Défendre une agriculture sans pesticides

Agriculture et biodiversité : le pari audacieux de Leslie Helfer

Et si la nature était la meilleure alliée de la rentabilité agricole ? C’est ce que nous démontre Leslie Helfer, arboricultrice dans les Yvelines (78). Installée à Feucherolles, elle prouve que restaurer les équilibres du vivant pour se passer des pesticides de synthèse n’est pas une utopie, mais une stratégie payante, pour cultiver des fruits de qualité, tout en protégeant son outil de travail.

Son témoignage nous éclaire aussi sur un point essentiel : si le monde agricole à son rôle à jouer pour préserver l’environnement, la restauration de la biodiversité, incombe à tous : citoyens, collectivités, entreprises privées…

Découvrez le portrait de Leslie Helfer, arboricultrice engagée en agriculture biologique, qui a fait de la biodiversité l'alliée majeure de sa ferme

02:57

De Rungis au verger : renouer avec l’héritage familial

Petite-fille d’agriculteur, Leslie a d’abord exploré les coulisses du commerce international de fruits. Mais après plus de dix ans passés dans l’import-export à Rungis, le besoin de renouer avec la terre et de retrouver un métier qui a du sens l’emporte. Elle décide alors de renouer avec l’héritage familial, en se confrontant à la réalité de l’agriculture, de loin « la partie la plus compliquée » selon elle.

Attachée à la nature et à l’environnement, elle s’oriente vers l’arboriculture biologique, sur une ferme d’environ 5 hectares, située à Feucherolles (78), dans la plaine de Versailles. Son projet : cultiver des fruits, des kiwis principalement, mais aussi des pommes, petits fruits rouges et raisin de table, et les commercialiser en circuit court uniquement.

Restaurer les équilibres de la nature : une stratégie de long terme, un pari payant !

Quand elle se lance dans le métier, Leslie ne s’imagine pas la réalité qui va la rattraper... Très vite, elle fait un constat sans appel : sur sa ferme et comme aux alentours, le manque de biodiversité est criant. C’est ça qu’elle doit avant tout restaurer ! Car elle en est convaincue : compenser avec des pesticides de synthèse n’est pas la solution. Pendant 5 ans, elle décide de laisser la nature reprendre ses droits. Larves, parasites, chenilles se multiplient sur la ferme.

Face à une situation que beaucoup aurait réglé à l’aide de pesticides, Leslie persiste, à raison. Peu à peu, la biodiversité s’installe et s’autorégule, instaurant un nouvel équilibre écologique sur la ferme.

« Il y a beaucoup d’oiseaux qui se sont installés ici, parce qu’il y a beaucoup d’insectes, et maintenant, je n’ai plus rien qui vient infester mes pommiers. Pareil pour les cerisiers. Ce n’est pas que c’est miraculeux, assure-t-elle, c’est que c’est comme ça que ça doit fonctionner. »

La « Biodiversiculture » : restaurer la nature pour cultiver sans pesticides

Leslie se définit désormais comme une « biodiversicultrice » car son métier consiste avant tout à cultiver la biodiversité pour accueillir de nombreux insectes.

« Je pensais que j’allais faire de la production de fruits, explique-t-elle. Mais c’est récemment que j’ai pris conscience du temps que je passais, finalement, à faire des choses qui rétablissent les déséquilibres de la nature. »

« Sans les équilibres [de la nature], il n’y a pas de biodiversité. Sans biodiversité, on ne peut pas produire sainement ».

Mais elle souligne un point crucial : la transition écologique n’incombe pas qu’aux seuls agriculteurs :

« Les agriculteurs ne peuvent pas restaurer ces équilibres tout seuls », reconnait-elle. « Quand on a un champ qui est entouré de zones industrielles, de béton, de minéral, qu’il n’y a pas d’arbres, qu’il n’y a pas de haies, qu’il n’y a pas de prairies », alors il n’y a pas de stock de biodiversité. Donc peu de moyens de produire correctement. Selon elle, les agriculteurs ont alors peu d’alternatives aux pesticides.

Leslie le clame donc haut et fort : la restauration de la biodiversité doit être l’affaire de tous, des particuliers comme des entreprises privées, des communes ou des agglomérations.

C’est à « tout le monde de s’en préoccuper », résume-t-elle, sous peine de ne pouvoir sortir de l’impasse des produits chimiques.

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Leslie Helfer démontre que l’agroécologie est une voie d’avenir, moderne et viable.

En respectant le vivant, elle fait la démonstration que :

  • L’agriculture et la biodiversité ne s’opposent pas et sont les deux piliers d’un même modèle vertueux.
  • L'épanouissement de la nature et des agriculteurs est au cœur du modèle : moins de chimie, c'est plus de fierté et de sens.
  • La restauration de la biodiversité est l’affaire de tous.

 

Dans la lignée de Carine Thierry en polyculture-élevage en Seine-et-Marne, Emmanuelle Billard, éleveuse laitière en Bretagne, ou Dominique Hauvette, vigneronne dans les Bouches-du-Rhône, Leslie Helfer prouve qu’un autre modèle est possible.

Rapport

Télécharger (format pdf - 2 Mo)

cadmium : l’urgence de sevrer notre agriculture

Pains, pâtes, riz, pommes de terre ou chocolat, ces aliments que nous consommons tous les jours sont aussi les plus exposés au Cadmium. Ce métal lourd, classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction humaine s’accumule silencieusement dans les sols et dans nos corps. Fin mars 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. Sa dernière étude confirme une surexposition de la population Française au cadmium par l’alimentation. Si le constat n’est pas nouveau, les récents résultats démontrent l’ampleur du problème. Nous vous expliquons les impacts du cadmium sur la santé humaine, pourquoi il est présent partout, comment s’en prémunir et quel rôle pourrait jouer l’agriculture biologique…

Rapport

Les aliments les plus contaminés par le cadmium

Télécharger (format pdf - 7 Mo)

Le cadmium, c’est quoi déjà ?

Métal lourd et toxique, le cadmium est néanmoins une substance naturellement présente dans notre environnement, en particulier dans les sols. On en trouve des traces presque partout dans le monde, certaines terres présentant des taux plus élevés que d’autres, les régions volcaniques d’Amérique latine par exemple (Pérou, Équateur, Bolivie, etc…) ou celles riches en dépôts minéraux (comme au Maroc). En France, les sols situés au-dessus de roches calcaires, comme en Champagne ou dans le Jura, ont fréquemment des fortes teneurs naturelles en cadmium.

Le cadmium ne serait pas un problème si on le trouvait en quantité limitée, mais, depuis des décennies, les activités humaines ont fortement contribué à augmenter sa présence dans notre alimentation.

Les principaux responsables : les engrais minéraux phosphatés, notamment ceux provenant des gisements Marocains, utilisés massivement en France par notre agriculture conventionnelle pour fertiliser les plantes. 

Quel lien entre le sol et notre assiette ?

Pour croître, les plantes ont besoin de nutriments qu’elles puisent dans le sol. Parmi les nutriments essentiels à leur développement, il y a notamment le fer ou le zinc, auxquels le cadmium ressemble beaucoup d’un point de vue chimique.

Les végétaux, par leurs racines, absorbent donc du cadmium en même temps que ces autres éléments nutritifs essentiels. Le problème : une fois absorbé, le cadmium se répand dans toutes les parties de la plante, y compris celles consommées par les hommes ou les animaux.

Selon les végétaux et les espèces, le cadmium peut d’ailleurs être absorbé plus ou moins vite, et en quantité. Ainsi, les saules ou les plantes de tabac, par exemple, sont connus comme de grands accumulateurs de cadmium.

Le Cadmium, une contamination généralisée, surtout en France

Pas étonnant donc que les fumeurs soient exposés davantage que les non-fumeurs au cadmium. Mais, hors tabagisme, la principale source d’exposition au cadmium demeure l’alimentation.

Et d’après la dernière étude l’Anses, menée auprès d’un échantillon représentatif d’individus vivant en France (enfants et adultes confondus de 3 à 79 ans) sur plus de 214 aliments différents (représentant plus de 90 % du régime moyen de la population française), les conclusions ont de quoi alarmer.

En France, l’Anses a évalué que 89% des aliments de base (pain, pâtes, biscuits, viennoiserie, lait, yaourt, fromage etc…) sont contaminés au cadmium (sur 718 échantillons analysés).

Pire, près de la moitié de la population adulte échantillonnée présentent des surdosages par rapport au seuil autorisé (47,6%), mais les enfants sont aussi particulièrement touchés, près d’un quart d’entre eux dépassant le seuil autorisé (23%). Autant dire que nous consommons du cadmium tous les jours, et dans des proportions bien trop élevés.

Autre problème, plus inquiétant encore, la présence de Cadmium, si elle n’est pas propre à la France, s’avère particulièrement prégnante dans l’Hexagone.

Selon les données d’une autre étude, publiée par Santé Publique France en 2021 cette fois, des niveaux d’imprégnation nettement plus élevés ont été observés en France comparativement à d’autres pays. Les enfants Français sont ainsi 3 à 4 fois plus contaminés que leurs homologues Allemands, Belges, Italiens, Américains ou Canadiens par exemple. Pour les adultes, les taux de contamination sont 2 à 3 fois plus élevés.

Une surexposition qui risque bien de se transformer en bombe à retardement dans les prochaines années, si les pouvoirs publics ne prennent pas la mesure du problème.

Le Cadmium, quels sont les risques pour la santé humaine ?

Olivier Laprévote, toxicologue, membre du Comité scientifique de l’Anses sur les risques chimiques des aliments que nous avons interviewé, explique que la difficulté liée au cadmium est qu’il agit en silence, sur le long terme. Contrairement à une intoxication brutale, « on élimine le cadmium beaucoup plus lentement qu'on ne l'absorbe, et on l'accumule », explique-t-il. En cas d’exposition prolongée, même à faibles doses, il peut causer des dégâts considérables.

Classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, il est responsable du cancer du poumon, mais est aussi suspecté d'augmenter les risques de celui du pancréas, du sein, de la vessie ou de la prostate.

Par ailleurs, le cadmium peut entrainer des troubles rénaux et des risques d’ostéoporose (fragilité des os), ainsi que des effets indésirables sur le système cardiovasculaire (l’athérosclérose notamment, maladie qui touche les artères) et le neurodéveloppement.

Le Bio est-il aussi contaminé au Cadmium que le conventionnel ?

