". Les plantes n'appartiennent à personne (une fois que l'autorisation de prélèvement a été donnée par le propriétaire d'une plante) donc il n'y a pas vraiment de "règles" en matière de troc de plantes.
Une collectivité peut-elle profiter de la plateforme du bénévolat ?
FNH : Oui absolument ! Il suffit à la collectivité de créer son compte et d'enregistrer ses activités nature. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.jagispourlanature.org

Artificialisation des sols : quel habitat pour demain ?

Aujourd’hui, l’artificialisation augmente quatre fois plus vite que la population et a des répercussions incontestables sur l’environnement : perte de biodiversité, réchauffement climatique, amplification des risques d’inondation, effets d’îlots de chaleur urbains… Face à ce constat, l’enjeu est bien aujourd’hui de ralentir le phénomène et de sortir du modèle qui produit chaque année des dizaines de milliers d’hectares d’artificialisation, pour développer un modèle d’urbanisme qui protège les sols. Mais quel nouveau modèle d’aménagement proposer ? C’est à cette question que nous vous proposons de répondre à travers un nouveau livret extrait de notre rapport “Réussir le ZAN tout en réduisant le mal-logement : c’est possible ! “ coécrit avec la Fondation Abbé Pierre.

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Peut-on produire de nouveaux logements sans artificialiser ?

D’un côté, un besoin d’au moins 400 000 nouveaux logements par an pendant 10 ans. De l’autre, environ 100 000 hectares d’espaces disponibles pour répondre aux besoins de toutes les communes de France en matière de transition écologique, d’activités, de services publics et… de logements d’ici à 2031. Comment résoudre cette équation ? De nombreux leviers existent dont :

  • Lutter plus efficacement contre la vacance
  • Réduire la sous-occupation des logements en régulant mieux les résidences secondaires et meublés touristiques dans les zones tendues et en améliorant le parcours résidentiel des seniors
  • Développer la densification douce (verticale dans l’urbain dense, horizontale en rural),
  • Privilégier la construction de logements collectifs et réinvestir fortement dans le logement social,
  • Opter pour le renouvellement urbain et le recyclage foncier qui offrent la possibilité de transformer la structure des quartiers et de repenser en profondeur les formes urbaines
  • Développer de nouvelles formes d’habitats comme l’habitat léger qui préservent les sols et réduisent le prix des logements.

Quel avenir pour la maison individuelle ?

L’habitat est le premier consommateur d’espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF), et si on y regarde de plus près, c’est bien l’habitat individuel qui est le plus consommateur d’espaces. En cause : un modèle d'aménagement qui encourage l’étalement urbain et l’artificialisation des sols. Un modèle promu depuis les années 70 comme le “rêve pavillonnaire”, avec des maisons standardisées, souvent construites en lotissements, excentrées des centres-villes et où la dépendance à la voiture est totale pour chaque acte de la vie quotidienne.

Mais quelles alternatives proposer ? Découvrez les initiatives d'ores et déjà mises en place pour proposer de nouvelles formes d'habitat individuel en téléchargeant notre livret !

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ZAN et création de logement social sont-ils compatibles ?

La production de logement social est tout à fait compatible avec la sobriété foncière. En effet, si l’habitat est le premier facteur d’artificialisation, c’est surtout l’habitat individuel qui est en cause. L’habitat collectif était responsable de 3 % de la consommation d’ENAF totale entre 2006 et 2014, contre 47 % pour l’habitat individuel. Or, 84% des logements sociaux sont de l’habitat collectif.

Par ailleurs, le modèle du logement social permet de proposer des logements à des prix abordables dans un contexte d’offre foncière limitée. Il est aussi aujourd’hui le seul outil pour assurer qu’un logement nouvellement construit soit durablement utilisé en résidence principale et non en résidence secondaire ou en meublé de tourisme.

Quel lien entre lutte contre l'artificialisation et lutte contre l'isolement des seniors ?

C’est chez les personnes âgées propriétaires de logements individuels que se concentre principalement la sous-occupation (84 % des 65 à 74 ans et 85 % des 75 ans et plus sont en situation de sous-occupation). Une réalité qui fait de la question du parcours résidentiel et de l’offre de logements pour les seniors l’une des clés de la transition écologique et sociale. En effet, en permettant à des seniors de passer de logements de famille, sous-occupés et non adaptés à la perte d’autonomie, à des logements mieux adaptés, abordables et suffisamment attrayants pour donner envie à des seniors de s’y installer.. on remettrait sur le marché des logements qui pourraient répondre aux besoins de ménages plus jeunes. 

Pour répondre à ce besoin, il existe plusieurs solutions comme le béguinage ou les habitats partagés, collectifs ou intergénérationnels qui sont à découvrir dans notre livret.

Comment intégrer la nature en ville ?

Le ZAN est une opportunité unique de réorienter l’aménagement des villes en faveur d’un meilleur accès à la nature pour tous mais aussi d’un cadre de vie plus agréable et apaisé. À une condition : la question de l’accès à la nature doit devenir un élément structurant de la planification urbaine.

Mettre un terme à l’étalement urbain et atteindre le zéro artificialisation nette impliquent d’optimiser le bâti existant et d’intensifier l’usage des espaces urbains mais il implique aussi de renforcer ce qu’on appelle “les trames écologiques”. Cette forme de connectivité écologique fait partie des facteurs clés pour maintenir, préserver voire enrichir la biodiversité en milieu urbain. Elle permet aux espèces de se déplacer (essentiel à leur survie et reproduction), augmente le brassage génétique entre populations et garantit l’adaptation et la résilience des écosystèmes.

Les zones humides, un trésor de biodiversité à préserver

Les zones humides sont des réservoirs de biodiversité. Elles offrent des conditions favorables au développement de toutes les formes de vie animales et végétales (oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons, insectes et plantes…) ainsi que le gîte et le couvert pour de nombreuses espèces migratrices.

 

Pas moins de 40% de toutes les espèces animales et végétales dans le monde dépendent de ces milieux, dont en France la totalité des amphibiens (grenouilles et tritons) et pourtant la destruction des zones humides reste aujourd’hui un fléau pire que la déforestation puisqu’elles disparaissent, en pourcentage, à un rythme trois fois supérieur. Zoom sur quelques représentants de ces espèces animales et végétales

Chez les amphibiens

La rainette verte - Hyla arborea

Amphibien emblématique des zones humides, cette rainette d’à peine 5 cm pesant une vingtaine de grammes mène une double vie : terrestre et aquatique, grâce à un système respiratoire associant deux petits poumons et une respiration cutanée : une très fine peau bien vascularisée secrète dans ses glandes un mucus qui la maintient souple et humide et favorise les échanges gazeux. Se nourrissant d’insectes terrestres et d’invertébrés aquatiques, la rainette évolue ainsi dans les plaines, prairies et bois mais toujours à proximité de zones humides mares, étangs, fossés, bras morts… indispensables à sa survie et à sa reproduction puisqu’elle se développe dans l’eau. La femelle y pond entre mars et mai jusqu’à 10 000 œufs qui, sept jours plus tard, donnent des têtards puis deviennent au bout de trois mois des grenouilles adultes évoluant à terre. Plus petite que la grenouille commune (10 cm) dont l’homme apprécie les cuisses ! Ses principaux prédateurs sont les poissons carnassiers (brochets surtout), couleuvres, hérons et martins-pêcheurs.

Le saviez-vous ? Malheureusement les amphibiens payent aussi un lourd tribut à la route. Pour tenter de réduire la mortalité des grenouilles écrasées lors de leur migration pour aller se reproduire, on construit des « crapauducs », ces tunnels permettant aux amphibiens de passer sous la route aux endroits les plus stratégiques. Et aussi… savez vous ce qui distingue les amphibiens « anoures » crapauds, grenouilles et rainettes, des « urodèles » tritons et salamandres ? Les premiers sont sans queue (résorbées après l’état larvaire) alors que les seconds en ont une. 

 

La rainette verte - Hyla arborea © Pixabay

Chez les reptiles

La cistude d’Europe - Emys orbicularis

La cistude d’Europe est une tortue d’eau douce, dite dulcaquicole. De tempérament méfiant, ce timide reptile dont la carapace tire du vert olive au noir passe souvent inaperçu, se fondant dans la végétation serrée type roselière pour se cacher des prédateurs terrestres. Au sortir de l’hivernation, au mois de mars, il faut s’armer de patience pour avoir une chance de l’observer durant ses bains de soleil car à la moindre alerte, elle plonge et disparaît sous l’eau. Bien adaptée, ses pattes palmées dotées aussi de fortes griffes lui permettent de se déplacer aussi bien à terre que dans l’eau. Son comportement alimentaire est opportuniste. Si l’essentiel de son menu carnivore est à base d’insectes, larves, mollusques, crustacés, la tortue ne dédaigne pas les charognes de type poissons morts, un petit côté charognard for utile qui participe au nettoyage et à l’équilibre écologique des milieux humides.

Particularité de l'espèce : le dimorphisme sexuel. A savoir que la femelle est plus grande que le mâle, jusqu’à 20 cm et 1,3kg pour elle contre 16 cm et 600 gr pour lui. Sa maturité sexuelle n’intervient pas avant 7 ou 8 ans chez la femelle mais son espérance de vie peut atteindre 50 ans. Si la tortue adulte est moins sujette à la prédation, les œufs et juvéniles sont beaucoup plus vulnérables face aux corvidés, hérons, fouines, renards, sangliers…

Le saviez-vous ? Chez la Cistude d’Europe comme chez la majorité des reptiles ovipares, c’est la température d’incubation des œufs qui détermine le sexe mâle ou femelle des petits à naître ; en dessous de 30°C ce sont des mâles, et donc au-delà des femelles. Ce déterminisme est dit « thermosensible ».

 

La cistude d’Europe - Emys orbicularis © Pixabay

Chez les mammifères

Le castor d’Europe, castor fiber

Notre castor d’Europe est le deuxième plus gros rongeur du monde (le premier étant le Capybara vivant en Amérique centrale). Il pèse jusqu’à 30 kilos mais certains spécimens peuvent atteindre 45 kilos et dépasser les 1,20m de long, sa large queue en forme de battoir comptant pour 30 cm.

Cet ingénieur de la nature bénéficie d’un fort capital de sympathie tant la qualité de son ouvrage est admirable. Animal monogame, il passe sa vie à construire un nid douillet pour y élever sa progéniture. Bâtisseur hors pair, il est doté d’une mâchoire puissante et de longues incisives grâce auxquelles il taille, empile, entrelace bouts de bois, troncs et végétaux puis imperméabilise l’ensemble en la recouvrant d’une épaisse couche de boue. Toujours à pied d’œuvre, il répare sans cesse et colmate les fuites, sa large queue plate couverte d’écailles lui servant sous l’eau de gouvernail et le maintenant en équilibre sur terre. En édifiant des barrages pouvant atteindre 2 mètres de haut, il crée des retenues d’eau pouvant inonder de larges étendues de terre, créant de nouvelles zones de prairies humides propices au développement d’autres espèces animales et ralentissant le débit de l’eau, donc le ruissellement et l’érosion.

Le saviez-vous ? En plus d’une huile imperméabilisant naturellement sa fourrure, le castor possède une troisième paupière pour voir sous l’eau sans s’irriter les yeux, de même qu’en mode submersion ses narines et oreilles se bouchent automatiquement ! « Faire feu de tout bois », non seulement ils utilisent le bois comme matériau de construction mais c’est aussi une source de nourriture car les castors comptent parmi les rares mammifères capables de digérer la cellulose.

La loutre d'Europe, lutra lutra

Avec son corps allongé et souple mesurant entre 60 et 80 cm, sa petite tête plate et son fin museau, ce gracile mustélidé est très agile et rapide sous l’eau. Longtemps chassée pour sa magnifique et soyeuse fourrure brune, environ 80 000 poils courts et longs au cm2 composent deux couches distinctes : le poil de bourre et le poil de jarre, la loutre d’Europe est aujourd’hui protégée. Son espérance de vie est d’une dizaine d’années à l’état sauvage. Territoriale, solitaire, elle s’établit sur 5 à 15 de km de rives de cours d’eau dans lesquels elle prélève près d’1 kilo de nourriture par jour (poissons, grenouilles, écrevisses…). Elle se distingue des autres mustélidés par son caractère particulièrement joueur et s’adonne volontiers à des parties de glissade ! Sous l'eau, elle utilise sa grosse queue musclée comme une hélice pour se propulser et ses pattes arrières lui servent de gouvernail pour changer de direction. On trouve la loutre d’Europe jusqu’à 2000 mètres d’altitude.

Le saviez vous ? La catiche est le nom de sa tanière, le lieu où la loutre met bas, ce peut être un arbre creux aussi bien qu’une cavité creusée dans la berge. Les petits sont appelés des loutrons (trois maximum par portée), ils naissent aveugles et restent 1 an auprès de leur mère.