Si cette étude de l’Anses fait aussi beaucoup débat, c’est que ses auteurs en tirent l’une des conclusions suivantes : l’agriculture biologique serait potentiellement « tout aussi impactée que l’agriculture conventionnelle par la présence de cadmium », certaines matières fertilisantes, comme les engrais minéraux phosphatés (principaux responsables du cadmium dans nos sols), étant aussi autorisées en agriculture biologique.

 « Dans la mesure où les résultats des tests statistiques ne sont pas convergents, il n’est pas possible de conclure quant à une différence entre les concentrations des aliments bio et conventionnels analysés », estime l’Anses.

Pourtant, de nombreuses études ont démontré le contraire, observant que l’agriculture biologique offre de vrais avantages pour limiter son exposition au cadmium.

Et cette étude n’est pas la seule. D’autres convergent également vers les mêmes résultats.

L’affirmation de l’Anses n’a pas manqué d’interpeller les acteurs de la profession qui suivent de près ce dossier, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) en tête.

Par la voix de son président Loïc Madeline, la Fnab a rappelé que la réglementation bio impose des seuils limites 30% plus bas sur les phosphates miniers qu’en agriculture conventionnelle. Le cahier des charges de l’agriculture biologique est en effet beaucoup plus strict quant à l’utilisation de cadmium, avec une limite de 60 mg de cadmium par kilogramme de P₂O5 (les engrais minéraux phosphatés), contre 90 mg/kg en en France pour l’agriculture conventionnelle (seuil supérieur à la norme européenne grâce à une dérogation négociée par la France).

Précisons tout de même que l’Anses recommande de baisser dès maintenant cette limite bien en deçà, à 20 mg/kg !

La Fnab rappelle également que les agriculteurs biologiques utilisent, dans les faits, très peu, voire quasiment jamais d’engrais phosphatés, préférant s’orienter vers des fertilisants organiques naturels comme le compost. C’est en tout cas ce que révèle l’étude Phosphobio menée par Arvalis, l'institut technique agricole, référent pour les filières de grandes cultures. Selon cette étude, à peine 1 % des agriculteurs bio utilise des engrais phosphatés sur leurs parcelles.

Toujours est-il que les critiques de la Fnab pourraient s’avérer constructives, puisque l’Anses s’est montrée volontaire pour conduire une nouvelle étude spécialement sur l’agriculture biologique en France.

Changer de modèle agricole et diversifier son alimentation, des solutions clés pour limiter l’exposition au cadmium

A l’instar des pesticides, les engrais de synthèse et le cadmium nous rappellent les risques auxquels nous exposent nos modèles agricoles intensifs.

Ils présentent deux points communs majeurs : tous deux sont des rouages essentiels à notre modèle agricole actuel, notamment en agriculture conventionnelle. Pourtant, les alertes scientifiques concernant leurs dangers se multiplient sans qu’un réel plan de sortie et d’accompagnement des agriculteurs ne voie le jour.

L’étude de l’Anses est une preuve supplémentaire qu’il faut impérativement réinterroger nos modèles agricoles et les orienter vers des modèles plus durables, afin de protéger notre santé et notre biodiversité. À la Fondation, nous travaillons depuis des années sur des solutions concrètes et viables pour les agriculteurs, en particulier pour un soutien renforcé aux pratiques alternatives, par exemple en fléchant mieux les aides de la PAC, ou en proposant un conseil agronomique gratuit, national et permettant d’orienter les agriculteurs dans leurs changements de pratiques.

En attendant des changements en profondeur, des solutions existent à court terme pour limiter et réduire notre exposition au cadmium, notamment en :

  • Diversifiant son alimentation et réduisant sa consommation de produits à base de blé (pains, pâtes, céréales du petit déjeuner) ou de pommes de terre, en les remplaçant par des légumineuses (pois chiches, haricots, lentilles…).
  • Privilégiant des aliments issus de l’agriculture biologique, puisque les teneurs en cadmium sont moindres en moyenne dans ces aliments.
  • Évitant les produits céréaliers transformés ( biscuits, céréales du petit déjeuner), ce type de produits contenant plus souvent des matières premières à risque et des teneurs plus élevées en cadmium.
  • Lavant et épluchant les légumes : comme pour les pesticides, laver et éplucher ses fruits et légumes permet de réduire une partie des résidus de métaux lourds présents en surface des aliments.
  • Faisant évoluer les pratiques agricoles afin de recourir à d’autres types de fertilisants. Sans un changement de stratégie de fertilisation, le cadmium ne cessera de s’accumuler dans nos sols et donc, dans notre alimentation.
  • Poursuivant et renforçant la surveillance de la contamination des denrées alimentaires pour mieux réduire les risques d’exposition de la population.
  • Abaissant les seuils tolérés de cadmium dans les engrais phosphatés, comme l’ont déjà fait d’autres pays européens (la Finlande ou la Slovénie par exemple).
  • Éliminant le cadmium des engrais les plus consommés (procédé de decadmiation d'acide phosphorique qui n’engendrerait qu’un surcoût d’à peine 2 à 3 € à l’hectare selon l’INRAE)

Lait bio et pâturage : le secret d’Emmanuelle Billard pour bien vivre

Et si la clé d’une ferme prospère résidait dans le fait de produire moins mais mieux ? Pour Emmanuelle Billard, éleveuse de vaches laitières dans les Côtes d’Armor, l’agriculture ne doit plus être synonyme d’endettement, ni de course à l’agrandissement.

Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice.

En choisissant le bio et le 100% herbe, cette fille d’éleveur de porcs en conventionnel, marquée par les difficultés de son père, a choisi une tout autre voie qui lui garantit autonomie et liberté. Un revenu digne, du temps libre pour faire du sport, des vacances en famille : tout cela fait partie du quotidien d’Emmanuelle et de son mari Ludovic. Et pour rien au monde, ils ne reviendraient en arrière

Emmanuelle Billard, éleveuse sur la commune de Laurenan, en Bretagne, a fait le choix de l'agriculture biologique

02:13

Sortir de l’endettement : le choix d’une ferme bio à taille humaine

Emmanuelle a grandi dans un élevage conventionnel de porcs, en Bretagne. Très jeune, elle perçoit le désespoir des éleveurs poussés à s’endetter pour s’agrandir. Voyant son propre père dans la difficulté, le manque d’argent et l'épuisement se faisant sentir à la maison, elle se résout à cette évidence qu'elle ne « fera jamais ce métier de sa vie ». Jusqu'au jour où, à vingt ans, elle rencontre des paysans passionnés par leur métier, qui lui révèlent un autre visage de l’agriculture, mêlant épanouissement dans le travail, harmonie avec la nature et les animaux et autonomie financière. Un déclic.

Aujourd’hui installée sur la commune de Laurenan, en Bretagne, Emmanuelle est fière et heureuse des choix faits avec son mari Ludovic. L’expérience de son père lui a démontré que l’adage, selon lequel il faudrait toujours plus de produits chimiques et des fermes toujours plus grosses, est un non-sens.

« Ceux qui disent qu’il faut absolument plus des produits phytosanitaires, qu’il faut absolument des néonicotinoïdes (famille d’insecticides particulièrement néfastes pour les insectes pollinisateurs), qu’il faut absolument des plus grosses fermes pour vivre de l’agriculture, le problème n’est pas là », assure-t-elle.

L’important à ses yeux, c’est avant tout de bien réfléchir sa ferme et son système dans sa globalité.

Le système herbager : secret de l’autonomie et de la baisse des charges

Faisant partie des pionnières à s’être installée en agriculture biologique sur le territoire des Côtes d’Armor, Emmanuelle a très tôt fait le choix de la qualité, plutôt que de la quantité.

A la tête d’un troupeau à taille humaine (48 vaches), ses animaux sont nourris à l’herbe. Une décision mûrement réfléchie, qui lui permet d’être autonome et de grandement baisser les charges de la ferme liées à l’alimentation de ses bêtes.

« Nos vaches, elles sont nourries à l’herbe, explique-t-elle, le coût d’implant d’une prairie, en effet, ça coûte un peu, mais après, une fois que la prairie est implantée, les vaches vont pâturer et on a un coût alimentaire qui est extrêmement bas. »

Certes, ses vaches produisent moins de lait, mais un lait plus riche et sur une surface plus petite. Un système beaucoup plus efficace et rémunérateur.

« Aujourd’hui, on est en agriculture biologique, on en vit bien, résume-t-elle. Peut-être qu’on a besoin de moins de volume, moins de litrage pour que ce soit rémunérateur, mais finalement on l’est de manière plus efficace, sur moins de surface. »

Réconcilier vie de famille, temps pour soi et métier d’éleveur : c’est possible !

Contrairement aux idées reçues, Emmanuelle apprécie d’autant plus son métier qu’il lui permet de profiter d’un temps libre précieux et de se faire remplacer plus facilement.

« Pour nous, ça a toujours été important de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale », assure-t-elle.

Avec ses 48 vaches, son temps de traite ne dépasse pas une heure et demie par jour, lui permettant de se consacrer à autre chose et de se détacher de la ferme.

« Le sport, dans la famille, ça prend aussi beaucoup de place, donc c'est un équilibre à trouver. Pouvoir partir en vacances aussi et pouvoir se ressourcer, aller ailleurs et puis de se détacher aussi de la ferme de temps en temps pour mieux revenir », relève aussi d’un choix assumé.

Un rythme de vie que jalouserait la plupart des éleveurs français.

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Emmanuelle Billard démontre que l'agroécologie peut être productive, rémunératrice et assurer un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Il nous rappelle que :

  • L'élevage extensif (avec pâturage) est essentiel pour se passer de pesticides.
  • La protection de la nature et l’amélioration du bien-être animal ne se fait pas au détriment de la production, mais qu’au contraire, elle en améliore la qualité.
  • L'épanouissement de l'agriculteur est au cœur du modèle

Comme Carine Thierry en Seine-et-Marne ou Dominique Hauvette dans ses vignes dans les Bouches-du-Rhônes, Emmanuelle Billard fait partie de cette génération qui a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une digne rémunération.

Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :

Réalisez en 3 minutes notre test « Agriculture et pesticides : êtes-vous sûr de tout savoir » .

Téléchargez notre livret : Faut-il croire au bio ?

Faut-il vraiment croire au bio ?

Télécharger (format webp - 20 Ko)

Le témoignage de Carine Thierry éleveuse engagée

Et si la santé de vos enfants devenait le moteur de votre transition alimentaire ? C’est ce qui a poussé Carine Thierry, agricultrice en Seine-et-Marne (77), à changer le modèle de sa ferme et à se tourner vers l’agriculture biologique. 

Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice, mais une quête de sérénité. Entre santé préservée, fierté retrouvée et équilibre économique, découvrez comment cette ancienne architecte paysagiste et son mari ont opéré leur transition vers l’agriculture biologique et pourquoi ils remercient tous les jours leurs brebis, qui ont été de véritables alliées pour réussir.

Portrait de Carine Thierry, éleveuse engagée en agriculture biologique, réalisé par la Fondation pour la Nature et l'Homme

2:49

Les nappes phréatiques polluées, le déclic qui a fait basculer Carine et Simon

Rien ne prédestinait Carine Thierry à devenir une figure de l’agriculture biologique à Nemours (77). Architecte paysagiste pendant dix ans, c’est en 2012 qu’elle rejoint son mari, Simon, sur l’exploitation familiale de 200 hectares en polyculture élevage, au cœur du Parc naturel Régional du Gâtinais.

Mais un événement vient tout basculer : alors qu'elle est enceinte, un arrêté préfectoral interdit la consommation d'eau dans sa commune. En cause ? Des résidus de produits chimiques interdits depuis plus de 50 ans, toujours présents dans les nappes phréatiques. « Quand j’étais enceinte, on a eu un arrêté préfectoral qui rendait l’eau impropre à la consommation pour les femmes enceintes. Ça m’a vraiment marquée », nous confie-t-elle. Pour le couple, le constat est sans appel : pour leur santé et celle de leurs enfants, ils ne peuvent plus continuer ainsi.

Le rôle clé de l’élevage de mouton dans la transition agroécologique de Carine

Passer à l’agriculture biologique peut faire peur. Pourtant, Carine et Simon ont mené leur transition en douceur grâce à la polyculture-élevage. En choisissant d’élever des moutons, ils ont créé un cercle vertueux.

« L’élevage aussi nous a beaucoup aidé à passer à la bio. En élevage, on a besoin de prairie, on a besoin de luzerne, qui sont des cultures qui n’ont pas besoin de pesticides. Merci les brebis, parce que c’est ça qui nous a aussi aidé à faire une transition »  explique Simon. Grâce à ce système, la transition s'est faite en douceur. En supprimant les intrants coûteux (pesticides, engrais de synthèse), ils ont repris le contrôle sur leur métier et leurs revenus, tout en produisant des cultures et de la viande de haute qualité.

Produire mieux, vivre mieux

Aujourd’hui, c’est une certitude inébranlable qui habite Carine et Simon : jamais ils ne feront machine arrière. Carine décrit une satisfaction quotidienne retrouvée : celle de travailler en phase avec les cycles naturels, sans peur pour sa propre santé. « L’agriculture française, elle a plein de visages, et le visage le plus réjouissant, enfin celui qui me séduit le plus en tout cas, c’est celui d’une agriculture sans pesticides et en phase et en communion avec la nature », conclut-elle.

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Carine Thierry démontre que l’agriculture biologique n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Elle nous explique que :

  • La santé est le premier moteur du changement : protéger l'eau et les sols, c'est d'abord nous protéger nous-mêmes.
  • L'élevage durable est clé pour se passer de pesticides.
  • L'épanouissement de l'agriculteur est au cœur du modèle : moins de chimie, c'est plus de fierté et de sens.

 Comme, Emmanuelle Billard éleveuse en Bretagne ou Dominique Hauvette et ses vignes dans les Bouches-du-Rhône, Carine a choisi l'agriculture biologique et elle prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.

Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :

Réalisez en 3 minutes notre test « Agriculture et pesticides : êtes-vous sûr de tout savoir » .

Téléchargez notre livret : Faut-il croire au bio ?

Le pari de l’excellence de Dominique Hauvette, vigneronne de l’année

Et si l’arrêt des pesticides était le secret des plus grands vins français ?

C’est ce que nous démontre le parcours de Dominique Hauvette, viticultrice dans les Bouches-du-Rhône, élue vigneronne de l’année en 2020 par le Grand Prix de la Revue des Vins de France.

Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice.

Installée depuis plus de 40 ans, Dominique a toujours refusé d’utiliser la chimie, convaincue que si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne.  Énergique et déterminée, elle prouve aujourd’hui, par la qualité de ses vins, qu’il est temps et nécessaire de changer de modèle. 

Découvrez le portrait de Dominique Hauvette, vigneronne engagée en agriculture biologique, élue meilleure vigneronne en 2020

02:12

De l’obsession des insecticides à la liberté de la biodynamie

Ancienne avocate et professeure de ski, rien ne prédestinait Dominique Hauvette à devenir l’une des figures majeures de la viticulture française.

Pourtant, en 1988, lorsqu’elle découvre les Bouches-du-Rhône, Dominique tombe amoureuse de la région.Reprenant le domaine d’un ancien propriétaire utilisant des produits chimiques à outrance, elle découvre le cercle infernal dans lequel s’est empêtrée la ferme.

« J’ai pris la suite d’un lord anglais qui avait des idées très arrêtées sur le vin, explique-t-elle, il avait l’obsession des parasites et passait son temps à balancer des insecticides. Il avait à peu près essayé tout ce qui existe, mais sans succès ».

A son arrivée, elle décide de changer radicalement sa manière de cultiver ses vignes, et se tourne vers l’agriculture biologique. C’est son côté « soixante-huitarde », qui la pousse à voir les choses autrement. Mais pas seulement : « Mon premier objectif, dès le début, était d'obtenir des raisins de qualité et je ne voyais pas comment ils pourraient l'être avec des résidus chimiques. En novice, j'ai avancé avec une conviction : si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne. Et puis, cela m’a paru beaucoup plus simple d’essayer de comprendre ce qui se faisait depuis des générations, plutôt que d’essayer d’apprendre toutes les molécules chimiques modernes. »

Des racines jusqu’à 6 mètres de profondeur pour résister à la sècheresse et aux maladies

Découvrant la vie de la vigne et sa façon de se développer, elle expérimente de nouvelles façons de prendre soin de ses plantes. Un exemple éclairant : elle n’arrose son domaine qu’au Printemps, arrêtant définitivement l’arrosage fin juin.

« La vigne n’est pas folle, précise-t-elle, si on lui met de l’eau en surface, elle ne va pas développer ses racines. Ce n’est pas du tout le même travail que le vigneron qui cherche à faire un bon vin, avoir un système racinaire développé et une vigne qui va se défendre toute seule. »

Le résultat impressionne : les racines de ses vignes descendent jusqu’à 5/6 mètres. L'arrêt des intrants de synthèse permet en effet aux plantes d'enfoncer leurs racines plus profondément dans le sol pour mieux résister aux sécheresses et aux maladies. Résultat ? Des plantes plus robustes et un raisin bien meilleur.

La reconnaissance de la Revue des Vins de France

Les choix de Dominique en matière agronomique s’avèrent plus que payants. En 2020, elle est désignée vigneronne de l’année. Une reconnaissance qui lui permet de développer de nouveaux circuits de commercialisation (elle travaille désormais avec des restaurants étoilés partout en France) et de continuer à prendre soin de ses vignes et de la terre.

« Ce prix a été une lumière sur mon travail, se réjouit-elle. On nous a fait croire qu’on avait besoin de toute cette chimie, qu’on ne pouvait pas s’en passer, mais on y arrive. Donc c’est faisable »

Les paysans, les premières victimes de l'agriculture chimique

Dominique Hauvette en est sûre : si les paysans étaient aidés et ne subissaient pas de pressions des marchés, tous se tourneraient vers l’agriculture biologique.

« Je suis sûr que tous les vignerons et les agriculteurs qui sont en chimie aujourd’hui, s’ils n’avaient pas les pressions extravagantes du marché sur les épaules, ils y viendraient tous à la bio », assure-t-elle. Selon elle, les agriculteurs ne sont pas déconnectés de la réalité.  Le problème ne vient pas d’eux, sinon des instances politiques qui les enferment dans des modèles irrationnels.

« Ils [les agriculteurs] savent qu’il faut protéger la terre. La terre porte, elle nous nourrit, tout le monde sait qu’il faut la protéger, mais il y en a qui sont dans des circuits où ils ne peuvent pas modifier tous les paramètres et ils ne peuvent pas y venir [à l’agriculture biologique] ».

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Dominique Hauvette démontre que l'agroécologie n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Il nous rappelle que :

  • La protection de la nature ne se fait pas au détriment de la production, mais qu’au contraire, elle en améliore la qualité.
  • L’agroécologie est un modèle économiquement viable.
  • L'épanouissement de l'agriculteur est au cœur du modèle : moins de chimie, c'est plus de fierté et de sens.

Comme Carine Thierry en polyculture-élevage, en Seine-et-Marne, ou Emmanuelle Billard, éleveuse en Bretagne, Dominique Hauvette a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.

Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :

Réalisez en 3 minutes notre test « Agriculture et pesticides : êtes-vous sûr de tout savoir » .

Téléchargez notre livret : Faut-il croire au bio ?

Faut-il vraiment croire au bio ?

Télécharger (format webp - 20 Ko)

Les fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture intensive, fondée sur l’usage des pesticides, s’est imposée. Mais à quel prix ? Épuisement des sols, pollution des eaux, contribution au changement climatique, menace sur la santé des agriculteurs et des consommateurs (maladie de Parkinson ou certains cancers etc…), le bilan est lourd. Selon un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), publié en 2025, 42 % des denrées alimentaires vendues dans l’Union européenne contiennent au moins un résidu de pesticides ! Devant pareil constat : comment protéger sa santé ? Pour vous guider, découvrez ce qu’il faut savoir sur l’usage des pesticides, les résidus et l’effet cocktail ? Découvrez également quels sont les fruits et légumes les plus contaminés et comment mieux les choisir au quotidien.

Rapport

Fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides

Télécharger (format pdf - 770 Ko)

La France, championne européenne de l’usage des pesticides

L’usage des produits phytosanitaires explose au niveau mondial. Selon la FAO, plus de 3 millions de tonnes de pesticides sont déversées dans les champs chaque année, c’est près du double de la consommation de 1990. Derrière ce chiffre se cachent de grandes disparités géographiques.