 

La loutre d'Europe ©pexels-david-selbert

Chez les insectes

La libellule - Ordre des Odonates

Il faut savoir qu’en raison de la dégradation ou de la disparition croissants des zones humides qui sont leur site de reproduction, une libellule sur six est en danger d’extinction dans le monde. En France métropolitaine, on dénombre près de 90 espèces. Leur taille moyenne : 7 cm de long et une envergure jusqu’à 11 cm, arborant de magnifiques couleurs allant du bleu avec l’agrion de mercure, au jaune, noir, vert comme l’anax empereur, et même rouge vif comme le Sympétrum rouge sang.

Tout en légèreté, la gracieuse libellule fait partie de ses insectes bien aimés qui ne piquent pas. Grâce à ses quatre ailes se mouvant indépendamment les unes des autres, elle offre de véritables ballets aériens. En stationnaire, en marche-arrière ou lors de brusques changements de cap, le vol de la libellule pouvant atteindre 90 km/h en vitesse de pointe fait d’elle une redoutable prédatrice. Elle consomme jusqu’à une centaine d’insectes par jour dont les moustiques et leurs larves, papillons, araignées… mais c’est dans l’eau qu’elle passe la majeure partie de sa vie puisque les larves peuvant muer jusqu’à 15 fois, ce qui s’explique par la rigidité de leur squelette externe, pour se développer. Adultes, sa durée de vie aérienne varie selon les espèces de quelques semaines à quelques mois, mourant généralement à l’automne.

Le saviez-vous : la frêle libellule existait déjà il y a plus de 200 millions d’années et ainsi côtoyé les dinosaures ! A votre avis, pourquoi appelle-t-on certaines libellules des « demoiselles » ? Scientifiquement parlant, l’ordre des odonates est scindé en deux sous-ordres : les Zygoptères ou « demoiselles » qui replient leurs ailes au-dessus d’elles quand elles se posent, et les Anisoptères, plus grosses qui gardent en permanence leurs paires d'ailes dépliées à l’horizontale.

Chez les végétaux

Le roseau des marais - Phragmites australis

Le roseau des marais fait partie de ces plantes les plus connues qui signent la présence de zones humides, ils côtoient les iris jaunes, les joncs, laîches, et autres sphaignes, ces mousses qui ont la particularité bien utile de se gorger d’eau comme des éponges.

Plante semi-aquatique, cette grande graminée vivace avec sa longue tige d’environ 2 mètres de haut, forment des roselières ceinturant les pièces d’eau qu’elles colonisent grâce à un réseau de solides rhizomes qui assurent une bonne stabilité des berges. Le roseau, de croissance rapide, plante de la phyto-épuration par excellence, est un atout majeur quand il s’agit d’éliminer les métaux lourds et de traiter les eaux usées. Aussi appelé cannes à balais, en raison de leurs inflorescences en forme de plumeau, les roselières sont un brise-vent efficace et un site de reproduction idéal pour la multitude d’oiseaux nicheurs, d’insectes, de canards et autres petits mammifères qu’elles hébergent et protègent des prédateurs.

Le saviez-vous ? On confond souvent le roseau des marais avec le roseau des étangs (ou roseau à massette), dont les épis floraux ressemblent à de longs bâtonnets de couleur brune. Les tiges creuses du roseau des marais (rassemblées en bottes) servent à structurer les toits et sont l’un des plus vieux matériaux de couverture utilisés : le chaume.

 

Le roseau des marais - Phragmites australis © Pixabay

Le saule pleureur - Salix Babylonica

Le saule pleureur est un arbre qui se plait les pieds dans l’eau, consolidant les berges des rivières et étangs grâce à son vigoureux système racinaire. Il prend rapidement des dimensions importantes, pousse en tous sens et peut atteindre 25 mètres de hauteur mais a une durée de vie relativement limitée pour un arbre : 30/40 ans. Ses longues branches retombant souplement sont ornées de feuilles lancéolées entre vert jaune lustré et vert moyen, jaunissant à l'automne et ses longs rameaux jaune vif brunissent avec l'âge. Sa beauté, le bruissement léger de ses feuilles l’ont amené à souvent être planté comme arbre d’ornement. Originaire de Chine (où cet « arbre de vie » est symbole d’immortalité), il fut importé depuis le Japon au 17e siècle en Europe où depuis il prospère dans les sols frais et humides. Il existe des arbres mâles et femelles et leurs fleurs, des chatons mâles et femelles, sont dressées vers le haut au printemps. Le saule nourrit chenilles et oiseaux tout en fournissant aux animaux un abri frais et ombragé l’été. Par ailleurs, les saulaies marécageuses ont un rôle majeur dans la circulation de l’eau, servant notamment de zone tampon et d’épuration des eaux.

Le saviez-vous : les saules sont une grande famille d’arbres, arbustes et arbrisseaux de la famille des salicacées. Parmi eux, Salix Alba, ou saule blanc, possède des feuilles blanchâtres à l'origine de l'aspirine. Quant à Salix Purpurea, Salix Viminalis, osier rouge et blanc, ils étaient le matériau de base des vanniers pour fabriquer des paniers ou encore Salix Antartica, le plus petit arbre du monde - 2 centimètres de hauteur - est un saule !

Chez les crustacés

L’écrevisse à pattes rouges - Astacus astacus

Mesurant entre 5 et 20 cm pour les plus grosses, les écrevisses autochtones (trois sont répertoriées en France : l’écrevisse à pattes rouges, à pieds blancs, et celle des torrents) sont, à bien des égards, menacées à l’état sauvage. Muni de fortes pinces et d’un thorax bien développé, voire charnu - ce qui en fait un mets culinaire fort apprécié -, ce homard version miniature est aussi victime comme tant d’autres espèces de la dégradation de son habitat. L’écrevisse a besoin d’une eau douce claire et bien oxygénée ainsi qu’un sol ferme, suffisamment escarpé pas trop envahi par la végétation pour creuser des trous afin de s’y réfugier lors de ses différentes mues : des périodes pendant lesquelles elle change d’exosquelette pour poursuivre sa croissance et se retrouve molle donc très vulnérable. Une carapace riche en calcium dont elle va ingérer la substance nutritive pour créer sa nouvelle cuirasse.

Ce décapode (10 pattes) ne nage pas vraiment et se déplace en arrière en claquant fortement sa queue par à-coups contre la partie inférieure de son corps. A son menu d’omnivore et de détrivore figurent, larves d’insectes, œufs de poissons et toutes sortes de débris végétaux et animaux mais elle est aussi une proie de choix pour une multitude poissons, oiseaux aquatiques et mammifères comme la loutre et les rats. A noter que l’écrevisse souffre particulièrement de la concurrence d’écrevisses « exotiques » introduites volontairement ou non par l’homme comme l’écrevisse de Louisiane, nettement plus féconde : Deux pontes de 100 à 500 œufs contre 1 seule de 60 à 150 œufs pour l’écrevisse française

Le saviez-vous ? Principalement active la nuit, l’écrevisse peut migrer à la recherche d’un point d’eau plus accueillant et parcourir plusieurs kilomètres sur la terre ferme après avoir stocké de l'eau dans ses branchies lui permettant de respirer.

Chez les oiseaux

Le martin-pêcheur d’Europe - Alcedo atthis

Reconnaissable entre tous avec son plumage bleu turquoise et roux orangé, ce petit oiseau piscivore d’une quinzaine de cm, pesant 30 à 45 gr avec une envergure d’environ 25cm, se distingue par son bec aussi effilé et pointu que la lame d’un poignard. Il s’en sert d’ailleurs comme une dague pour capturer des poissons dont la taille n’excède pas 7cm (tanches, gardons, alevins) qu’il transperce littéralement sous l’eau en plongeant jusqu’à un mètre de profondeur.

Flanqué de toutes petites pattes dont les doigts sont en partie soudés, ce n’est pas un oiseau que vous verrez se déplacer à terre : farouche, on l’entend, un cri perçant, davantage qu’on ne le voit. Le martin-pêcheur est cavernicole et, à défaut de trouver au printemps une galerie disponible, le couple creusera lui-même un long tunnel, suffisamment haut sur la berge d’un cours d’eau pour prévenir le risque de submersion en cas d’inondation, au bout duquel la femelle couvera 5 à 8 œufs durant trois semaines en alternance avec le mâle. Deux nichées, au printemps et en été, parfois davantage se succèdent. Après l’éclosion, les petits mangent quotidiennement leur poids en poissons et grandissent rapidement puisque quatre semaines en moyenne après l’éclosion, le mâle supervise leurs premiers plongeons pendant que la femelle enchaine souvent sur une autre nichée, parfois trois ou quatre dans la même année pour peu que l’une d’elles ait été la proie de rats, de renards ou autre animal fouisseur. Adultes, ses prédateurs (éperviers et faucons) viennent plutôt du ciel. Espèce non chassable, son espérance de vie à l’état sauvage s’établit entre 10 et 15 ans.

Le saviez-vous ? La fulgurance du plongeon oblique en piqué, ailes repliées vers l’arrière du martin-pêcheur a inspiré les ingénieurs japonais :  l’aérodynamie de l’oiseau qui plonge et fend l’eau sans aucune éclaboussure fut une propriété très intéressante à exploiter pour résoudre un problème acoustique de leur TGV. S’inspirer de l’anatomie de cet oiseau leur a permis de remédier à la déflagration sonore liée à la vague de pression produite par l’entrée à vive allure dans un tunnel urbain, tout en améliorant son taux de pénétration dans l’air ce qui augmente sa vitesse et réduit sa consommation électrique. Quand la nature inspire les Hommes !

Le martin-pêcheur d’Europe - Alcedo atthis © Pixabay

Le héron cendré - Ardea cinerea

Le héron français, comme son nom l’indique de couleur gris cendré, est plutôt casanier. Il vit dans les zones humides, pourvu que les eaux soient poissonneuses et peu profondes. En plaines, on reconnait facilement ce grand échassier près des fleuves, dans les étangs, marais, rizières ou, sur le littoral sillonnant les estuaires, vasières ou marécages. Sa haute taille, près d’un mètre, fait de ce cousin de la cigogne le plus grand des ardéidés d’Europe. Jouissant d’une excellente vision frontale et latérale et d’une ouïe très fine, il fuit à la moindre alerte.

Bien que son envergure moyenne atteigne 1,80m ailes déployées, son vol néanmoins puissant et esthétique avec ses longues pattes bien tendues vers l’arrière, n’est pas très rapide, 40 km/h maximum. Territorial, monogame le temps d’une saison, le mâle aide la femelle à façonner le nid, une plateforme légèrement en creux faite de bouts de bois, joncs et brindilles entrelacés en haut des arbres où le couple couve en alternance 3 à 5 œufs puis nourrit et protège des prédateurs (mustélidés carnivores, grands rapaces) les petits avant leur émancipation (50 jours environ). Le héron reste grégaire, il se reproduit en colonies, les héronnières et, hors période de reproduction, ils se rassemblent la nuit dans des dortoirs hors de portée des prédateurs.

Le saviez-vous ? Contrairement à ses cousines la grue et la cigogne qui volent le cou déployé, le héron doit rentrer et replier le sien pour maintenir le poids de son corps à l’équilibre. Pas besoin non plus de pattes palmées… S’il se nourrit essentiellement dans l’eau, le héron ne se mouille pas ! Il ne nage pas, mais déambule grâce à ses longues pattes et attend, ses yeux jaunes rivés sur l’eau. Le poisson repéré (jusqu’à 500 grs), il le laisse s’approcher pour, au moment propice, le harponner de son long bec orangé.

Un livret pour tout savoir sur les zones humides

Les zones humides constituent un patrimoine naturel exceptionnel. Malheureusement, ces écosystèmes indispensables font face à de nombreuses menaces !  A l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides, notre Fondation vous propose son nouveau livret d’information pour tout savoir sur ces territoires entre terre et eau qu’il est urgent de protéger et sans lesquels la vie sur Terre serait impossible.

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Un petit livret pour tout savoir sur les zones humide

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Les zones humides : des milieux aux multiples bienfaits

Les zones humides sont indispensables pour les avantages infinis qu’elles procurent à l’humanité, de l’apport d’eau douce à l’alimentation, en passant par la maîtrise des crues, la recharge des nappes souterraines, l’atténuation des changements climatiques et la préservation de la biodiversité. Petit rappel de tous les bienfaits des zones humides !

Elles nous nourrissent et soutiennent le développement économique et social d’un milliard de personnes !  

Les zones humides permettent le développement de nombreuses activités agricoles : élevage, maraîchage, pisciculture, ostréiculture, saliculture, riziculture-… mais aussi des matières premières, de l’énergie, des ressources médicales…

Elles sont liées à notre patrimoine et à notre culturel ! 

Les caractéristiques naturelles des zones humides confèrent à ces paysages remarquables une importance culturelle et une dimension spirituelle pour nombre de personnes qui, en France (et à travers le monde), dépendent directement de leurs ressources pour vivre. Elles font partie intégrante du patrimoine national : imagine-t-on la Sologne sans ses étangs, Guérande sans ses saulniers, le Mont Saint Michel sans ses élevages en prés-salés, le marais poitevin sans ses feux follets ?

Elles nous apportent du bien-être ! 

Ces espaces de nature, grâce à leur valeur esthétique, leur qualité paysagère et la fraîcheur qu’elles apportent contribuent au bien-être psychologique ; que l’on s’y promène ou qu’on les regarde depuis sa fenêtre ! Dans les villes, elles amoindrissent les nuisances liées au trafic routier, favorisent les interactions sociales et réduisent, de fait, le stress au quotidien. Par ailleurs, on oublie parfois la dimension récréative qu’elles représentent en étant des espaces de loisirs. Le tourisme, la pêche, la navigation et autres sports nautiques sont une source de détente mais aussi le support d’activités pédagogiques : découverte de la dynamique du fonctionnement des écosystèmes et de leur diversité, tourisme naturaliste, et toutes formes de participation et d’engagement pour aider à les préserver.

Elles nous protègent des catastrophes !

Les zones humides protègent 60 % de l’humanité le long des côtes contre les ondes de tempête, les ouragans et les tsunamis. Une zone humide continentale de seulement 4 000 m2 par exemple peut absorber jusqu’à 5,7 millions de litres d’eaux de crue, contribuant à réduire les inondations et à retarder et atténuer les sécheresses.

Elles constituent un habitat pour 40 % des espèces mondiales !

Étangs, marais, landes, tourbières, prairies humides, forêts alluviales, estuaires, lagunes, en métropole mais aussi lagons, mangroves et forêts humides en outre-mer sont autant de biotopes particuliers qui accueillent chacun une faune et une flore spécifique, voire endémique : algues, poissons, oiseaux d’eau, insectes et autres espèces sauvages abondent et s’épanouissent dans ces milieux où les uns vivent à l’état permanent et où d’autres se nourrissent, se réfugient, se reposent ou font étape pendant la migration et se reproduisent.

Si les forêts sont les poumons de la planète, les zones humides sont ses reins !

Filtre naturel à la fois physique puisque sédiments et matières toxiques comme les métaux lourds vont s’y déposer et/ou y être piégés ; et filtre biologique puisque la présence de bactéries, l’exposition aux ultraviolets et la phytoépuration par les plantes font des zones humides un lieu propice à la dégradation biochimique des polluants : pesticides et intrants de synthèse comme les nitrites et les phosphates agricoles, responsables entre autres pollutions de l’eutrophisation des cours d’eau. C’est bien grâce à elles que l’eau qui recharge les nappes souterraines est purifiée.

Elles sont des puits de carbone !

Leur rôle dans la captation et la séquestration du carbone est capital puisqu’elles stockent plus de CO2 que n’importe quel autre écosystème terrestre. Pour exemple, les tourbières qui ne couvrent que 3 % des terres de la planète, stockent environ 30 % du carbone terrestre, soit deux fois plus que toutes les forêts du monde.

Les zones humides ont leur journée mondiale

Elle a lieu le 2 février, jour de l’anniversaire de la signature de la "Convention de Ramsar", un traité international qui sert de cadre à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides. A cette occasion, associations de protection de l'environnement, collectivités, entreprises, agriculteurs, pêcheurs, office de tourisme, etc. se mobilisent et partagent avec le plus grand nombre leurs passions pour ces milieux exceptionnels. Au programme :  des sorties découverte, des ateliers, des expositions, des chantiers de préservation etc…  à découvrir sur notre plateforme du bénévolat nature : www.jagispourlanature.org

Quelles plantes choisir pour être utile à la biodiversité ?

Quelles sont les plantes à privilégier pour aider la biodiversité? Choisir les espèces végétales qui vont constituer votre plantation de haie bocagère, de mini-forêt, de bosquet comestible ou de mur végétal n’est pas une étape qui s’improvise. Il est en effet nécessaire de prendre certaines précautions afin de construire une plantation durable et utile à la biodiversité. Pour savoir comment sélectionner les bonnes essences,  lesquelles absolument éviter, où les trouver etc... Découvrez notre livret gratuit des essences à planter #JagisJePlante.

Guide des essences #JagisJePlante

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Comment choisir les plantes pour aider la biodiversité ?

Avant de vous lancer dans votre plantation, êtes-vous sûr d’avoir pensé à tout ? Avez-vous réfléchi à l’objectif de votre projet (paysager, pédagogique, nourricier …), aux conditions d’humidité́, d’ombrage, de nature des sols en place, ou encore au degré de fréquentation de votre terrain ? Ils sont pourtant autant de facteurs importants à considérer pour réussir votre projet. Sans oublier les questions d’entretien qui doivent, elles aussi, être anticipées pour assurer la pérennité́ de votre plantation. Alors avant de sélectionner vos plants, si vous preniez le temps de vérifier tous ces points avec les tutos #JagisJePlante ? Au menu : 64 vidéos en libre accès pour apprendre à construire son projet de plantation de A à Z !

Choisir des plantes locales  

Au moment de choisir vos essences à planter, il y a une chose à ne pas oublier : prenez soin de sélectionner des variétés locales ! Et pour mieux connaitre ces espèces dites « indigènes », rien de mieux qu’une balade dans la campagne environnante Il suffit d’ouvrir l'œil et d’être curieux … Si vous constatez que des noisetiers (Corylus avellana) poussent systématiquement en lisière de bois et dans les jardins, c’est le signe qu’ils s'épanouiront forcément bien chez vous.

Et si on vous incite à choisir des plantes qui poussent « naturellement » sur votre territoire, c’est tout simplement parce qu’elles sont mieux adaptées à leur environnement et sont plus résistantes face aux effets du changements climatiques (inondations, sécheresse…). De plus, ayant co-évolué avec la faune locale, ces essences sont plus utiles pour favoriser le retour de la biodiversité. 

Attention, planter local ne veut pas toujours dire acheter local ! 

Pensez à vérifier l’origine des plants. Des arbustes achetés localement peuvent ne pas provenir de la région, ni même de France ! Pour vous aider, fiez-vous au label Végétal-Local

Choisir des plantes variées 

Il est important de diversifier les ambiances, les strates (herbacées, arbustes,  arbres) et les espèces au sein de chaque espace de nature. En effet, la plantation de végétaux variés favorisera la venue et l'installation de la petite faune, des pollinisateurs et des insectes utiles au jardin. N'hésitez pas à sélectionner des plantes avec des périodes de floraisons différentes. Elle permettra aussi leur conservation.

Attention à ne pas inviter des espèces exotiques dans votre jardin !

En effet, elles ne sont ni intéressantes, ni utiles pour la faune locale et peuvent devenir envahissantes, par conséquent dangereuses pour les écosystèmes déjà existants (responsable de l'extinction de 60% des espèces dans le monde - IPBES, 2023). Quelques exemples :

  • l'ailante (Ailanthus altissima)
  • les ambroisies (comme l'Ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia)
  • la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

Guide des essences #JagisJePlante

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Stratégie nationale pour la biodiversité : un virage écologique à réussir !

Réunies au sein du collectif CAP Nature & Biodiversité, nos organisations ont participé activement à l’élaboration de l’avis du Comité national de la biodiversité sur le projet de Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2030, rendu public par le gouvernement le 20 juillet 2023. De nombreux points restent à clarifier ou à améliorer afin que cette dernière soit à la hauteur de l’effondrement de la biodiversité en cours, et en mesure d’inverser la tendance.

Adopté à une large majorité en séance plénière le 16 octobre dernier, cet avis du CNB formule des recommandations visant à garantir une stratégie ambitieuse et disposant des ressources nécessaires à sa réussite, en particulier :

  • La définition de cibles stratégiques visant les facteurs majeurs d’érosion de la biodiversité et d’indicateurs permettant de mesurer l’atteinte de ces cibles.
  • Une politique des aires protégées limitant strictement les activités humaines dommageables à la biodiversité dans les zones les plus sensibles dans le cadre du développement de la protection forte et du futur règlement européen sur la restauration de la nature.
  • Une véritable transition écologique de l’agriculture avec notamment une réduction des intrants azotés et des pesticides, le développement des infrastructures agro-environnementales telles que les haies et le soutien à l’agriculture biologique. Le CNB recommande une révision du Plan Stratégique National déclinant la PAC en France.
  • La programmation pluriannuelle des financements nécessaires à la réalisation des objectifs et la fin des subventions dommageables à la biodiversité avec une résorption qui doit être engagée dès 2024.
  • Une gouvernance intégrée de la planification écologique pilotée par Matignon, coordonnée, complémentaire et inclusive avec l’éventualité d’une approbation de la SNB par décret, comme d'autres stratégies et programmes d'Etat, pour garantir une mise en œuvre rigoureuse.
  • Une convergence renforcée entre les politiques de sauvegarde du climat et de la biodiversité, pour les porter à un haut niveau de priorité dans l’action publique
  • Une meilleure articulation entre l’État et les collectivités afin d’assurer la cohérence entre les stratégies territoriales et les objectifs de la stratégie nationale pour la biodiversité et préciser les attendus en termes de mobilisation des acteurs.
12 logos des association signataires du communiqué de presse

Nos organisations de protection de la nature restent mobilisées pour que ces recommandations soient prises en compte par le gouvernement et intégrées dans la version finale de la Stratégie nationale pour la biodiversité, véritable opportunité politique pour restaurer nos paysages et écosystèmes, améliorer la résilience de la nature et de nos sociétés face au réchauffement climatique, rétablir le lien des humains avec le reste du vivant et garantir notre avenir commun.

Pourquoi l'Objectif Zéro Artificialisation Nette ne va pas à l'encontre des zones rurales ?

Vous l’avez sans doute lu et vu dans les médias, le Président de la région Auvergne Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a annoncé qu’il souhaitait « la sortie » de sa région de l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN), pourtant indispensable pour lutter contre la disparition de la biodiversité et le changement climatique, préserver les terres agricoles et nos paysages. Que dit le ZAN ? Ne peut-on pas concilier la protection des sols avec les besoins sociaux (alimentation, logement, emplois, services, etc.) ? Notre Fondation pense que si. Nous faisons le point ici. 

La mise en œuvre du ZAN ne revient pas à empêcher toute construction du jour au lendemain

L’objectif ZAN est inscrit dans la loi. C’est même l’une des avancées majeures de la loi Climat et résilience qui appelle à ne plus considérer les sols comme de simples supports, mais à reconnaître les fonctions vitales qu’ils remplissent pour notre souveraineté alimentaire, la biodiversité, le climat et l’accès à l’eau. Il est le garant de leur préservation en planifiant la fin progressive de l’étalement urbain, avec pour horizon le « zéro artificialisation nette » en 2050.

La mise en œuvre du ZAN ne revient donc pas à empêcher toute construction ou tout étalement urbain du jour au lendemain. Il l’encadre pour éviter les dérives en autorisant l’artificialisation de 125 000 ha entre 2021 et 2031, soit 74 fois la superficie du Puy en Velay ou 12 fois celle de Paris. Ce qui n’est pas rien…

Artificialisation des sols : 5 questions pour tout comprendre

L’objectif ZAN ne va pas à l’encontre des zones rurales !

Réduire l’artificialisation, c’est protéger les terres agricoles qui sont vitales pour notre souveraineté alimentaire. C’est aussi réinvestir les centres des villages et des bourgs, avec leurs petits commerces et leurs services qui se meurent face à la concurrence des centres commerciaux périurbains. Par ailleurs, en juillet, face aux inquiétudes des maires, des assouplissements ont été votés par rapport au texte de 2021, avec notamment la création d’une « garantie rurale », autrement dit un droit à construire d’au moins un hectare, attribué aux communes, et mutualisable dans certains cas.

De nombreuses collectivités sont déjà engagées !

La loi Climat et résilience, adoptée en 2021, prévoit que les objectifs de réduction de l’artificialisation des sols soient inscrits et déclinés localement dans le cadre des schémas de planification régionaux. Une région ne peut donc pas s’abstraire de cette responsabilité.

Et si la réduction de l’artificialisation des sols est un défi complexe, nous constatons au quotidien que des collectivités prennent le problème à bras le corps et s’engagent dans des démarches volontaires de sobriété foncière, car elles ont bien compris qu’il est vital de protéger les sols.

Le ZAN appelle à faire des choix en hiérarchisant les projets d’aménagement

Nous devons concilier l’impératif de neutralité carbone en 2050 avec la souveraineté alimentaire, l’accès au logement, la préservation de la biodiversité et de l’eau, le développement d’industries d’avenir… Il faut donc hiérarchiser les projets d’aménagement et faire des choix.

Pour la décennie 2021-2031, il faut répartir 125 000 ha d’artificialisation possible entre les territoires : doivent-ils servir à développer des industries d’avenir ou un centre commercial ? A développer le rail ou à bâtir une autoroute qui longe la nationale ? A construire des logements sociaux ou des meublés touristiques ? Le partage des capacités d’artificialisation restantes doit aussi prendre en compte les inégalités territoriales, les besoins de chacun, et notamment des communes rurales qui craignent d’être mal prises en compte.