L’Afrique en utilise 11 fois moins par hectare agricole que l’Amérique du Sud et 5 fois moins que l’Union européenne. Au sein des États membres de l’Union Européenne, la quantité de pesticides est également très variable. Si l’on regarde l’utilisation à l’hectare, certains pays comme Malte (12,74 kg de pesticides par hectare de terres cultivées en 2023), les Pays bas (6,95 kg/ha) et Chypre (6,5 kg/ha) sont les plus gros consommateurs de l’UE. Mais, en valeur absolue, autrement dit en quantité totale pulvérisée, les plus gros consommateurs sont bien :

  • la France,
  • l'Espagne,
  • l'Allemagne et
  • l’Italie 

Être parmi les plus gros producteurs agricoles de l’Union Européenne explique en partie ce mauvais classement, mais il n’en reste pas moins que, rapportée au nombre d’hectares, la consommation de pesticides par ces pays reste au-dessus de la moyenne européenne (2,67 kg/ha). A titre d’exemple, la France en utilise 3,65 kg/ha !

Un rapport du Sénat, publié en 2023, vient confirmer ce statut de « mauvais élève » : la France s’y classe comme le premier pays consommateur de l’Union Européenne et le troisième au niveau mondial, avec plus de 110 000 tonnes consommées par an, dont 90% pour sa seule agriculture.

Pesticides : attention à l’effet cocktail

L’encadrement des pesticides est assuré par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), qui définit notamment les taux de contamination réglementaires autorisés dans les aliments. Malgré tout, la communauté scientifique s’inquiète. La raison : l’effet cocktail, c’est-à-dire le fait de consommer plusieurs substances pesticides en même temps, et dont les impacts sont encore méconnus et mal évalués.

Ce phénomène survient lorsque plusieurs substances chimiques, normalement inoffensives si elles sont prises séparément et à faibles doses, deviennent toxiques une fois mélangées. Ce cumul pourrait multiplier les risques pour la santé humaine.

Une contamination stable mais de plus en plus complexe

Si le taux de contamination des aliments n’a que peu évolué depuis les années 2000, le rapport de l’EFSA indique aussi que la nature de la contamination a radicalement changé. Le rapport montre notamment que :

  • Le nombre d’aliments contaminés par plusieurs substances actives a doublé en 25 ans.
  • Le nombre d’aliments contaminés simultanément par plusieurs substances atteint les 50% des échantillons analysés

Ces résultats corroborent ceux d'une précédente étude, Pesticides : Play it Safe !, menée par l’équipe Affaires publiques européennes de l’agence d’études de marché Ipsos pour le Pesticide Action Network (PAN) Europe, en collaboration avec Générations Futures pour la France.

Des chiffres alarmants pour les produits non bio en France

Les contaminations pourraient même être bien plus élevées en France, selon Générations Futures.

En effet, dans son rapport de 2025, sur les résidus de pesticides dans les aliments non bio consommés en France, l'association constate que la réalité des contaminations des aliments serait bien plus préoccupante que l’étude de l’EFSA ne le montre, avec des niveaux de contamination supérieurs !

Générations Futures révèle que sur 29 fruits et légumes différents et 1912 échantillons prélevés en France en 2023 :

  • 61% d’entre eux présentent au moins 1 résidu de pesticides - qu’ils soient classés perturbateurs endocriniens (PE), Polluants éternels (PFAS) ou Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR).
  • 142 substances actives et classées comme pesticides ont pu être identifiées.

Quels sont les fruits les plus contaminés aux pesticides ?

Toujours selon le rapport de Générations Futures, ce sont les fruits qui paient le plus lourd tribut à l’agriculture chimique :

  • 78% des échantillons de fruits testés contiennent au moins un résidu de pesticides (qu’il s’agisse d’un pesticide perturbateurs endocriniens (PE), un pesticide Polluants éternels (PFAS) ou un pesticides classés Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR), avec des disparités selon les fruits et selon les pesticides détectés).

Certains fruits affichent des taux de contamination quasi systématique. Sur le podium des produits les plus exposés :

  1. La cerise : 98 % des échantillons étaient concernés par au moins 1 résidu de pesticide (PE, PFAS OU CMR).
  2. Le raisin (94 %)
  3. La fraises (93 %)

D’autres fruits, incontournables de notre alimentation, se retrouvent aussi dans ce triste palmarès :

La pomme (89%),

Les agrumes (84%),

Le citron vert (83%)

La poire (82%)

Certains fruits dépassaient même les limites de résidus autorisés (LMR), comme pour la cerise.

Ces résultats français corroborent ceux d’une autre étude, publiée il y a quelques années par l’Environmental Working Group (EWG), une ONG environnementale de Washington. Leurs résultats, basés sur 87.000 tests réalisés entre 2000 et 2009, puis en 2013 et 2014, présentent de grandes similitudes, pointant notamment les fraises, le raisin et les pommes comme fruits les plus contaminés.

Fruits les plus contaminés (98% des cerises échantillonnées contenaient au moins 1 résidu de pesticides)

Les légumes loin d’être épargnés par les polluants chimiques

Si les fruits sont les productions les plus contaminées par les pesticides, les légumes ne sont pas en reste. Toujours selon le rapport de l'association, 53% des légumes analysés présentent au moins un résidu de pesticide. Là encore, tous les légumes ne sont pas logés à la même enseigne, certains affichant un taux de contamination particulièrement élevé.

Parmi les légumes les plus contaminés aux pesticides, on retrouve :

  • Le poivron (74%)
  • L’aubergine (71%)
  • La courgette (59%)

En 2022, L’UFC-Que-Choisir a également publié un observatoire sur les légumes non bio, fondé sur l’analyse de plus de 5 000 aliments, échantillonnés par les autorités françaises en 2020 et 2021. Là encore, les résultats révèlent que :

  • Plus de la moitié des légumes commercialisés en France sont contaminés par au moins un résidu de pesticides.
  • Certains légumes sont même systématiquement contaminés, comme le céleri rave et branche (non étudié dans le rapport de Génération Futures).

Dans un souci de transparence, l’UFC a d’ailleurs mis en ligne les résultats de ses recherches, détaillant avec précision, pour chaque légume observé, les résidus les plus fréquemment détectés. Un travail colossal de collecte de données et une mine d’or pour qui s’intéresse à ce sujet.

Légumes les plus contaminés (91% des endives échantillonnées contenaient au moins 1 résidu de pesticides)

Comment limiter son exposition aux pesticides ?

  1. Choisir des fruits et légumes moins exposés aux pesticides

En agriculture conventionnelle, certaines productions sont moins contaminées que d’autres. Un classement plus « vertueux » a également été dressé par l’UFC-Que-Choisir. On y retrouve entre autres :

  • Le topinambour
  • La betterave
  • L’asperge
  • Le chou
  • Le maïs doux
  • L’oignon
  • La patate douce
  • Le kiwi
  • La papaye
  • L’ananas
  1. Mettre en place des gestes « barrières »

Pour les aliments issus de l’agriculture conventionnelle, certains bons gestes sont à respecter de manière si possible systématique en cuisine. Ces « gestes de précaution » ont été décrits par Laurence Gamet-Payrastre, chargée de recherches à l’INRAE, dans son étude sur les impacts d’une exposition chronique aux pesticides via notre alimentation.

  • Laver et éplucher ses légumes

En effet, le lavage permet d’éliminer efficacement les composés présents en surface des végétaux. Le lavage sera d’autant plus efficace que sa durée sera prolongée. Il est donc préférable d’immerger ses fruits et légumes quelques minutes, plutôt que de les rincer rapidement.

De même, éplucher ses légumes permet de réduire le risque en éliminant les composés contenus dans la peau des légumes.

Mais cette technique reste aléatoire selon les fruits et légumes, car nombre de pesticides se retrouvent dans la chair des produits, voire en leur cœur, comme pour la pomme.

  • Utiliser des traitements thermiques (pasteurisation, cuisson, appertisation)

Certaines techniques de cuisson et de conservation des légumes sont également efficaces. Dans son étude, la chercheuse de l’INRAE explique que « la diminution des teneurs en résidus de pesticides au cours du traitement thermique peut être due à l’évaporation, la co-distillation, la dégradation thermique qui varient en fonction de la nature chimique du pesticide ».

L’agriculture biologique, la meilleure solution pour éviter la contamination aux pesticides via note alimentation

Pour éviter la contamination aux pesticides, la meilleure solution pour restent sans aucun doute la consommation de produits issus de l’agriculture biologique. A ce sujet, la recherche scientifique fait consensus, et de nombreuses études en témoignent :

  • Le rapport 2025 de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) :

Parmi les échantillons que l'agence a pu analyser, ceux issus de l’agriculture biologique présentent des taux de contamination aux pesticides bien inférieurs aux produits conventionnels :

  • 82,8 % des échantillons bio ne contiennent aucun résidu quantifiable.
  • 17,2 % des échantillons présentent des taux de résidus très faibles, probablement due à une contamination non intentionnelle via l’environnement (les pesticides se retrouvant aujourd’hui dans notre air et notre eau de pluie).
  • L’étude française Nutri-Net Santé

L’une des études les plus reconnues sur le sujet, l’étude française Nutri-Net Santé, Évaluation des trajectoires d’évolution des pressions environnementales liées à l’alimentation sur huit années dans la cohorte NutriNet-Santé, ayant suivi de manière méticuleuse et systématique l’alimentation quotidienne d’une cohorte de plusieurs milliers de personnes volontaires, a également mis en évidence des résultats similaires. Elle indique que les taux de diabète et de certains cancers, en particulier les lymphomes, étaient fortement réduits, voire très fortement réduits chez les publics consommant plus de produits biologiques.

De même, il est aujourd’hui avéré que l’exposition des femmes enceintes aux pesticides, y compris à des doses relativement faibles, à un impact sur la construction cérébrale des enfants à naître et peut entrainer chez les nourrissons des troubles autistiques, des retards mentaux ou des déficits d’attention.

Enfin, une autre étude, menée cette fois sur des étudiants volontaires (hommes et femmes) durant cinq semaines seulement, afin d’évaluer les effets de la consommation d’aliments biologiques par rapport à la consommation d’aliments conventionnels, parvient à des résultats similaires.

En à peine un mois, le changement de consommation des étudiants, passant d’une alimentation conventionnelle à une alimentation biologique, a permis de réduire de plus de 90% leur exposition aux pesticides.

L'agriculture biologique reste donc la seule solution efficace pour limiter son exposition aux résidus de pesticides à travers son alimentation.

Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :

Réalisez en 4 minutes notre test « Agriculture et pesticides : êtes-vous sûr de tout savoir » .

Salon de l’Agriculture 2026 : Découvrez les 3 conférences de la FNH

Placée sous le signe des « Générations solutions », la 62ème édition du Salon International de l’Agriculture se tiendra du 21 février au 1er mars 2026. La Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) y renouvelle sa présence pour porter haut les enjeux de souveraineté alimentaire et de commerce juste. Cela sera aussi l'occasion de fêter les 10 ans de Mon Restau Responsable®, notre dispositif d'accompagnement pour une restauration collective durable.

Pourquoi venir nous rencontrer au Salon de l’Agriculture cette année ?

Face aux risques économiques et écologiques des derniers accords de libre-échange et de ceux à venir (Inde, Australie), la FNH présentera ses pistes pour poser les bases d’un nouveau commerce international, favorable aux agriculteurs et permettant d’atteindre une véritable souveraineté alimentaire des États.  

Programme de nos 3 conférences thématique à ne pas manquer :

Agriculture et alimentation : comment reprendre la main au niveau européen ?

📅 Date : Mardi 24 février à 15h30
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenants : Thomas Uthayakumar, Directeur des programmes et du plaidoyer (FNH), Loïc Madeline, Co-President de la FNAB, et Helene Quéau, Directrice Mission France chez ACF

Si l’Union Européenne et les traités de libre-échange qu’elle ratifie sont souvent désignés comme la source principale des maux de l’agriculture française, la FNH rappelle que la France a une grande part de responsabilité dans ces accords.

Grâce à la mobilisation citoyenne et agricole de ces dernières semaines, le rejet du Mercosur (avec la saisine de la CJUE), ainsi que l’exclusion des produits agricoles dans le cadre de l’accord UE/Inde sont une victoire, envoyant un message clair aux représentants politiques : il est urgent de repenser notre commerce international pour protéger nos agriculteurs et favoriser la transition écologique.

Derrière les discours protecteurs tenus par nos élus, cette table ronde lèvera le voile sur les positions réelles de la France et son rôle dans dérégulation de notre agriculture.

Mon Restau Responsable : 10 ans au service d’un achat responsable

📅 Date : Mercredi 25 février à 10h
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenants : Sarah Pecas, Directrice de la mobilisation des acteurs du territoire (FNH), Dominique Francon, Conseiller de la présidente du CNOUS, Clément Tournier, Directeur adjoint de Pôle (Tables Communes), Marie-Cécile Rollin, Directrice Générale du Restau’Co

Retour sur les 10 ans de la démarche Mon Restau Responsable®. L’occasion de découvrir les effets bénéfiques du dispositif dans l’amélioration des repas des convives et la structuration de filières agricoles durables et rémunératrices pour les agriculteurs.

Cette table ronde présentera les résultats des études d’impact, réalisées au sein des restaurants du CNOUS, et les progrès accomplis en termes d’approvisionnement durable et de satisfaction des convives.

Du libre-échange au juste échange, la politique commerciale européenne face à l'enjeu de la souveraineté alimentaire.

📅 Date : Jeudi 26 février à 17h
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenant : Enzo Armaroli, Responsable Agriculture (FNH), Blaise Desbordes (MH) / Fanny Métrat (Porte-parole de la Confédération Paysanne et éleveuse ovine)

Si l'accord UE-Mercosur cristallise les oppositions, la FNH rappelle que les impasses liées au commerce international ne sont pas une fatalité. Les accords de libre-échange peuvent et doivent devenir un levier pour la transition écologique, et conduire à une véritable souveraineté alimentaire des États.

Cette table ronde rappellera les priorités et les inquiétudes du monde agricole et des citoyens, résultats du dernier sondage réalisé par la FNH.

Afin de répondre ces préoccupations, nous détaillerons notamment le concept de juste-échange, ainsi les pistes et mécanismes concrets qui permettraient de les mettre en œuvre à grande échelle.

conférence

Nouvelle loi Duplomb : chronique d’un acharnement législatif qui ne résout rien

Malgré des manifestations sans cesse renouvelées, une mobilisation citoyenne inédite à l'été 2025 et les alertes répétées des scientifiques, le monde agricole reste en crise. Pourquoi ? Tout simplement parce que les réponses politiques ne s’attaquent pas aux causes structurelles du malaise agricole. dérégulation, allègement de normes, levée des contraintes, les mêmes solutions sans cesse remise sur la table sont sans effet durable sur la situation des agriculteurs. Explications.

Nouvelle loi Duplomb :  l'analyse critique de la FNH

Depuis 2023, une succession de rendez-vous manqués. Présentée comme un texte structurant pour préparer l’avenir du secteur, la  Loi d’Orientation et d’Avenir Agricole (LOA) de 2023 devait porter une vision de long terme : installation, transition agroécologique, souveraineté alimentaire. Mais elle a été retardée, réécrite, puis affaiblie. Face à la mobilisation agricole, elle s’est transformée en une série de concessions rapides, sans cap stratégique clair.

En 2024, devant une colère agricole persistante, le gouvernement a engagé une procédure accélérée sur la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb. Ce texte, en se limitant à des propositions simplistes et inefficaces, comme la facilitation de l'agrandissement des élevages ou la réautorisation de pesticides néonicotinoïdes interdits depuis plusieurs années, n'a pas permis de construire des réponses structurelles attendues par les agriculteurs.

Pire, face à de tels reculs environnementaux et sanitaires, une pétition citoyenne a rassemblé plus de deux millions de signatures pour dénoncer l’affaiblissement des protections sanitaires et environnementales, notamment sur les pesticides. Un signal démocratique majeur, inédit sur la plateforme de l’Assemblée nationale, mais qui n’a pas infléchi le processus législatif ni le contenu du texte final.

Loi Duplomb et loi d'urgence : sortir des mesures de court-terme

Le Sénateur Duplomb a proposé un nouveau texte pour réautoriser 2 néonicotinoïdes et le Premier ministre a quant à lui proposé une loi d'urgence agricole, d'ici à la fin février, articulée autour de 3 axes :

  • la gestion de  l'eau,
  • la prédation,
  • les moyens de production.

Dans le même temps, à Bruxelles, le projet d’Omnibus agricole et alimentaire suit la même logique. Présenté comme un texte technique de simplification, il ouvre en réalité la voie à un affaiblissement critique des règles d’autorisation, d’usage et de contrôle des pesticides en Europe.

La généralisation des mesures de “simplification” comme seule réponse ignore malheureusement à la fois les enjeux de fond et les demandes formulées par le monde agricole :

  • une meilleure répartition de la valeur,
  • une concurrence loyale et
  • des moyens pour la transition et l’adaptation des systèmes de production aux défis climatiques.

Le débat agricole ne peut plus se résumer à un bras de fer entre compétitivité et contraintes.

Ces propositions politiques illustrent que les décideurs publics privilégient des mesures inefficaces et à rebours des attentes exprimées par les agriculteurs eux-mêmes.

Je soutiens la FNH, je fais un don

 

Dans un sondage Odoxa pour la FNH publié en novembre 2025 est pourtant clair.

L'usage des engrais et pesticides préoccupe 81% des agriculteurs et 82% d'entre eux sont prêts à réduire ces intrants si la réciprocité des normes (les mesures miroirs) est mise en œuvre. De même, 93% des Français sont alignés avec ces demandes.

Près d’un agriculteur sur deux ne se sent toutefois pas suffisamment accompagné pour aller vers l’agroécologie. Enfin, tous affirment que le blocage est politique et que le manque de vision conduit à l’immobilisme.

La Fondation pour la Nature et l’Homme porte de longue date 3 mesures

Ces mesures pourraient, si elles étaient mises en place, répondre aux revendications agricoles sans opposer agriculture et environnement :

  1. Un meilleur partage de la valeur
  2. Atteindre une part minimale de produits accessibles issus de l’agriculture biologique dans la grande distribution et la restauration collective ;
  3. Mettre en oeuvre des mesures miroirs afin de garantir que les produits importés respectent les normes européennes et ne freinent plus la transition agroécologique ;

Distorsion de concurrence : pourquoi le gouvernement rate le coche des mesures miroirs.

Pourquoi réguler seulement 4 pesticides ? Et pourquoi seulement sur certains fruits et légumes et pas d’autres denrées alimentaires ? Alors que le gouvernement déclare vouloir prendre un arrêté restreignant l'importation de produits sud-américains contenant certains pesticides interdits en Europe, la Fondation pour la Nature et l’Homme alerte : si l'intention semble louable, elle est loin de répondre de manière systémique aux enjeux soulevés par les agriculteurs qui manifestent encore aujourd’hui, notamment à l’approche de la ratification de l’accord avec le Mercosur. Pourquoi cette mesure n’arrangera pas grand chose ? Notre éclairage en 3 questions clés : 

1. Cette mesure est-elle efficace pour protéger les agriculteurs de la concurrence déloyale venant du MERCOSUR ? NON 

  • Dans le cas du Mercosur, les importations se concentrent sur d’autres produits : soja, viande bovine, volaille, sucre ou maïs. Cette mesure n’aura donc que peu d’effet sur l’Accord au cœur de la colère actuelle. 
  • Une telle mesure ignore complètement d’autres enjeux tout aussi importants que les normes européennes encadrent : alimentation des animaux, déforestation, protection du bien-être animal, utilisation d’OGM… Sans prise en compte de ces autres enjeux, la concurrence déloyale perdurera et freinera tout effort de transition.
  • La concurrence déloyale se joue à toutes les étapes de la production et pas seulement lors des contrôles douaniers. Ne pas retrouver de résidus dans un aliment ne signifie pas que ce produit n’a pas été utilisé en production, générant des coûts moins élevés, dans le pays exportateur, donc une concurrence déloyale en France.

2. Cette mesure protégera-t-elle efficacement les consommateurs des pesticides dangereux ? NON PLUS

  • Il existe au moins 72 pesticides interdits dans l’UE pour lesquels des résidus sont tolérés dans les produits importés. Or, la mesure ne concerne que 4 substances pesticides (mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime) utilisés sur une dizaine de denrées agricoles (melons, cerises, fraises ou pommes de terre par exemple). Cela signifie donc que l’on reste aveugle sur d’autres pesticides dangereux possiblement utilisés sur les melons, les fraises ou les pommes de terre importés d’Amérique du Sud ou d’ailleurs.
  • Cette mesure fait l’impasse sur près de 80% des importations agroalimentaires de l’UE qui viennent d’autres pays que ceux du continent sud-américain. En effet, les produits importés d’Amérique du Sud ne sont pas les seuls à ne pas respecter les normes environnementales et sanitaires européennes et la majeure partie des aliments issus des pays tiers peuvent être concernés.