Les choix peuvent évidemment être plus difficiles, mais les débats parlementaires récents ont montré que l’objectif de protection des sols est largement partagé. Il faut donc du dialogue pour partager équitablement, et des moyens humains et financiers pour la mise en œuvre : ce à quoi nous nous en employons chaque jour à la Fondation

Apprenez à planter avec #JagisJePlante

À l’automne dernier, nous lancions le dispositif #JagisJePlante pour inviter le plus grand nombre à faire des plantation chez eux, dans leur entreprise ou sur leur commune et ainsi favoriser le retour de la biodiversité. Avec plus de 400 chantiers de plantation organisés partout en France et plus de 120.000 plants mis en terre, la première saison de #JagisJePlante a été un franc succès.

Alors pas question de s’arrêter en si bon chemin, #JagisJePlante revient dès cet automne et notre objectif reste le même : faire prendre conscience que nous pouvons tous agir et faire des plantations pour aider la biodiversité.

Découvrez j'agis je plante

Avec nous, relevez le défi #JagisJePlante à la Sainte Catherine !

Comme lors de la saison 1, notre volonté est avant tout de rendre chaque citoyen autonome en lui donnant toutes les clés pour créer son propre chantier de plantation chez lui mais aussi et surtout dans sa commune, dans son école ou encore autour de son terrain de sport. Pour l’aider, nous mettons à sa disposition notre kit #JagisJePlante ! Composé de cahiers techniques sur les types de plantation, d’un mémo pour réussir sa journée de plantation, de posters… cette mine d’infos permettra à tous ceux et toutes celles qui le souhaitent de relever le défi #JagisJeplante à la Sainte Catherine.

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine »


C’est donc tout naturellement que nous avons choisi ce week-end symbolique du 25 novembre pour inviter le plus grand nombre à planter, au même moment. Plus nous serons nombreux à planter le même jour et à le faire savoir, plus le message #JagisJePlante se diffusera efficacement pour donner à d’autres l’envie de faire de même !


Mais si vous ne pouvez, qu’à cela ne tienne, faite-le un autre jour. Vous avez jusqu’en mars pour agir !

Car oui ! Planter des haies, des murs végétaux, des bosquets comestibles ou encore des mini-forêts… est bénéfique pour le retour des oiseaux ou des pollinisateurs, mais aussi pour la qualité de l’air que nous respirons ou encore pour lutter contre les îlots de chaleur en été ! Mais pour que cela soit efficace, on ne le répètera jamais assez, il faut planter beaucoup et partout : chez soi, autour des immeubles, des places de parking, au cœur des quartiers, autour des stades ou des champs, dans les écoles, les entreprises. Vous l’avez compris, il y a à faire et les citoyens ont toute légitimité à participer.

Découvrez ou (re)découvrez nos tutos vidéo

Et quoi de mieux que des tutos vidéo pour démontrer que protéger la biodiversité n’est pas seulement une affaire de spécialiste.

Au programme :

  • 64 tutos vidéo gratuits et ludiques pour savoir quoi planter, où et comment s’y prendre animés par Nicolas Meyrieux et nos experts.
  • 2h30 d’infos à consommer librement où que vous soyez, sur votre téléphone ou votre ordinateur, c’est vous qui choisissez.
  • Des informations théoriques comme comment trouver un terrain, des financements ou du matériel ou comment mobiliser une équipe, mais aussi des conseils pratiques sur les techniques de plantations, la façon de préparer son sol, les essences à privilégier …
  • Un volet de sensibilisation pour comprendre les bienfaits des plantations pour préserver les oiseaux, insectes, petits mammifères, pollinisateurs… et, pour les êtres humains (bien-être, qualité de l’air, fonction des sols, usages des pesticides…)

Boomforest accompagne des projets citoyens de micro-forêts urbaines

L’idée de départ : planter des micro-forêts urbaines pour restaurer des écosystèmes forestiers en ville. Pour leur premier projet à porte de Montreuil, Enrico et Damien (33 ans), fondateurs de l’association Boomforest, ont obtenu 14 000 votes pour le budget participatif de la ville de Paris en 2016. Depuis, ils poursuivent leur mission et plantent partout où la région Ile-de-France et la ville de Lyon les accueillent. Prochaine étape : former des citoyens motivés pour les rendre autonomes dans la création de micro-forêts. Un projet soutenu par notre dispositif Génération Climat.

Génération Climat : soutenir la jeunesse qui s'engage !

Avec Génération Climat, la Fondation accompagne les jeunes vers l’engagement et la création d’initiatives pour le climat et la biodiversité en leur proposant des ressources pour comprendre et un soutien financier pour agir. Depuis 2016, nous avons aidé plus de 1 000 jeunes à concrétiser leur projet. Pourquoi pas vous ? Déposez votre dossier jusqu'au 2 octobre 2023 pour opter à un soutien financier.

Boomforest ou les maxi pouvoirs des mini-forêts urbaines

Paris, sa banlieue et en général les grandes villes sont des villes très minéralisées. Que faire ? Réimplanter de la nature dans ces déserts de béton offre alors de nombreux avantages :

  • Pour la biodiversité : créer une trame boisée la plus continue possible permet de constituer un corridor reliant toute la microfaune (insectes, plantes, champignons, oiseaux et petits mammifères) de ces mini-forêts urbaines à des espaces forestiers plus lointains.
  • Pour les habitants : ces parcelles végétalisées diversifient le paysage urbain et apportent un confort aux habitants en rendant leur lieu de vie visuellement et olfactivement plus hospitalier. Aussi, les plantations de ligneux peuvent en soi constituer un rempart contre les îlots de chaleur en cas de canicule, mais aussi contre le bruit en bordure des axes routiers où la circulation est dense. Créer des forêts vivantes dans une ville en impliquant les populations c’est par ailleurs permettre à ceux qui en sont géographiquement éloignés de tisser un lien avec la nature. Les chantiers de plantation sont un lieu d’interactions sociales autour d’un objectif commun et bénéfique à tous.
  • Pour l’environnement : en plus de contribuer à capturer du CO2, les arbres assainissent l’air en absorbant les polluants et en fixant les particules fines émises par les transports, le chauffage et l’industrie.

Pour tout cela, créer des mini-forêts urbaines sur un talus, dans une cour d’école, dans l’enceinte d’un hôpital, sur un campus d’université, en bordure de périphérique ou même sur un rond-point prend tout son sens !

Micro-forêt urbaine de Montreuil ©Angelina Lee et Association Boomforest

« Aux arbres citoyens ! » : la méthode Miyawaki en open-source pour rendre les citoyens autonomes

Après avoir mené à terme 21 projets de mini-forêts urbaines depuis 2016 avec plusieurs centaines de bénévoles (à Paris et dans sa banlieue - Chevilly Larue, Courbevoie, Cergy et Villiers sur Orge- et en région lyonnaise à Saint Priest et Givors), Guillaume et Damien (qui a rejoint l’association en tant que chargé de projet) souhaitent désormais encourager de nouveaux planteurs à porter en toute autonomie leur propre projet de micro forêts citoyennes. Objectif : 3 plantations menées de façon autonome dans les 3 prochaines années en Ile-de-France.

C’est dans cette perspective d’essaimage que Boomforest a sollicité le soutien de notre dispositif Génération Climat : grâce en partie au financement obtenu, ils pourront embaucher deux nouveaux encadrants pour favoriser la création de groupes locaux et les former grâce à des ateliers pédagodiques et des outils numériques.

Capitalisant sur leurs expériences de terrain, Guillaume et Damien s’emploient désormais à partager leurs connaissances de l’afforestation en open source. Un juste retour pour Guillaume qui reconnaît avoir énormément été aidé dans la compréhension et dans la mise en oeuvre de la méthode du Pr. Akira Miyawaki. Inventée dans les années 70, elle est toujours, 40 ans après largement utilisée au Japon par de nombreux collectifs citoyens comme "Inochi no Mori" et "Morino Project" dont les bénévoles ont été de précieux conseillers pour aider Boomforest à dupliquer leur modèle en France.

La méthode Miyawaki en quelques mots

Cette méthode regroupe une série de pratiques qui permettent de faire émerger une communauté végétale adaptée au terrain où elle est plantée, que ce soit en zone rurale ou urbaine. Mais concrètement, quelles sont ses spécificités ? La plantation dense d'arbres, une attention particulière à la qualité du sol et un choix de la végétation adaptée au lieu. Par exemple, en Île-de-France, une forêt plantée selon cette méthode sera composée d’une trentaine d'espèces, dont le hêtre, le houx et le noisetier.

Les étapes à suivre pour des micro-forêts rapides et ultra denses

Pour planter sa micro-forêt, il est nécessaire en amont de fédérer une communauté, de mener des études de faisabilité avec les localités, de rechercher des budgets et des partenaires, puis sur un mode plus pratique d’entreprendre un certain nombre de démarches avant de planter : l’analyse du terrain (nature et profondeur du sol, régime hydrique, exposition) qui oriente la sélection des essences (espèces indigènes et locales exclusivement) pour la restauration d’une « végétation naturelle potentielle » c’est-à-dire qui serait spontanément présente sans l’intervention de l’homme et ses modifications sur l’environnement

Viennent ensuite la préparation des sols, l’amendement, puis enfin la plantation avec en moyenne 3 jeunes plants par mètre carré, dûment sélectionnés en amont afin d’assurer la coexistence des différentes niches végétales, celles qui vont accélérer le processus d’entraide et de compétition vertueuse des espèces entre elles.

Micro-forêt urbaine à Villiers sur Orge
Plantation citoyenne à Villiers-sur-Orge dans le cadre de la campagne #J'agisJePlante ©Bastien Mosur et Association Boomforest

Et après la plantation ?

Le suivi et l’entretien demandent un investissement de temps des bénévoles surtout les trois premières années. Une période principalement consacrée au désherbage pour permettre aux jeunes plants de croître plus rapidement, et à leur arrosage éventuel en cas de sécheresse prolongée. Après cette période de trois ans, la forêt est autonome et ne nécessite plus aucune intervention.

La compétition pour accéder à la lumière et la sélection naturelle sont à l’œuvre, ainsi qu’une collaboration et une entraide au sein de la communauté végétale ainsi reconstituée. Le temps passant, la jeune plantation devient rapidement un lieu propice au retour progressif de la biodiversité qui elle-même va contribuer à la dynamique de cette communauté végétale.

Après cette courte période d’entretien s’échelonnant sur trois années, la plantation présentant les différentes strates végétales arborées, arbustives et herbacée devient totalement autonome. Le laisser-faire va très rapidement la faire évoluer vers une micro-forêt ultradense.

« La nature a horreur du vide » et la colonisation rapide de l’espace par toutes les forces vivantes végétales et animales : de l’arbre aux mousses et champignons, puis des insectes, oiseaux et autres petits mammifères, nous prouve bien la résilience du vivant. Une lueur d’optimisme contre l’effondrement de la biodiversité grâce à quelques centaines de mètres carrés prêts à l’accueillir pour la préserver.

Envie de vous lancer ? Formez-vous gratuitement avec #J’agisJePlante

Parce que des milliers de bras seraient nécessaires pour remettre de la nature dans tous nos espaces de vie, nous avons lancé la campagne #JagisJePlante ! Elle vise à rendre le citoyen autonome pour booster les plantations de haies, de murs végétaux, de bosquets comestibles ou encore de mini-forêts urbaines et aider la biodiversité. Pour y parvenir, nous vous proposons la formation #JagisJePlante : un outil pédagogique gratuit co-construit avec Boomforest, qui vous permettra de devenir expert planteur en un temps record !

[Guide] Créer son projet pour le climat et la biodiversité

Vous souhaitez lancer une initiative pour le climat ou la biodiversité, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Du choix de votre problématique, jusqu’au financement de votre projet, en passant par le recrutement de votre équipe, la Fondation pour la Nature et l'Homme partage avec vous des conseils très pratiques pour réussir. Un guide gratuit à télécharger dès maintenant !

Créer son projet pour le climat et la biodiversité

Nos conseils très pratiques pour réussir

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Vous aussi, passez de l'idée à l'action !

Vous croyez, comme nous, qu’il n’y a plus de temps à perdre pour agir contre le dérèglement climatique et l'érosion de la biodiversité ? Vous souhaitez passer à l'action pour changer la donne ? Avec une bonne dose de détermination, tout le monde peut devenir un acteur du changement au cœur de son territoire, nul besoin d’être un spécialiste ! Des projets citoyens, nous en avons vu passer à la Fondation… et nous en avons soutenu beaucoup aussi. Et tous ont un point commun : des idées les plus simples, aux plus élaborées, toutes font du bien à ceux qui les créent, à ceux qui en bénéficient et à la planète.

Alors, si vous avez une idée en tête, mais que vous n'osez pas vous lancer… Si vous avez un projet en cours, mais ne savez pas où trouver des conseils ou un financement… Si vous n’avez pas envie de rester les bras croisés et cherchez l’inspiration, vous êtes au bon endroit !