3. Cette mesure répond-elle aux demandes des agriculteurs et des citoyens ? PAS PLUS. 

Notre récent sondage réalisé avec Odoxa en novembre 2025 montre que 86% des agriculteurs demandent la mise en œuvre de mesures miroirs systémiques pour mieux protéger leur santé et celles des consommateurs. 82% des agriculteurs seraient même, grâce à leur mise en place, davantage disposés à réduire l’usage de produits phytosanitaires et à faire d’autres efforts en faveur du bien-être animal, de la réduction des usages des antibiotiques et des médicaments vétérinaires…

Limiter les importations de certaines denrées traitées avec certains pesticides n’est donc pas une réponse politique satisfaisante. Pour être vraiment efficace, le principe des mesures miroirs doit devenir la règle pour toutes les substances interdites, tous les pays tiers et toutes les denrées agricoles, plutôt qu’une mesure partielle et cosmétique visant à calmer la colère à court terme. 

FOIRE AUX QUESTIONS:

1️⃣ Pourquoi les mesures miroirs sont-elles nécessaires face à la distorsion de concurrence ?

Les mesures miroirs garantissent que les produits importés respectent les mêmes normes environnementales et sanitaires que ceux produits en UE, évitant une concurrence déloyale qui fragilise les filières agricoles locales. Elles permettent également de mieux protéger la santé des consommateurs et la sécurité alimentaire. 

2️⃣ Comment les mesures miroirs renforcent-elles la souveraineté alimentaire ?

En conditionnant les importations au respect de normes équivalentes, elles limitent la dépendance aux produits venant de pays tiers et soutiennent la production locale, essentielle à une politique agricole commune cohérente. 

3️⃣ Peut-on parler de concurrence déloyale sans mesures miroirs ?

Oui — sans réciprocité des normes, des produits fabriqués avec des règles moins strictes entrent sur le marché européen, réduisant la compétitivité des produits nationaux et mettant à mal des agriculteurs respectant des normes plus exigeantes. 

4️⃣ Quels sont les risques d’une mesure partielle liée aux pesticides ?

Limiter les importations à quelques pesticides ciblés ne couvre pas l’ensemble des substances interdites et laisse passer des produits qui continuent de générer une concurrence déloyale en profitant d’un cadre réglementaire moins strict.

5️⃣ Quelles différences entre clause miroir et mesure miroir ?

Une clause miroir est intégrée dans un accord de libre-échange bilatéral, tandis qu’une mesure miroir est une règle unilatérale applicable à toutes les importations, garantissant une réciprocité des normes sur tous les produits concernés.

6️⃣ Quels produits agricoles sont particulièrement concernés par les distorsions ?

Des filières comme le soja, la viande bovine ou la volaille, importées en grande partie de pays tiers sans normes strictes, subissent de plein fouet ces distorsions de concurrence. 

7️⃣ Pourquoi les agriculteurs manifestent-ils à propos des mesures miroirs ?

Parce qu’ils estiment que seule une application systématique de ces mesures permettrait d’assurer une concurrence équitable avec les produits importés, protégeant leurs revenus et soutenant leur transition agroécologique. 

8️⃣ Comment les mesures miroirs influencent-elles la politique commerciale ?

Elles obligent à réconcilier les objectifs commerciaux avec les normes agricoles et environnementales, évitant que des accords comme avec le Mercosur favorisent des pratiques moins durables. 

9️⃣ Quelles normes sont visées par les mesures miroirs ?

Elles couvrent les normes sanitaires, environnementales, de bien-être animal, et de traçabilité, pour garantir que les produits importés ne profitent pas d’un deux poids, deux mesures. 

🔟 Quels bénéfices pour les consommateurs ?

Les consommateurs bénéficient d’une meilleure sécurité alimentaire, car les produits respectent des standards stricts protégeant la santé et l’environnement.

Sondage : 82% des agriculteurs prêts à réduire les pesticides grâce aux mesures miroirs

Un sondage Odoxa pour la FNH révèle une tendance de fond : si les produits importés étaient soumis aux mêmes règles de production qu'en Europe, 82% des agriculteurs accepteraient de réduire les pesticides. Ce message résonne comme une alerte alors que l'UE s'apprête à ratifier l'accord UE-Mercosur et que la Ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, prône la souveraineté alimentaire.

Alors que l'Union Européenne semble renoncer à ses ambitions de transition en simplifiant l'usage des pesticides pour favoriser la compétitivité mondiale, ce sondage exclusif réalisé par Odoxa pour notre Fondation en novembre 2025 change la donne. Il montre que l'usage des engrais et pesticides préoccupe 81% des agriculteurs. Plus marquant encore : 82% d'entre eux sont prêts à réduire ces intrants si le mécanisme de réciprocité des normes (les mesures miroirs) est mis en œuvre. Cette volonté est soutenue par 93% des Français. Pourtant, le blocage persiste du côté politique : manque de vision et accompagnement insuffisant vers l'agroécologie sont pointés du doigt. Décryptage des résultats.

Santé et environnement : des inquiétudes majeures pour la profession

Loin des idées reçues, les préoccupations environnementales et sanitaires sont désormais au cœur du métier d'agriculteur. Elles ne sont plus perçues comme des contraintes externes, mais comme des réalités subies au quotidien.
 
Selon le sondage, deux enjeux dominent :
  • L'impact du changement climatique : 85% des agriculteurs s'inquiètent de la baisse des rendements (46% jugent ce point "très important").
  • La santé liée à l'usage des pesticides : 81% des agriculteurs sont préoccupés par l'impact des engrais et pesticides sur leur santé (48% le jugent "très important").
Ces sujets se classent désormais parmi les principaux facteurs de tension, juste derrière les normes administratives (90%), la charge mentale (89%) et la viabilité économique (87%). Ils devancent même des problèmes structurels comme la transmission des fermes  (78%) ou le manque de main-d'œuvre (74%).

La responsabilité sanitaire : un devoir partagé

Les agriculteurs ne fuient pas leurs responsabilités. 87% d'entre eux estiment que leur rôle vis-à-vis de la santé des consommateurs est important (dont 55% très importante). Une conscience professionnelle qui rejoint parfaitement les attentes des citoyens : 87% des Français jugent également cette responsabilité cruciale (41% la jugent "très importante").
 
Ce consensus entre producteurs et consommateurs forme une base solide pour faire évoluer les pratiques et les politiques publiques.

Les mesures miroirs : une solution plébiscitée par 90% des agriculteurs

Si la connaissance technique du dispositif des mesures miroirs reste imparfaite (seuls 21% des agriculteurs savent précisément ce que sont les mesures miroirs), l'adhésion est massive une fois le concept expliqué.
 
L'idée d'imposer aux produits importés les mêmes interdictions sanitaires et environnementales qu'en Europe séduit toutes les filières :
  • 56% d'adhésion en grandes cultures ;
  • 55% en élevage ;
  • 49% dans les cultures spécialisées.
Côté grand public, le plébiscite est total : 93% des Français jugent les mesures miroirs importantes, et 55% les considèrent même comme prioritaires.
 

Pourquoi les mesures miroirs sont-elles jugées vertueuses ?

Pour les agriculteurs interrogés, ce mécanisme de réciprocité permettrait un rééquilibrage global :
  • Amélioration de la santé : 83%
  • Compétitivité et "Made in France" : 81%
  • Protection de l'environnement : 80%
  • Meilleure rémunération : 77%

Télécharger le sondage

Les mesures miroirs : Regard des agriculteurs et du grand public

Télécharger (format pdf - 569 Ko)

Une condition sine qua non pour la transition agroécologique

C'est l'enseignement majeur de ce sondage : l'équité des normes débloque l'engagement écologique. Si les mesures miroirs étaient appliquées, 82% des agriculteurs se disent disposés à réduire l'usage des engrais et pesticides. Pour 34% d'entre eux, c'est même une certitude.
L'effet d'entraînement profiterait à d'autres pratiques durables :
  • 90% des éleveurs seraient prêts à améliorer le bien-être animal et réduire les antibiotiques.
  • 80% des agriculteurs accepteraient de déployer des infrastructures agroécologiques (haies, jachères).
  • 73% seraient favorables à la diversification des cultures.
  • 67% s'engageraient davantage dans des certifications (Bio, HVE, Label Rouge).

Ce qui bloque : le manque de courage politique

Si les agriculteurs et les consommateurs sont alignés, pourquoi la situation n'évolue-t-elle pas ? Les répondants identifient clairement les freins :
  1. Le manque d'engagement des responsables politiques (cité par 51%).
  2. La faible considération pour le monde agricole (47%).
Les craintes économiques (hausse des prix, représailles commerciales) ou juridiques arrivent loin derrière.
 

L'analyse de la FNH

Pour Thomas Uthayakumar, directeur des Programmes et du plaidoyer de la FNH, l'urgence est politique :
« Ce sondage montre clairement le décalage entre ce qui préoccupe les agriculteurs et les citoyens, et des décisions politiques comme la PPL Duplomb ou l'Accord UE-Mercosur. Ces textes favorisent l’usage de pesticides dangereux et la concurrence déloyale. Le combat ne doit pas se résumer à refuser le Mercosur : c’est toute notre manière de commercer qui doit radicalement changer. Les mesures miroirs sont un premier maillon essentiel pour passer d’un libre-échange débridé à un juste-échange gagnant-gagnant pour la planète, la santé et les agriculteurs. »

Pourquoi et comment accompagner les agriculteurs vers la réduction des pesticides ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture intensive, fondée sur les pesticides, s’est imposée pour assurer l’autonomie alimentaire. Malheureusement, ce modèle d’agriculture a montré ses limites : il épuise les sols, pollue l’eau, menace la santé des agriculteurs, des consommateurs et contribue fortement au dérèglement climatique. Il contribue également à l’effondrement de la biodiversité, dont les pollinisateurs, pourtant essentiels à 80 % de notre alimentation. Et, malgré ses coûts écologiques et sociaux colossaux, ce modèle intensif peine à assurer un revenu décent aux paysans. À la Fondation, nous travaillons donc à construire un modèle agricole basé sur l’agroécologie qui répare ces injustices et protège la nature. Pour y parvenir, nous soutenons le changement de modèle.