Dans ce guide, vous trouverez : 

  • Les étapes à suivre pour passer de l’idée à l’action ;
  • Des projets réussis pour vous inspirer ;
  • Des infos sur notre appel à projets Génération Climat (jusqu'à 5 000€ pour financer votre initiative);
  • Des liens utiles à connaître.

Zoom sur : les 5 règles d'or pour réussir votre projet

  1. Aller à la rencontre des acteurs et associations autour de soi
  2. Ne pas voir trop grand et avancer étape par étape
  3. Persévérer sans s’obstiner et surtout s'adapter !
  4. Préférer une équipe restreinte avec des responsabilités bien réparties
  5. Miser au maximum sur l’autonomie financière et opérationnelle du projet.

Envie d'en savoir plus ? Téléchargez notre guide !

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La Fondation plaide pour un "DPE des sols"

Le 16 mars dernier, le Sénat votait une proposition de loi visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de « zéro artificialisation nette » des sols, issus du travail de la Convention citoyenne pour le Climat. Examinée à l’Assemblée nationale à partir du 13 juin, cette proposition de loi remet surtout en cause des aspects importants du ZAN, avec le risque de compromettre largement les bénéfices attendus. Mobilisée pour éviter l’introduction de multiples dérogations, la Fondation a aussi bien conscience des difficultés que cette politique entraine au niveau local. Pour y remédier, elle propose des solutions supplémentaires pour donner à tous les territoires les moyens de mieux protéger les sols. Parmi celles-ci, la création d’un “DPE des sols”. Inspiré du diagnostic de qualité énergétique des bâtiments, il permettrait d’améliorer la connaissance sur l’état des sols en France, afin d’aider les élus locaux à mieux orienter les décisions d’aménagement.

Un diagnostic de qualité du sol pour éclairer les choix et protéger les espaces les plus « riches »

L’objectif du ZAN est de protéger les sols, en réduisant progressivement l’artificialisation. Toutefois, les collectivités, les entreprises et le ménages continueront à artificialiser certains sols au cours des prochaines décennies, afin de répondre aux différents besoins sociaux : logements, activité économique, services publics, etc... Reste donc une question cruciale : sur quels sols faut-il orienter les constructions ? Quels sols doivent être préservés en priorité ? Lesquels peuvent accueillir de nouvelles constructions ?

Sans informations sur la qualité écologique des sols et les fonctions biologiques, hydriques, climatiques, etc. qu’ils remplissent, difficile de réaliser des choix éclairés. La planification urbaine doit donc s’appuyer sur une connaissance la plus fine possible de la qualité des sols, afin de préserver les sols les plus riches du point de vue fonctionnel et réaliser les aménagements nécessaires en priorité sur les sols les plus pauvres.

Pour une évaluation scientifique de la qualité écologique des sols

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Comment ça marche ?

Réalisé au moment des ventes et des mises en location de terrains nus ou de bâtiments, associé à au moins cinquante mètres carrés de terrain non bâti (seuil de détection minimale permis par les images satellites de l’OCS GE, carte interactive permettant de suivre l’artificialisation des sols en France), ce diagnostic des sols serait centré sur quelques indicateurs seulement pour le rendre économiquement abordable par l’ensemble des propriétaires : particuliers, entreprises, collectivités… Une solution permettant de répartir le coût d’acquisition des données de manière plus décentralisée, en évitant un vaste programme d’acquisition de connaissances, trop couteux à supporter pour les seuls pouvoirs publics.

Mis à disposition de tous, ce diagnostic permettrait non seulement de sensibiliser largement les propriétaires et les locataires à la diversité et à l’importance des fonctions que remplissent les sols, mais se révèlera un outil très utile pour les maires notamment, au moment d’accorder des permis de construire ou de décider où réaliser les aménagements.

Outre le DPE des sols, la Fondation formule d’autres propositions pour rendre plus claire la définition des surfaces artificialisées et ainsi faciliter les décisions à prendre :

  • Intégrer la qualité des sols dans la qualification des surfaces artificialisées / non artificialisées et pas seulement sur l’occupation / l'usage du sol. Une solution pour suivre plus clairement l’artificialisation grâce à un gradient (plus ou moins artificialisé).
  • Intégrer la question de l’évolution de la disponibilité de l’eau dans les critères de répartition des capacités d’artificialisation, de même que celles des submersions marines, et de l’évolution du trait de côte afin de mieux prendre en compte les effets du changement climatique.
  • et pour faciliter la mise en œuvre du ZAN, la Fondation appelle à pérenniser et faire monter en puissance le Fonds Vert afin d’assurer aux collectivités, notamment les plus petites et les moins dotées, les moyens humains, financiers et techniques nécessaires pour mettre en place le ZAN.

Artificialisation des sols : 5 questions pour tout comprendre

Nouveaux lotissements, routes, data centers, plateformes logistiques… Depuis plusieurs décennies, les chantiers se multiplient dans les territoires détruisant de façon quasi irréversible des refuges de biodiversité, des terres fertiles et des réservoirs de carbone.  Cette problématique c'est l'artificialisation des sols !

Pour mieux comprendre tout ce qui se cache derrière cet enjeu complexe devenu une des priorités de la FNH, nous vous proposons notre nouveau guide à télécharger gratuitement.

Rapport

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5 questions pour comprendre l'artificialisation des sols 

1. Artificiliser un sol, qu'est-ce que ça veut dire ? 

On a longtemps suivi  le phénomène de l’artificialisation des sols  en comptabilisant la perte de surfaces agricoles, naturelles et forestières due à l’urbanisation. Par exemple, un champ qui devient un lotissement, une route ou un centre commercial. Mais c'est seulement en 2021 avec la Loi Climat et Résilience que sera introduite une définition légale de l'artificialisation: “ L’artificialisation est définie comme l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage.”

2. Quels sont les enjeux liés à la lutte contre l'artificialisation des sols ?

Un des enjeux majeurs de la lutte contre l'artificialisation des sols est la préservation de la biodiversité.  En France, comme au niveau mondial, la rapidité avec laquelle les activités humaines détruisent la biodiversité est alarmante. Le taux d’extinction des espèces est aujourd’hui 100 à 1 000 fois plus élevé que celui observé jusqu’ici. Et l'étalement urbain n'y est pas étranger.  Mais la lutte contre l'artificicialisation des sols c'est aussi une invitation à repenser notre rapport aux territoires, nos modèles d’organisation de l’économie et d’aménagement.

3. Quelle est la situation en France ?

En quarante ans, la surface artificialisée de la France métropolitaine est passée de 2,9 en 1982 à 5 millions d’hectares en 2018 (+72%). Cette artificialisation s’opère majoritairement aux dépens des terres agricoles : 2/3 de l’artificialisation entre 2006 et 2014 en France a eu lieu sur celles-ci. Mais tous les territoires ne sont pas égaux face à l’artificialisation. Le phénomène se concentre autour d’une minorité de communes surtout autour des grandes métropoles et du littoral. 


4. Qu'est-ce-que le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) ?

En France, le travail de la Convention citoyenne pour le climat a abouti à l’adoption d’une loi, dite loi Climat et résilience. Celle-ci comprend des mesures importantes pour réduire l’artificialisation, notamment l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) ! Il demande aux territoires d'atteindre un équilibre entre les surfaces des sols qu’on artificialise et celles qu’on renature (i.e. Restaurer les fonctionnalités écologiques en créant des habitats favorables pour le vivant : mares, prairies, haies, cours d’eau, etc.) d'ici à 2050.


5. Quelles solutions pour freiner ce phénomène ?

Dans le cadre de son action de plaidoyer la FNH porte différentes propositions pour protéger et réaffirmer les ambitions du ZAN, tout en dotant les différents acteurs des bons outils. Mais chacun peut agir à son niveau : citoyens en proposant par exemple des projets collectifs de désimperméabilisation et de végétalisation des sols (www.jagisjeplante.org), entreprises en questionnant notamment l’opportunité des projets d’aménagement et collectivités bien sûr en hiérarchisant et en faisant des choix entre les projets d’urbanisation à l’aune des besoins sociaux du territoire et des objectifs de transition écologique.

Rapport

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Passez de l’éveil à l’action avec Printemps pour la planète !

"Printemps pour la planète" est une campagne de mobilisation nationale qui agit concrètement et positivement pour notre planète et ses habitants !

Du 1er au 30 avril, en partenariat avec JeVeuxAider.gouv.fr, nous avons décidé de mettre à l’honneur les missions de bénévolat au service de ce que nous avons de plus précieux : notre planète.

Vous êtes de plus en plus nombreux.ses à vouloir passer à l’action pour prendre soin du vivant, des animaux, mettre des fleurs aux balcons... Alors pour ce printemps, nous vous proposons d'agir simplement pour la nature !

De l’éveil à l’action, c’est le défi pour un avenir durable !

Embarquez dans l’aventure !

Que fleurissent les petits, moyens ou grands gestes, nous pensons que c’est par le collectif et la somme de nos élans que nous nous en sortirons. Ici, pas question de se décourager, nous remettons l’espoir et la joie, au cœur de la transition écologique, par l’action commune.

Des missions pour tous les goûts et toutes les envies d’agir :

1/ Bottes aux pieds, jumelles au nez, soutenez la cause animale

Le retour des beaux jours sonne le réveil de la biodiversité. Autant d’occasions de prendre soin du vivant, de la faune sauvage comme domestique. Ami.e.s des bêtes, rejoignez une association de protection animale et participez à la préservation du vivant et de tout notre écosystème !

2/ Grand nettoyage de printemps

Ramassage de déchets, à la mer comme à la montagne, préparez-vous à dépolluer concrètement les milieux naturels avec les associations spécialistes du sujet.

3/ Vive le bricolage, le jardinage et les manches retroussées

Aménagement de mares, réparations, fabrication de jardins partagés, plantation, vous allez vous réapproprier le pouvoir de créer et de faire vivre dans la durée !

4/ Sensibilisez et mobilisez autour des enjeux du monde de demain

Vous entendez ? Ce bourdonnement, ce bruit qui court et qui ne s’arrête plus ? C’est la prise de conscience collective autour de l’écologie. Tables rondes, animations de stand, permanence, action de sensibilisation dans une école : prenez la parole, informez sur les défis et leurs solutions !

#PrintempsPourLaPlanète
#jagispourlanature

Avec #JagisJePlante, aidons la biodiversité

Est-ce que vous aussi, les murs gris vous désespèrent ? Les champs à perte de vue vous donnent le cafard ? Le chant des oiseaux vous manque…

Et si nous vous disions qu’en plantant tous ensemble nous pouvons remettre des mésanges, des plantes grimpantes, des abeilles ou encore des arbres fruitiers dans nos vies… Vous auriez envie de nous suivre ? Ça tombe bien car planter en famille, entre amis ou voisins, c’est le programme que nous vous proposons dès cet automne avec notre nouvelle campagne : #JagisJePlante !

Préserver la biodiversité, n’est pas qu’une affaire de spécialiste. Bien au contraire ! Chaque année, vous êtes des milliers à agir pour la nature en ramassant des déchets, soignant des animaux blessés, réhabilitant des espaces naturels... Et si, à partir de cet automne, vous étiez encore plus nombreux à prendre une pelle et une paire de gants pour planter ? Planter pour aider la biodiversité mais aussi pour la santé et le bien-être de tous. 
C’est ce que nous proposons avec notre nouvelle campagne #JagisJePlante et sa formation gratuite pour apprendre à planter des haies champêtres, des murs végétalisés, des bosquets comestibles et des mini- forêts urbaines.

Avec #JagisJeplante nous renouons avec les grandes campagnes de mobilisation citoyennes qui ont fait l’histoire de la Fondation. Sensibiliser le citoyen pour lui montrer son pouvoir d’action, tout en lui donnant des clés très concrètes pour agir reste une de nos marques de fabrique.

Stéphanie Clément-Grandcourt

Planter pour aider la biodiversité et pour s’adapter au changement climatique

Entre 2006 et 2015, la France a perdu plus d’un demi-million d’hectares de terres agricoles et d’espaces naturels, dont la moitié transformée en surfaces goudronnées. Cette destruction et cette dégradation des habitats contribuent de manière dramatique à la disparition de nombreuses espèces.

Et la situation s’aggrave encore un peu plus chaque jour compte tenu des trajectoires actuelles du changement climatique, avec des températures qui dépassent régulièrement les 40°C en France et qui approcheront progressivement les 50°C au cours des prochaines années.

Pour faire face à cette situation d’urgence, il est aujourd’hui vital de végétaliser autant que possible les espaces, urbains comme ruraux, tant pour la création de microclimats plus frais, que pour la rétention d'eau dans les sols, que pour aider la biodiversité à regagner un peu du terrain perdu.

Une formation gratuite pour planter en toute autonomie

Jardins, murs, trottoirs, places, cours d’école, friches… sont autant d’espaces à verdir pour voir revenir oiseaux, insectes pollinisateurs et petits mammifères. Et pour aider toutes les bonnes volontés à créer des projets de plantation, nous mettons à disposition notre formation gratuite.