Pesticides de synthèse : pourquoi est-il si important de les réduire ?

Les effets négatifs de l’utilisation des pesticides sont aujourd’hui largement démontrés et documentés par les scientifiques. Ces effets concernent d’abord les agriculteurs eux-mêmes, qui voient le risque de développer certaines maladies graves augmenter, suite à leur exposition répétée à ces substances de synthèse. Ils concernent également la santé des consommateurs, les pesticides étant fortement présents dans l’air que nous respirons, dans nos sols et donc dans notre nourriture et l’eau que nous consommons.

L’utilisation de pesticides de synthèse est également reconnue comme étant l'un des facteurs principaux expliquant l'effondrement de la biodiversité et notamment des insectes pollinisateurs, dont notre production agricole dépend fortement. 

Face à ces constats largement partagés dans le débat public, plusieurs politiques publiques ont été mises en place afin de réduire leur usage. La stratégie Ecophyto 2030 vise notamment à réduire de 50% l’usage des pesticides. Mais force est de constater leurs échecs, aucune trajectoire significative de baisse de l’utilisation de pesticides n’étant observable en France.

De plus, la France comme les autres pays européens, continue d’importer des produits agricoles cultivés avec des substances interdites chez nous. L’absence de mesures de réciprocité de normes sanitaires et environnementales avec les pays tiers comme la Nouvelle Zélande, le Canada, l'Indonésie ou les pays du Mercosur continue ainsi d’exposer certaines filières à une concurrence déloyale, et les consommateurs à des risques sanitaires. 

Comment agissons-nous pour réduire l’usage des pesticides ?

La FNH se mobilise pour que la France se donne les moyens de réellement engager cette trajectoire de réduction de pesticides. Nous agissons pour faire évoluer les politiques publiques afin qu’elles se mettent en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des pesticides. 

  • Nous menons des études pour montrer qu’il est essentiel et urgent que les financements destinés à l’agriculture, publics comme privés, prennent en compte cet impératif de réduction des pesticides, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
  • Nous plaidons pour que le plan Ecophyto conserve son ambition, et soit doté de moyens financiers adaptés pour identifier des alternatives et accompagner les agriculteurs. En effet, changer de pratiques coûte cher, et nous souhaitons démontrer les bénéfices collectifs que ces changements de pratique peuvent apporter. Nous plaidons donc également pour que des moyens techniques et financiers soient mobilisés pour développer et soutenir des alternatives, notamment l’agriculture biologique, afin que ces changements ne pèsent pas uniquement sur les agriculteurs.
  • Nous agissons pour instaurer le principe de “mesures-miroirs” dans la réglementation européenne, afin que les produits importés respectent nos standards en termes d’utilisation de pesticides. Nous mobilisons ainsi les décideurs politiques (eurodéputés, parlementaires français, gouvernement…) afin de les convaincre de mettre en cohérence la politique commerciale européenne et les objectifs en matière de transition écologique et sociale.
  • Nous demandons que les accords de libre-échange, comme le MERCOSUR, ne soient pas adoptés en l’état, car ils ne contiennent pas de garantie suffisante pour protéger certaines filières agricoles ni pour limiter les impacts environnementaux dans les pays européens comme dans les pays exportateurs.
  • Nous sensibilisons et mobilisons également les citoyens, afin qu’ils s’emparent de ce sujet et comprennent comment les mesures-miroirs peuvent être un outil au bénéfice des agriculteurs et de la transition écologique et sociale.

Zoom sur nos dernières actions et publications

Découvrez notre Livret : “Comment agir pour les agriculteurs et la planète ?” 

Du riz traité au paraquat, du bœuf dopé aux antibiotiques promoteurs de croissance, des pâtes à tartiner contenant des noisettes traitées avec plus de 4 pesticides interdits en Europe… Ce livret donne les clés pour comprendre comment ces produits se retrouvent aujourd’hui dans nos assiettes, quels sont les impacts pour la planète, les agriculteurs et les consommateurs, ainsi que les moyens d’agir face à cette situation.

Comment agir pour les agriculteurs et la planète ?

Télécharger (format pdf - 4 Mo)

Plongez-vous dans notre Étude : « Pourquoi est-il urgent de mettre en place des mesures-miroirs ?”

Dans ce rapport conjoint avec l’Institut Veblen et Interbev, nous proposons l’adoption de mesures miroirs afin d’imposer les normes environnementales et sanitaires européennes aux produits importés depuis les pays tiers. Cette étude s’appuie sur 5 études de cas (soja, noisette, riz, viandes ovine et bovine), et illustre la situation concrète de ces différentes filières agricoles face à la concurrence de produits importés depuis des pays en dehors de l'UE, ayant des normes environnementales et sanitaires moins exigeantes. 

Pourquoi est-il urgent de mettre en place des mesures-miroirs

Télécharger (format pdf - 3 Mo)

Soutenez notre actions de mobilisation #CequiNousRapproche pour dire stop à l'importation d'aliments produits selon des pratiques interdites en Europe.

Cette action a été lancée début 2024, alors que de nombreux agriculteurs manifestaient dans les rues européennes. Cette campagne, qui donne largement la parole à des agriculteurs et agricultrices engagés, démontre qu’il est possible de cultiver ou élever des animaux en préservant le vivant, mais que cela nécessite un cadre protecteur.

Notre pétition citoyenne pour demander l’introduction de mesures-miroirs a déjà recueilli plus de 100 000 signatures.

petition pour les agriculteurs la planète et nous

Pourquoi et comment favoriser la consommation de produits bio et sans pesticides ?

Vitale, l’alimentation coûte de plus en plus cher. Cher au climat, puisqu’elle engendre 22 % des émissions de gaz à effet de serre en France, 3ᵉ poste le plus émetteur après le transport (30 %) et le logement (23 %). Cher à la biodiversité, l’usage des pesticides de synthèse étant responsable de la disparition de très nombreuses espèces et de la perte de fertilité des sols. Mais aussi cher à notre portefeuille et  notre santé : les pathologies liées à l’alimentation comme certains cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, surpoids ou obésité représentant 80 % des causes de décès prématurés. Malgré tout, changer de pratiques alimentaires n’a rien d’évident, ni à la maison, ni en restauration collective. C’est là que nous intervenons. 

Pourquoi est-il vital pour la planète et notre santé d’encourager l’agriculture biologique ?

L’agriculture biologique est le mode de production qui présente le plus de bénéfices pour la santé humaine, la qualité des sols, les ressources en eau, la biodiversité et le bien-être animal. C’est également une agriculture moins émettrice de gaz à effet de serre et plus résiliente face aux impacts du dérèglement climatique. Il est donc essentiel de développer cette agriculture en France. Plusieurs stratégies gouvernementales ont d’ailleurs fixé l’objectif d’atteindre 21% de surface agricole utile (SAU) en bio d’ici 2030

Or, aujourd’hui, avec seulement 11 % de notre SAU en bio, nous sommes loin du compte ! Et depuis 2022, la filière a traversé une crise sans précédent : les surfaces en première année de conversion ont chuté de 40 % et, en 2023, les pertes économiques pour les agriculteurs biologiques ont été estimées entre 250 et 300 millions d’euros.

Comment sortir de cette impasse ? Quelle hausse de la consommation est nécessaire pour réactiver la filière ? Quels débouchés faut-il créer ?

C'est à ces questions prioritaires que nous travaillons.

Comment agissons-nous pour favoriser un changement de pratique à la cantine et à la maison ?

Pour permettre à chacun et chacune de manger plus sain au moins une fois par jour, quels que soient ses moyens, tout en favorisant le soutien au développement de filières bio et locales, nous avons identifié, dès 2007, la restauration collective (cantines scolaires, restaurants universitaires, d’hôpitaux, d’EPAHD…), et ses 3,8 milliards de repas servis chaque année en France, comme un formidable levier à activer. 

Mais il n’est pas simple, quand on est un restaurant collectif, de faire évoluer ses recettes, ses fournisseurs, sa manière de cuisiner et de former ses équipes… tout cela dans un budget de plus en plus restreint.

Pour accompagner tous les acteurs de la restauration collective à faire évoluer leurs pratiques, nous avons créée en 2016, avec le réseau Restau’Co - avant la mise en place de la loi EGAlim (2018) qui pose l’objectif de 50% de produits durables, dont 20% de produits bio dans les assiettes - la démarche Mon Restau Responsable®.

Mon Restau Responsable®, c’est quoi ?

Mon Restau Responsable®, c’est une méthode originale, gratuite, qui permet à tous types de cantines, en gestion directe ou concédée, et de tous secteurs d’entrer dans une démarche de progrès, sur la durée, dans une logique gagnant-gagnant pour le personnel de cuisine, les convives et le territoire. 

Cette démarche s’appuie sur 4 piliers : le bien-être des convives, l’assiette responsable, les éco-gestes et l’engagement social et territorial. 

Pas de note, de label ou de classement, il s’agit d’une méthode évolutive, basée sur un système participatif de garantie qui privilégie la concertation entre les différents acteurs locaux impliqués : 

  • Tout commence par une séance publique à l’occasion de laquelle l’établissement présente ses engagements face à ses parties prenantes : convives, producteurs, distributeurs, associations, élus, etc. 
  • Par la suite, le restaurant organise tous les deux ans une séance de garantie, au cours de laquelle il fait valider, par ses parties prenantes le respect des engagements pris et il en présente de nouveaux. C’est bien le public présent, premier concerné par les promesses prises par le restaurant, qui est garant du respect des engagements !

Neuf ans après la mise en place de Mon Restau Responsable®, la démarche poursuit son développement avec plus de 2000 sites de restauration engagés partout en France. Ce sont ainsi 130 millions de repas bio, sains et durables servis chaque année, avec une part croissante de produits locaux et de saison. 

Nous travaillons aux côtés d’une grande diversité d’acteurs de la restauration collective, à commencer par les cantines scolaires, de la crèche au lycée, des hôpitaux, des EPAHD, des entreprises, des administrations ainsi que des universités, avec l’objectif d’engager tous les CROUS de France dans la démarche en 2025. 

En parallèle de l’accompagnement des cantines, et dans l’objectif d’aider celles et ceux qui consomment des produits bio, locaux et sans pesticides une fois par jour à la cantine, à le faire aussi à la maison, nous travaillons à la création d’un nouveau dispositif de mobilisation citoyenne à destination des familles. Nous publions également des livrets d’informations grand public pour vous donner toutes les clés pour mieux s’alimenter 365 jours par an.