Réalisée sous la forme de tutos ludiques d’1 min 30 à 5mn, animés par le comédien Nicolas Meyrieux, la formation #JagisJePlante concentre 2h30 d’infos à consommer de manière totalement libre. L’enjeu : que chacun, quel que soit son niveau de connaissance, puisse piocher l’information qui l’intéresse.

Avec #JagisJePlante et notre formation gratuite, nous espérons rendre les citoyens autonomes et voir fleurir des projets de plantation un peu partout en France.

Stéphanie Clément- Grandcourt

4 passionnés de nature, plantent avec nous !

Stéphane Marie : Le célèbre animateur de l’émission de télévision « Silence, ça pousse », sur est aussi l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à sa passion du jardinage.
Elie Semoun : L'humoriste, comédien, chanteur et écrivain est un amoureux de la nature passionné de plantes et de jardinage.
Anne-Laure Bonnet : la journaliste sportive est également très engagée. Elle soutient notamment le développement d’initiatives en faveur des enfants des quartiers défavorisés au Brésil grâce au sport et à l’éducation à la nature.
Nicolas Meyrieux : Le comédien et influenceur engagé devenu paysan est le guide de notre formation #JagisJePlante

Artificialisation des sols : état des lieux d’un défi complexe

Davantage qu’une question d’urbanisme, la problématique de l’artificialisation des sols est une invitation à repenser notre rapport aux territoires et à la biodiversité qui les habite. C'est aussi repenser nos modèles d’organisation de l’économie et d’aménagement. Par conséquent, la réduction des consommations d’espaces doit s’ancrer dans la vision plus large d’une transition générale vers des modèles de sobriété, y compris foncière.

Basés sur une notion complexe, récemment redéfinie par la loi “Climat et résilience” et alimentée par des données historiquement disparates, les débats relatifs à l’artificialisation des sols sont souvent difficiles d’accès pour les non-initiés, et occasionnent parfois des confusions. Malgré sa nouvelle définition, la notion d’artificialisation des sols reste prisonnière d’une vision binaire entre sols artificialisés et non artificialisés. Cette dichotomie est notamment entretenue par des outils de suivi qui se concentrent sur la surface des sols, sans les caractériser en profondeur ni mesurer sur le terrain les impacts écologiques effectivement induits. Tous les espaces classés comme artificialisés ne sont pourtant pas égaux du point de vue écologique, de même que les usages des sols considérés comme non artificialisés ne sont pas nécessairement favorables à la biodiversité. La politique de sobriété foncière doit donc se doter d’outils qui permettent de décrire finement les situations, pour être en mesure de réduire les consommations d’espaces tout en favorisant la biodiversité partout sur le territoire. 

Rapport

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Au-delà de la présentation des définitions et des impacts, cette contribution propose un portrait synthétique de la répartition des sols artificialisés en France métropolitaine (géographie et usages). On constate notamment que l’artificialisation se concentre prioritairement autour des grandes métropoles urbaines et du littoral, ce qui invite à mener une réflexion approfondie sur les moteurs de l’artificialisation, c’est-à-dire les conditions qui alimentent et favorisent ce phénomène. Cet état des lieux sera donc prolongé par plusieurs publications, qui viseront à éclairer les moteurs principaux de l’artificialisation des sols en France, puis à proposer des pistes pour une politique de sobriété foncière écologiquement efficace et socialement juste. 

Artificialisation des sols, de quoi parle-t-on vraiment ?

Que faire face à un animal sauvage blessé ?

Sur la route, à l’occasion d’une belle balade en forêt, dans votre jardin ou même sur votre balcon, il peut vous arriver de vous retrouver nez à nez avec un oiseau, un hérisson ou un écureuil blessé… Comment aider un animal sauvage blessé sans aggraver la situation ? Faut-il le transporter et où ?  Qui appeler ? 

Que faire face à un animal blessé ?

Nos conseils pour savoir quoi faire

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Savez-vous quels sont les animaux le plus souvent recueillis par les centres de soins ? En général ce sont des espèces qui vivent près de l’Homme : hérisson, écureuil, chauve-souris, passereaux, rapaces, merles... En vivant à proximité de ces espèces, nous avons plus de chances de les repérer lorsqu’elles sont en détresse, mais nous pouvons également représenter pour elles un facteur de risque de façon non intentionnelle. Les baies vitrées ou le trafic routier sont deux exemples parmi d’autres des dangers que nos modes de vies font peser sur la faune sauvage qui nous entoure.

Je trouve un animal sauvage qui a l’air blessé : que faire ?

1- Assurez votre sécurité et analysez la situation

Avant d’intervenir assurez-vous que vous ne courez pas vous-même de danger. Si l’animal semble agressif ne vous approchez pas.
 
Ensuite, observez bien l’animal ainsi que les alentours et méfiez-vous du « syndrome de bambi » : lorsqu’on trouve un juvenile seul on a tendance à penser qu’il a été abandonné, or pour certaines espèces ce n’est pas rare que les bébés se retrouvent dans cette situation.
 
C’est notamment le cas pour les oiseaux : les jeunes merles par exemple, lorsqu’ils ont déjà des plumes, sont souvent élevés en dehors du nid, car leur taille ne leur permet pas d’y rester longtemps. Les juveniles de chouette hulotte, chouette chevêche, ou le lièvre sont dans le même cas. Nous pouvons conclure que le juvenile est orphelin uniquement si nous trouvons le cadavre de ses parents aux alentours.
 
S’il n’y a pas de danger évident, immédiat et imminent ou que vous pouvez le supprimer (par exemple, si un chat se promène autour, vous pouvez mettre le juvenile sur une branche), il n’y a rien de spécial à faire.
 
Cependant, si vous trouvez un jeune martinet noir au sol il faut s’inquiéter : il sera en danger car ses courtes pattes ne lui permettront pas de revenir dans son nid.
 
Chaque espèce agit différemment et il impossible de toutes les connaître, alors analysez le contexte le mieux possible et n’hésitez jamais à contactez un centre de soins de faune sauvage qui vous guidera avant toute intervention.

Chouette effraie entrain d'être soignée ©cgriline

2- Appelez un centre de soins en gardant un contact visuel avec l’animal

Il existe une centaine de centres de soins en France, dont 30 qui sont membres du réseau national qui couvrant 56 départements en France. Pour les contacter, consultez l’annuaire officiel qui recense les centres par région.

Le centre de soins vous demandera très souvent une photo de l’animal pour mieux identifier le problème. Pensez donc à la prendre avant votre appel. S’il y a un numéro de portable affiché dans la fiche du centre de soin, n’hésitez pas à envoyer la photo avant votre appel.

Lors de l’appel, ayez en tête que chaque seconde compte. Les centres sont sur-sollicités : pendant chaque appel pris par un centre de soins, ce sont 5 appels qui ne peuvent pas être répondus. Il est donc crucial d’être concis et synthétique. Voici les informations importantes à donner :

Qu’avez-vous trouvé :

Espèce si vous la connaissez et l’âge (juvenile, adulte…). Si vous ne connaissez pas l’espèce donnez des détails précis sur l’aspect de l’animal pour que le centre puisse l’identifier.

Quel est le problème apparent :

Qu’est-ce qui vous a fait penser que l’animal est en détresse ? Ne faites pas de diagnostic, mais décrivez la situation et les symptômes :

  • L’animal n’est pas capable de se déplacer par lui-même
  • Il ferme les yeux même lorsqu’on est à proximité et qu’il ne cherche pas à fuir
  • Il a un problème respiratoire visible : respire la bouche ouverte par exemple
  • Il ne peut pas tenir debout ou il boite, traine une aile dans le cas d’un oiseau
  • De nombreuses mouches tournent autour de l’animal
  • Il présente des plaies. Si l’on observe des asticots autour de la plaie c’est encore plus urgent.
  • Il est infesté de parasites
  • L’animal a été percuté par un véhicule

Où vous trouvez-vous :

Citez le département et la ville en premier lieu.

Le centre vous posera plusieurs questions, c’est pour cela qu’il est important de garder un contact visuel avec l’animal. Ensuite, il vous informera de la conduite à tenir.

S’il y a d’autres personnes avec vous ou des passants qui s’arrêtent, faites en sorte qu’ils n’encerclent pas l’animal, prennent des photos, etc… cela peut le stresser davantage et aggraver sa situation.

3- Vous devez le transporter ? Voici quelques conseils :

Si le centre de soins vous demande de transporter l’animal, il vous délivrera des conseils à ce moment-là, mais voici quelques bases :

  • Saisissez l’animal avec un tissus, jamais à mains nue.
  • Placez-le au sein de votre véhicule dans un endroit sombre, protégé et au calme : le coffre, une boite en carton avec des trous et un tissu par-dessus, ou à défaut derrière un siège.
  • Pendant le trajet, restez silencieux, ne mettez pas de musique, cela pourrait stresser davantage l’animal.
  • Maintenez la température ambiante : ne pas mettez la climatisation ou le chauffage, sauf en cas de températures extrêmes.
  • Par contre, si vous avez une source de chaleur (bouteille thermos chaude par exemple) dont l’animal pourrait se rapprocher de lui-même pour se réchauffer, vous pouvez la placer à proximité. Un animal blessé peut en effet tomber très vite en hypothermie.
Puis-je ramener un animal chez moi ?

Non, garder un animal sauvage chez vous est illégal. Dès le moment où vous le mettez dans un véhicule, vous êtes dans l’obligation de l’emmener à un centre de soins ou bien chez un vétérinaire de garde, si c’est la nuit. Surtout, sachez que si un animal met plus de 24h à être pris en charge, il a 50% de chances en moins d’être sauvé.

Blaireau pris en charge centre de soins LPO Audenge

Les gestes à éviter

  •  Ne pas nourrir l’animal sans les conseils du centre et surtout ne pas l’abreuver de force. En cas d’urgence vitale, c’est comme pour les humains, la priorité n’est pas de nourrir l’animal. Sachez également que cela peut avoir de grave conséquence : forcez un oiseau à ingérer un liquide ou un aliment sans la sonde nécessaire, peut endommager ses poumons par exemple.
  • Ne pas le toucher, le mobiliser ou l’approcher inutilement : si vous arrivez à constater le problème à une certaine distance, restez-y pour éviter tout stress supplémentaire. Par ailleurs, si vous devez vraiment toucher un juvénile, sachez que ce n’est pas votre odeur qui pourrait pousser les parents à l’abandon, mais le stress que vous auriez pu engendrer par votre présence.

Les centre de soins, seuls établissements en France autorisés à prendre en charge des animaux sauvages en détresse

Il s’agit d’un centre qui prodigue des soins d’urgence aux animaux sauvages et en détresse. Tous les animaux traités dans le centre ont vocation a été relâchés. Il ne s’agit en aucun cas d’un refuge ou d’un centre de reproduction. Si ces centres ont bien sûr des employés, sachez que la plupart du temps les personnes qui vous répondront au téléphone sont des bénévoles. Les centres de soins sont des associations, mais il ne s’agit pas d’un service public et n’ont donc pas l’obligation de recevoir tous les animaux qu’on leur apporte. Parfois, par manque de place, ils sont obligés de refuser une prise en charge pour assurer la bonne santé des animaux déjà présents dans le centre (trop d’animaux c’est aussi plus de risques d’épidémies).

Buse variable qui reçoit des soins ©cgriline
150.000
Animaux de 200 espèces différentes ont été secourus par le réseau des centres de soins de la faune sauvage depuis 2016.

Envie d’apporter votre aide ?

Toute l’année, et surtout en période d’été, les centres de soins recherchent des bénévoles transporteurs. Alors n’hésitez pas à leur proposer votre aide !

Par ailleurs, sur notre plateforme J’agis pour la nature vous pourrez trouver des missions de bénévolat nature pour protéger la faune sauvage.

Le déclin massif de la biodiversité (en 8 enjeux clés)

Organisé par l’UICN du 3 au 11 septembre, pour la 1ere fois en France depuis 1948, le Congrès Mondial de la Nature à Marseille, sera l’occasion de mettre le projecteur sur le déclin massif que subit la biodiversité. L’UICN a défini 8 enjeux clés qui dressent un constat implacable de l’état de la biodiversité , en France et dans le monde.

Il y a 65 millions d’années, la Terre voyait disparaître les dinosaures. Il s’agissait de la 5e extinction de masse. Les scientifiques parlent aujourd’hui d’une 6e grande crise. Et contrairement aux cinq autres, les activités humaines sont pointées comme les principales responsables…

Le déclin massif de la biodiversité et les espèces : enjeu 1

Les chiffres sont affolants… D’après L’IPBES (rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques ), 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, dont une grande partie au cours de la prochaine décennie. Au niveau mondial, ce sont plus de 40% des espèces d’amphibiens, 33% des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins qui sont menacés. Déjà depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands écosystèmes a diminué en moyenne d’au-moins 20%.

Une triste revue qui n’épargne pas la France, bien au contraire ! L’UICN rappelle que notre pays se place parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales mondialement menacés avec 14% de nos mammifères, 24% de nos reptiles, 23% de nos amphibiens, 32% de nos oiseaux nicheurs ou encore 19% de nos poissons d’eau douce. L’épée de damoclès pèse aussi sur 15% de la flore. En outre-mer, la situation est tout aussi dramatique puisqu’un tiers des espèces d’oiseaux de Guadeloupe et de Polynésie française sont menacées d’extinction, 30% des plantes vasculaires indigènes à La Réunion et 43% à Mayotte.

A l’international, pour ne prendre que l’exemple des grands singes (gorilles, chimpanzés, bonobos, orangs-outans et gibbons) , les populations ont chuté de 70% en 40 ans en raison de la déforestation, du trafic illégal d’espèces, du braconnage, du piégeage et des maladies infectieuses

Le déclin massif de la biodiversité et les écosystèmes (forêts, océans, littoraux): enjeu 2


Toujours selon l’IPBES, l’état et l’étendue des milieux naturels ont régressé au niveau mondial : 75 % des milieux terrestres et 66% des milieux marins ont été significativement modifiés par les activités humaines. 23 % des surfaces terrestres ont montré un déclin de leur productivité en raison de la dégradation des sols. Il existe aujourd’hui plus de 400 « zones mortes » océaniques causées par le déversement d’engrais, dont la superficie totale dépasse celle du Royaume-Uni.

IPBES : Alerte sans précédent sur la biodiversité !

La France n’est pas épargnée par la disparition des écosystèmes. Notre pays a perdu 50 % de ses zones humides depuis 1960. Plus de 36 000 hectares de zones de nature remarquable ont disparu entre 1990 et 2012. Aussi, seuls 20% des habitats naturels d’importance européenne, présents en France, sont en bon état de conservation.

Le déclin massif de la biodiversité et les aires protégées : enjeu 3

L’ensemble des aires protégées en France couvre 29,5 % du territoire terrestre et 23,5 % du domaine maritime. Celles-ci sont indispensables à de nombreux points de vue, notamment en matière de lutte contre le dérèglement climatique. En effet, les aires protégées renferment au moins 15 % des réserves de carbone terrestre de la planète ; les océans en constituent les plus grands réservoirs. En captant et stockant le carbone, ils contribuent à l’atténuation des changements climatiques.

Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique (SfN) : enjeu 4

Dans le monde, les écosystèmes naturels absorbent environ la moitié des émissions de CO2 générées par les activités humaines, chaque année. L’UICN se mobilise donc pour protéger ses réservoirs naturels de carbone pour éviter que le carbone stocké ne soit rejeté dans l’atmosphère. L’idée est ainsi de développer des solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique qui s’appuient sur la réparation, la gestion, voire la création d’aménagements impliquant une gouvernance entre les acteurs et les populations locales pour mettre en place des solutions pérennes et durables. Concrètement, ces solutions visent par exemple à réduire l’intensité des inondations en recréant les méandres d’une rivière pour ralentir son débit dans les endroits critiques, à laisser une couverture végétalisée sur les versants afin de stocker l’eau, à restaurer les zones humides qui absorbent l’eau et la rendent de manière progressive, à aménager des zones d’expansion de crues sur les zones de débordement….

Le déclin massif de la biodiversité et la déforestation importée : enjeu 5

Elle concerne l'importation de biens dont la production a contribué, directement ou indirectement, à la déforestation ou à la conversion d'écosystèmes forestiers naturels. C’est un problème qui concerne très directement l’Europe puisqu’elle constitue le 2ème importateur mondial de matières premières ou de biens responsables de la déforestation. En cause le soja pour l’alimentation animale, l’huile de palme pour les agro carburants et les produits agroalimentaires, le bois pour l’ameublement et la biomasse, l’hévéa pour le caoutchouc, le bœuf ou encore le café, le thé et le cacao. Un chiffre sur la déforestation importée ? Selon l’UICN, elle représente chaque jour la destruction de deux fois la surface de Paris (à savoir 2X 10600 hectares de forêts tropicales) !

Le déclin massif de la biodiversité et l’artificialisation des sols : enjeu 6

L'artificialisation des sols désigne toutes les surfaces que l’on a détournées de leur état naturel ou de leurs usages forestiers ou agricoles. Elle prend compte l’étalement urbain, les zones industrielles et commerciales, les infrastructures de transport, les mines et carrières à ciel ouvert, les décharges et chantiers, les espaces verts urbains et les équipements sportifs et de loisirs.

En supprimant les milieux naturels d’origine, l'artificialisation contribue à fragmenter les écosystèmes ce qui impacte les populations d’espèces vivant dans ces milieux , notamment pour leur déplacement. La croissance des zones urbaines a augmenté de 100% depuis 1992, tandis que 25 millions de km de nouvelles routes goudronnées sont prévues dans le monde d’ici 2050, dont 90% des pays en voie de développement.

En France métropolitaine, cette urbanisation représente environ 66 000 hectares par an. Cela représente la taille du département de la Seine et Marne. Aujourd’hui, 9,4% du territoire métropolitain est artificialisé et le chiffre progresse chaque année.

Le déclin massif de la biodiversité et les pesticides: enjeu 7

L'utilisation abusive des pesticides a un impact désastreux sur la biodiversité, mais aussi sur la qualité de l'eau, celle des sols et la santé.

Les impacts des pesticides sont particulièrement criants en ce qui concerne les populations d’insectes et aussi les oiseaux des milieux agricoles. En France, les oiseaux dits spécialistes présents en milieux agricoles ont diminué de 30%.

L’évaluation mondiale de l’impact des pesticides systémiques sur la biodiversité et les écosystèmes, réalisée par les experts de l’UICN en synthétisant 1 121 études, montre aussi qu’une cause importante du déclin des pollinisateurs est l’utilisation de pesticides. Pourtant, plus de 75% des cultures vivrières mondiales dépendent de la pollinisation par les animaux.

Notons que la France figure parmi les principaux pays utilisateurs de pesticides en Europe et que le recours aux produits phytosanitaires continue d’augmenter depuis 2008.

Réduction des pesticides : 1 % des financements publics est réellement efficace

La biodiversité en outre-mer: enjeu 8

Grâce à ses territoires d’outre-mer et son domaine maritime de 11 millions de km2 couvrant les océans Atlantique, Indien et Pacifique, la France fait partie des 15 pays du globe qui abritent la plus grande diversité biologique. Une biodiversité (souvent méconnue) qui rend et rendra à l’être humain des services remarquables, en termes de pharmacopée par exemple ou de nurserie à poissons, comme c’est le cas pour les récifs coralliens ou les mangroves. Pourtant, là encore les chiffres font froid dans le dos : 50% des récifs coralliens ont disparu depuis les années 70 et près de 33% des récifs restants sont menacés, tandis que l’étendue naturelle des forêts de mangroves a chuté de plus de 75%.

Ces huit enjeux clés ont guidé l’élaboration de recommandations politiques qui seront discutées à Marseille et contribueront à définir les prochains objectifs pour la protection de la biodiversité à 2030, qui seront établis à la COP15 biodiversité.

Arracher les plantes invasives pour préserver la biodiversité

Oui, l’arrachage manuel reste souvent le seul moyen de lutter, sans trop d’impact, contre la prolifération des plantes invasives dans les milieux fragiles. C’est dans ce contexte que le chanteur Maxenss a accepté de partager avec Clémence, lauréate de notre grand concours photo lancé l’automne dernier, l’expérience d’un chantier nature comme ceux fréquemment proposés à des bénévoles sur notre site jagispourlanature.org.

Cap sur la Gironde avec notre association partenaire Curuma qui accueille Maxenss et Clémence ce 5 juin, pour une séquence d’arrachage de baccharis à la pointe du médoc dans le marais du Conseiller.

Pourquoi les espèces invasives participent-elles au déclin de la biodiversité ?

L’association Curuma lutte contre la fermeture des zones humides de la pointe du Médoc

Quand en 2013, Patrick Lapouyade reprend les rênes de l’Association Curuma (créée en 1993), sa mission consiste à réhabiliter près de 1000 hectares de zones humides plus ou moins laissées à l’abandon à la pointe du Médoc. Pour parvenir à enrayer l’envasement de ces milieux humides, il doit œuvrer sur tous les fronts : gérer la circulation de l’eau, relancer des activités acquacoles et agricoles durables pour entretenir le milieu, lutter contre la fermeture arbustive pour maintenir un paysage ouvert et surtout, sensibiliser et mobiliser tous les bénévoles prêts à agir sur le terrain pour l’arrachage annuel de plantes invasives : principalement le baccharis, et le Séneçon du cap.
Sur ce dernier volet, Curuma, en tant qu’association partenaire et membre du réseau J’agis pour la nature peut compter sur la Fondation Nicolas Hulot pour relayer sur sa plateforme dédiée aux activités de bénévolat nature, les actions de terrain qu’elle organise régulièrement pour lutter contre les plantes invasives.

Zoom sur le marais du Conseiller : Comment Curuma fait revivre 550 hectares d’une exceptionnelle richesse.

Patrimoine historique, l’existence même du marais du conseiller est intrinsèquement liée aux activités que l’homme y a implantées.

Le retour d’activités économiques durables

Le marais du Conseiller a heureusement échappé à la bétonisation dans les années 50/60, et depuis, Curuma œuvre pour y restaurer des activités du secteur primaire. En effet, l’ostréiculture, le pâturage, les cultures céréalières et le maraîchage, mais aussi la pêche et la chasse sont autant de solutions adaptées à l’entretien des espaces humides. Aujourd’hui, l’association peut s’enorgueillir d’avoir réussi à faire revenir sur le site des activités aquacoles – crevettes palourdes et huitres  - agricoles, avec deux éleveurs de bovins de race Aubrac et Limousine, le pâturage (de mars à octobre) de chevaux d’un haras voisin, la culture de fourrage et aussi la chasse au gibier d’eau à proximité des vasières et en bordure d’estuaire.

Une lutte sans merci contre le baccharis : un fléau pour la flore locale

L’autre grand défi de Curuma est de maîtriser la colonisation du Marais du Conseiller par les plantes dites invasives. Le baccharis plante d’agrément dans les jardins mais toxique et invasive dans les zones humides menace l’équilibre même des écosystèmes. Cet arbuste d’ornement introduit depuis les États-Unis au 17ème est observé pour la première fois en milieu naturel en 1915. Communément appelé faux cotonnier en raison de ses fruits à l’apparence de filaments cotonneux, ses graines (jusqu'à un million sur un pied femelle avec une durée de vie de 5 ans !) sont, à l’instar du pissenlit, dispersées par le vent. Ils forment alors des buissons redoutablement prolifiques et résistants qui entrent en compétition direct avec les plantes indigènes.

Se porter bénévole aide à préserver l’extrême richesse de la biodiversité des zones humides

L’arrachage manuel, moins impactant pour la faune et la flore que les engins mécaniques est alors la seule solution pour contrer l’étalement du baccharis. Obéissant à un calendrier précis, l’intervention des adhérents de l’association et des bénévoles est une précieuse aide car la marge de manœuvre est étroite. Il faut agir en mars/avril avant la floraison du mois d’aout, mais ne pas déranger les animaux pendant la période de reproduction (avril à juin) et hors période migratoire à la fin de l’été et en automne.
Conscients de l’importance de la participation de chacun, Curuma s’attache à faire de ces journées chantiers nature un moment convivial qu’elle met à profit pour communiquer et sensibiliser les participants aux enjeux de l’action menée. Le temps d’un débriefing autour d’un repas élaboré avec les produits locaux, Curuma rappelle l’extrême richesse de la biodiversité de ces milieux et de l’importance de la qualité des services rendus par les zones humides : filtration/épuration de l’eau, atténuation du phénomène de crue et d’inondations, captation du carbone.
Enfin il ne faut pas oublier que si le Marais du Conseiller est, en soi, un immense réservoir de biodiversité végétale avec des arbustes comme le prunellier, des plantes spécifiques comme l’obione, la salicorne, l’armoise maritime) et le lieu de vie permanent de nombre d’insectes (libellule, criquets, sauterelles…) d’amphibiens (très forte concentration de crapauds à couteau d’Aquitaine), d’oiseaux (échassiers, canards…), il est aussi un site de reproduction et une halte pour les oiseaux en période migratoire.

Alors convaincus ? Si comme Maxenss, Clémence et les autres bénévoles vous souhaitez participer à un chantier nature rendez vous sur notre plateforme "J'agis pour la nature

Pourquoi les espèces invasives participent-elles au déclin de la biodiversité ?

Les invasions biologiques n’ont rien d’un sujet de fiction : elles sont bien réelles, se répandent dans le monde entier, occasionnant des dégâts écologiques, sanitaires et économiques colossaux : extinction d’espèces, maladies, allergies, destruction de milieux, dommages aux infrastructures…  Résultat : en 40 ans, les espèces invasives ont coûté 1 000 milliards d’euros à l’humanité(1).

Parmi les grands maux pointés du doigt pour expliquer la sixième extinction de masse, les scientifiques alertent depuis des décennies sur la surexploitation des ressources et la pollution, l’artificialisation des sols et la fragmentation de l’habitat, la déforestation et le changement climatique, mais l’introduction des espèces invasives comme phénomène affectant le vivant, est jusqu’à présent peu relayée dans l’opinion. Pourtant, selon l’ONU, il s’agit de la seconde cause de la régression de la biodiversité, derrière l’exploitation des ressources naturelles.

1 000 Mds€
c'est un budget 20 fois plus important que celui de l'OMS et de l'ONU combinés !

L’arrivée et la prolifération d’espèces invasives sur de nouveaux territoires est intimement liée à l’être humain 

Introduits volontairement comme plantes d’ornement, animaux de compagnies - voire comme un remède qui finalement s’avère pire que le mal - ou involontairement lors de ses déplacements ou par ses activités, l’homme favorise grandement le déplacement de toutes sortes d’organismes. Larves, insectes, champignons, bactéries et virus empruntent indifféremment de nombreux supports et/ou d’hôtes pour les transporter : dans des cageots de fruits et légumes, sur des plantes d’ornements, dans le pelage d’un animal mais aussi sous une semelle, dans une valise, dans un objet importé.

Un exemple que nous avons tous en mémoire : les frelons asiatiques arrivés en Europe dans une cargaison de poteries chinoises et qui, depuis maintenant 12 ans, déciment les populations d’abeilles en France.

Introduction et culture maîtrisée VS prolifération incontrôlée

Certes, les importations d’espèces d’un endroit à l’autre du globe ne posent pas toutes problème. Des fruits et légumes exotiques que nous considérons normal de trouver dans nos assiettes, pomme de terre et tomate en tête, sont bien originaires d’Amérique Latine mais leur culture est maîtrisée depuis longtemps ! En revanche, d’autres espèces sèment la zizanie dans les écosystèmes : des plantes d’ornement, comme la Jussie à grandes fleurs qui étouffe en proliférant les étangs et les cours d’eaux, les herbes de la Pampa dont les milliers de graines se disséminent au vent ou le baccharis devenu l’ennemi des paludiers en Nouvelle Aquitaine, dans la presqu'île guérandaise et en Brière.

Pourquoi certaines espèces prolifèrent jusqu’à devenir invasives ?

Dans leur nouvelle terre d’accueil plantes, insectes et animaux exotiques ne rencontrent parfois ni concurrent, ni prédateur, ni maladie susceptible de réguler le développement de leur population. Parfois même leurs cycles de reproduction (climat favorable et saisons longues) sont multipliés par rapport à leur habitat d’origine. C’est le cas de la minuscule cochenille tortue qui décime aujourd’hui les pins parasols de Rome, symboles de la capitale italienne. Ce ravageur suceur de sève avait déjà eu raison de 90% des pins sur deux îles des Caraïbes. Une hécatombe prévisible puisque le climat doux et chaud des tropiques a permis au ravageur de donner naissance à six nouvelles générations en un an, quand, au Canada, son lieu d’origine, le cochenille ne connaît qu’un seul cycle de reproduction annuel !

Une menace économique et un enjeu de santé publique

Outre leurs répercussions directes sur la sécurité alimentaire mondiale, sur l’énergie, sur l’accès aux médicaments quand ils affectent l’agriculture, les océans et les forêts, les espèces invasives sont aussi les vecteurs biologiques de dangereux agents pathogènes pour la biodiversité et pour les humains.

Qui, en effet, pour se méfier d’un innocent ragondin, animal introduit en France dans les années 50 pour sa fourrure qui maintenant ravage les zones humides et transmet la leptospirose ? Ou de cet écureuil de Corée, un animal de compagnie fort joli mais un peu farouche et qui, après quelques morsures, s’est vu rendre sa liberté dans la forêt de Sénart en Essonne (91) où il se reproduit en toute impunité (10 000 écureuils recensés en 2015), alors qu’il est un vecteur important de la maladie de Lyme via les tiques qu’il porte (2) ?

Ecureil de Corée
Ecureil de Corée © GummyBone

Mais pas besoin de chercher si loin… Le moustique tigre, vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, gagne chaque année davantage de départements français. La Berce du Causase, - inscrite depuis 2017 sur la liste des plantes invasives préoccupantes de l’UE -présente dans le Nord-est, les Alpes et maintenant dans le sud-ouest cause brûlures et lésions cutanées et chaque année, le pollen d’ambroisie est un fléau pour les 21% de la population qui y sont allergiques : coût sanitaire estimé à 22 millions d’euros en 2016 rien que pour la région Rhône Alpes...

Quels moyens pour lutter contre les espèces envahissantes ?

Mieux vaut prévenir que guérir. Si l'on tarde à intervenir, il devient vite illusoire d’espérer contenir une invasion, et le coût des mesures d’atténuation des impacts devient exponentiel au fil du temps. Les chercheurs alertent dès à présent sur les risques encourus dans la prochaine décennie : déjà 14 000 espèces invasives identifiées dans l’Union européenne et 66 nouvellement répertoriées (plantes, algues, moules, poissons, ou encore mammifères) qui représentent un risque de prédation ou de compétition avec des espèces européennes.

Prévention, législation et coordination des actions internationales et territoriales

Hormis un renforcement drastique des contrôles dans tous les lieux de passage et la coordination des actions de terrain, il est difficile, compte tenu de la mondialisation des échanges, d’éradiquer le problème.

Les mesures de prévention et/ou d’adaptation sont aisément acceptables quand il s’agit de légiférer sur le traitement des eaux de Ballast lors des escales des bateaux pour cesser de transporter à fond de cales des hôtes indésirables (poissons, algues… ), d’un port à l’autre (à noter que 80% du commerce mondial se fait par voie maritime). Tolérables aussi quand il faut se résoudre à abattre des oliviers centenaires en Corse par prévention pour faire barrage au Xyllela fastidiosa qui sème depuis des années la désolation dans les plantations d’Italie du sud… mais beaucoup plus problématiques sont les mesures d’un point de vue éthique quand il s’agit d’éliminer des populations entières. Pour exemple, cette zone de forêt de la Patagonie chilienne où 10 couples de castors introduits en 1946 sont devenus 100 000 individus causant d’énormes dommages sur la végétation indigène. Sans aller plus loin en France, il est reconnu qu’il faudrait stériliser nos chats domestiques, considérés comme une espèce invasive à cause de leur rôle dans l’hécatombe des populations d’oiseaux, de lézards et petits rongeurs...

Sources

  1. Etude publiée en mars dans la Revue Nature et dirigée par l’université Paris-Saclay et MNHN.
  2. Le Muséum national d’histoire naturelle a établi un risque de contamination huit fois supérieur aux autres rongeurs.

Pourquoi et comment préserver les zones humides ?

Trop souvent absentes des débats traitant des enjeux environnementaux et méconnues du grand public, les zones humides sont pourtant des milieux riches et extrêmement précieux au regard des multiples services écosystémiques qu’ils rendent à l’humanité sur toute la planète.

Qu’est ce qu’une zone humide ?

Non, ce ne sont pas seulement des marais à l’eau trouble, tourbières et autres vasières. Les milieux humides, ce sont toutes ces zones de transition entre terre et eau, soumises à de multiples variations : la situation géographique déterminant la composition en matières nutritives d’un sol, la salinité de l’eau (douce, salée ou saumâtre), la submersion des terres, permanente ou temporaire, et toutes les fluctuations climatiques d’une région ou d’une zone géographique.

On en trouve depuis le sommet des montagnes jusqu’en en bordure des côtes

Les milieux humides sont présents sur toute la planète et se rencontrent dans divers paysages : estuaires, lagunes, étangs, marais, landes, tourbières et prairies humides en métropole, mais aussi lagons, mangroves et forêts humides en outre-mer.
Hormis tous les sites remarquables recensés bien connus, comme la Camargue, les marais salants de Guérande, la Baie du Mont Saint Michel ou encore les étangs de Brenne, il existe une multitude de zones humides dites « ordinaires » qui contribuent pourtant tout autant à l’équilibre des écosystèmes qu’ils abritent et qu’il convient de préserver.

Un réservoir de biodiversité

Ces étendues d’eau naturelles ou artificielles, stagnante ou courante, et peu profondes, forment des biotopes particuliers propices au développement d’une végétation et d’une faune spécifique, voire endémique. Véritables écrins de biodiversité, on y trouve à l’année une profusion d’algues et autres végétaux, de poissons, d’amphibiens et d’oiseaux d’eau (canards, échassiers…). Il est en ce sens indispensable de les préserver car elles sont le lieu de reproduction, de nourrissage, de refuge et, pour de nombreux migrateurs, une étape dans leur long voyage.

Fonctions et services rendus des zones humides

Les services écosystémiques des zones humides sont multiples : véritables éponges naturelles, elles reçoivent, stockent et restituent l’eau selon les périodes. Leur capacité de filtration leur confère le rôle de station d’épuration d’eau et d’atténuation de la pollution. De plus en stockant le carbone, elles jouent un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. À noter que les zones humides ont de tout temps fourni à l’homme alimentation et eau douce car elles constituent en grande partie un support pour des activités agricoles : élevage, maraîchage, pisciculture, ostréiculture, saliculture, riziculture… qui valorisent les terroirs. Enfin elles ont aussi un intérêt récréatif en étant des espaces de tourisme et de loisirs.

Pourquoi est-il urgent de préserver les Zones humides ?

Une situation alarmante

La dégradation des milieux humides et la réduction de la surface résultent principalement de l’activité humaine. À l’échelle mondiale, 64% de leur surface a disparu depuis 1900 et la France n’est malheureusement pas en reste. La dernière étude nationale sur les sites humides emblématiques couvrant la période 2010-2020 atteste d’une dégradation portant sur 41% des sites évalués en métropole et outre-mer.*

Des écosystèmes complexes fragilisés par de multiples menaces

L’urbanisation et le développement d’infrastructures, l’intensification de l’agriculture et de l’aquaculture, le boisement de terres, l’aménagement des cours d’eau, de zones portuaires et l’extraction de matériaux ont un impact considérable : direct quand les zones humides sont détruites et indirect quand la modification du débit de l’eau, l’assèchement, le drainage, le prélèvement d’eau, le remblaiement des terres et la pollution viennent rompre l’équilibre des écosystèmes. Au cours du siècle dernier, plus de la moitié des zones humides a été détruite et celles qui restent (3% du territoire) sont encore menacées.
Hormis le dérèglement climatique, l’autre grande menace - près de 90% des sites en métropole et 84% des sites outre-mer concernés – vient de la colonisation des milieux par des espèces exotiques à fort développement (introduites accidentellement ou intentionnellement par les humains), dites espèce invasives, qui viennent concurrencer les animaux et les plantes indigènes (nourriture, destruction d’habitat, vecteurs de maladies…) avec de multiples dommages sur le milieu : banalisation des paysages, perturbation de l’écoulement, modification de l’acidité, impact sur la lumière…

crédit photo : Marie Debord

Comment préserver les zones humides ?

En participant à la journée mondiale des zones humides sur jagispourlanature.org !

Pour donner un coup de projecteur sur les zones humides, faire découvrir leurs bienfaits et inviter chacun à s’emparer du sujet, chaque année, le 2 février, c'est la Journée Mondiale des Zones Humides dans le monde. Celle-ci marque le lancement d’un programme varié d’animations : sorties nature, conférences, projections de films, chantiers nature, activités culturelles…

Une attention et une protection particulières dont les zones humides bénéficient suite à l’entrée en vigueur depuis le 2 février 1986 de la Convention de Ramsar (167 pays signataires). La Fondation pour la Nature et l'Homme s’y associe chaque année via son programme « J’agis pour la nature ». Retrouvez sur notre site de nombreux chantiers nature pour des sessions d’arrachage de plantes invasives, de réhabilitation de sites ou de restauration de mares !

Quelques notions utiles

Tourbière :  c’est une zone humide d’eau stagnante ou très peu mobile, colonisée par la végétation. Dans ces conditions asphyxiantes, la litière végétale ne se dégrade que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

Les sols tourbeux stockent plus de 20% du carbone organique total de tous les sols alors que leurs superficies n’excèdent pas 3% des terres émergées (Eswaran et al., 1993).

Biotope : c’est un lieu de vie, défini par ses caractéristiques physiques et chimiques. Il rassemble l’ensemble des formes de vie (flore et faune).

Services écosystémiques : ce sont l’ensemble des services que nous rendent les écosystèmes : la production d’oxygène par les forêts, l’épuration naturelle des eaux par la terre, l’activité des pollinisateurs dont nos cultures dépendent ou encore le cycle de l’eau.

Ce terme a pris une ampleur internationale avec l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (2005), rapport réunissant plus de de 1 360 experts issus de près de 95 pays, pour évaluer - sur des bases scientifiques - l’ampleur et les conséquences des modifications subies par les écosystèmes dont dépend notre survie et le bien-être humain.

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