Enfin, nous menons des échanges avec les enseignes de la grande distribution pour identifier des leviers afin qu’elles soutiennent davantage l’achat de produits bio en magasin et menons des actions de plaidoyer pour maintenir les objectifs nationaux en matière de SAU bio dans nos politiques publiques.

Zoom sur nos dernières publications

 Découvrir notre Étude “Achats de bio en baisse : quel rôle de la grande distribution ?” 

Nous avons étudié les stratégies en matière de bio des 8 principales enseignes de la grande distribution, qui représentent près de 60% des ventes de produits alimentaires et orientent fortement les choix des consommateurs. Et le constat général est que ces stratégies présentent des insuffisances importantes : aucun objectif chiffré en matière de vente de produits bios, une part d’offre en bio en diminution, des écarts de prix entre bio et conventionnel très variables entre les enseignes ou encore des investissements en matière de communication insuffisants en ce qui concerne les produits bios. Face à ce constat, le rapport identifie des actions concrètes à mettre en place par les acteurs de la grande distribution, et demande également à l’Etat de mettre en place des politiques publiques de soutien afin que l’AB trouve toute sa place dans les rayons de nos grandes surfaces.

Achats de bio en baisse : quel rôle de la grande distribution ?

Télécharger (format pdf - 3 Mo)

Se plonger dans notre étude : « Agriculture bio : quels débouchés pour sauver la filière ? » 

Alors que la consommation de produits bio tend à s’essouffler, la FNH montre dans ce rapport qu’il est nécessaire de mobiliser l’ensemble des secteurs pour créer les débouchés nécessaires à la relance de l’agriculture biologique. En effet, les politiques publiques ciblent actuellement principalement la restauration collective, mais cela ne suffira pas : il est également nécessaire de mobiliser la restauration commerciale et la consommation à domicile. La FNH propose ainsi des recommandations et une feuille de route, jalonnée, pour atteindre les objectifs de la France d’ici 2030 en matière de surface agricole utile en bio. 

Agriculture bio : quels débouchés pour sauver la filière ?

Télécharger (format pdf - 1 Mo)

Alors que la moitié des Français estiment manquer d’informations sur la bio et ses véritables bénéfices pour la santé et l’environnement, nous proposons un petit livret qui reprend les grands préjugés que nous entendons le plus souvent et nous y apportons des réponses concises : l’agriculture bio utilise-t-elle des pesticides ? Les labels bio sont-ils uniquement des outils marketing ? Quelles différences entre le bio français et espagnol ?

5 questions pour comprendre : Faut-il vraiment croire au bio?

Télécharger (format pdf - 2 Mo)

Stop au libre-échange : repensons le commerce mondial grâce aux mesures-miroirs !

Dans l’émission Sur le Front diffusée ce lundi 10 novembre sur France 2, Hugo Clément s’intéresse aux accords de libre-échange qui facilitent une grande partie de nos importations de produits alimentaires produits en dehors de l’Union européenne. Sur le papier, ces accords de libre échange, à l’image de ceux signés avec le Canada ou la Nouvelle-Zélande, visent à faciliter le commerce. Mais dans les faits, ils écrasent nos agriculteurs, ignorent les conditions de production déplorables dans les pays exportateurs, détruisent la biodiversité, amplifient le dérèglement climatique et mettent en danger la santé des consommateurs. L’accord UE-Mercosur, sur le point d’être soumis au vote 27 états-membres de l’EU, est sans doute le plus dangereux d’entre eux. Mais, si refuser le Mercosur est indispensable, à la Fondation, nous restons tout de même convaincus qu’un autre commerce international est possible. Pour y parvenir, commençons par mettre en place des mesures-miroirs.

C’est quoi le problème des accords de libre-échange, en particulier de l’Accord UE-Mercosur dont on parle tant aujourd’hui ?

Sur le Front, l’émission d’Hugo Clément, nous emmène dans les coulisses des accords de commerce qui régissent une grande partie des importations de denrées alimentaires que l’on retrouve tous les jours dans nos assiettes sans le savoir : viande bovine élevée dans des feedlots, nourrie au soja OGM responsable de la déforestation et aux antibiotiques activateurs de croissance, agneaux soumis à des pratiques à l’opposé du bien-être animal, lentilles traitées au glyphosate juste avant la récolte, noisettes pulvérisées avec pas moins de 15 insecticides, dont 4 hautement cancérigènes, interdits en UE parfois depuis 30 ans … etc. Avec Thomas Uthayakumar, directeur des programmes de la FNH, nous avons été aux côtés de l’équipe d’Hugo Clément pour dresser un constat sans appel : la façon dont sont construits les accords de libre-échange est néfaste à tous points de vue et le pire est à venir avec l’accord UE-Mercosur, sur le point d’être soumis au vote.

Mesures miroirs : un levier pour la souveraineté alimentaire

Pourquoi l'accord UE-Mercosur est-il si dangereux ?

Cet accord contourne nos règles et nos valeurs. Non seulement l’accord EU-Mercosur conclu avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay ouvrirait nos marchés à des produits agricoles produits avec des pratiques interdites en Europe :
  • Déforestation pour produire du soja OGM et de la viande bovine à bas coût.
  • Antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance,
  • Conditions d’élevage néfastes pour les animaux ,
  • Pesticides dangereux autorisés,
Mais, cerise sur le gâteau : les produits exportés en France et en Europe (on parle particulièrement de viande bovine) le seraient à des prix imbattables, mettant en concurrence déloyale les agriculteurs européens qui, eux, respectent des normes imposées en Europe depuis des dizaines d’années pour protéger notre santé et les écosystèmes.
 

« Pire encore, ce texte menacerait toute politique future de protection de la nature, du climat et de la santé. Le danger ne vient pas seulement du contenu de l’accord UE-Mercosur, mais de sa logique même » 

Thomas Uthayakumar

Directeur des programmes et du plaidoyer de la FNH

Ce texte contient en effet une disposition qui permettrait aux pays du Mercosur de contester certaines normes environnementales européennes jugées trop contraignantes, au motif qu’elles entravent le commerce prévu dans l’accord. Cette disposition créerait un précédent qui menace l’instauration de futures normes favorables à l'environnement ou à la santé publique.
 
« Autrement dit, cet accord rendrait quasiment impossible pour les pays européens d’aller plus loin dans la protection de l’environnement ou de la santé publique. » explique Thomas Uthayakumar. « Chaque nouvelle loi européenne impactant les importations, qu’elle vise à réduire les pesticides, à améliorer le bien-être animal ou à renforcer la qualité sanitaire, risquerait d’être contestée par les pays du Mercosur au nom de la liberté du commerce. Et chaque fois qu’un pays européen voudrait aller plus loin dans la protection de la nature ou de la santé, il se retrouverait face à une concurrence déloyale. C’est un accord où l’UE est doublement perdante ». 
Comment encourager nos agriculteurs à poursuivre leurs efforts en matière de réduction d’utilisation des pesticides, par exemple, si des produits moins chers et moins-disants inondent le marché ? 
Cet accord porterait un coup fatal à la construction d’une agriculture durable en France et en Europe.

Comment faire dans un contexte de mondialisation ? Faut-il arrêter de commercer ?

La réponse est non. La Fondation n’est pas contre le commerce mondial. « On doit pouvoir continuer à échanger avec d'autres pays, qu’ils soient voisins ou plus éloignés, mais pas n’importe comment, ni sans garde-fous », précise Thomas Uthayakumar. Un accord de libre-échange est aujourd’hui construit pour mettre en concurrence tous les acteurs, c’est la logique “David contre Goliath”. Le plus petit des paysans se retrouve en concurrence avec les plus gros industriels. Cela crée une iniquité sociale et environnementale.  Nous défendons donc le passage d’un libre-échange débridé au juste échange encadré. Et pour cela, le seul instrument qui permette de protéger les agriculteurs, l'environnement et la santé : ce sont les mesures miroirs -déjà utilisées avec succès par le passé- accompagnées de mesures de soutien pour faire évoluer les filières des pays exportateurs.

Les mesures-miroirs : un maillon essentiel pour commercer autrement

Les mesures-miroirs, c’est l’idée selon laquelle les produits agricoles importés en Europe doivent respecter les mêmes règles que celles imposées aux agriculteurs européens, par exemple en matière d’usage de pesticides ou de bien-être animal. Ces règles plus justes permettraient de rétablir une concurrence plus équitable, tout en  encourageant les efforts du monde agricole pour faire évoluer les pratiques vers l’agroécologie. 
 
Les mesures miroirs sont donc un morceau du puzzle indispensable pour poser les bases d’un commerce international plus juste et respectueux de la nature et des Hommes. La Fondation pour la Nature et l’Homme se bat depuis 10 ans pour faire des mesures-miroirs une priorité politique en France et en Europe.

Pour garantir un véritable juste échange, la Fondation plaide aussi pour que les mesures-miroirs soient complétées par des mesures de solidarité internationale.


Pour avoir des mesures-miroirs efficaces, il ne suffit pas de refuser l’importation de produits ne respectant pas nos normes sociales ou environnementales : il faut aussi cesser d’exporter vers d’autres pays des pesticides que nous jugeons trop dangereux pour être utilisés chez nous, mais que nous fabriquons et exportons vers des pays tiers qui les utilisent encore et qui exportent ensuite vers l’UE les denrées alimentaires traitées avec ces mêmes produits !  Lever cette incohérence est également une condition essentielle pour bâtir un commerce international juste et équitable.
 
Et parce que la solidarité ne se résume pas à interdire : la Fondation plaide aussi pour accompagner la transformation  des filières d’approvisionnement agricoles et alimentaires dans les pays partenaires de l’UE. Cela implique d’aider les producteurs à s’engager dans des démarches d’agroécologie et de commerce équitable, en mobilisant à la fois les entreprises et leurs fournisseurs - à travers le devoir de vigilance et les obligations issues des nouvelles réglementations européennes (CSRD, reporting extra-financier, etc.) - et les États européens, qui doivent soutenir les efforts de structuration dans les pays tiers, notamment grâce à l’aide au développement. 

« En soutenant cette logique, l’Europe et la France contribueraient à bâtir un système d’échanges plus juste qui encouragerait les efforts de transition de nos agriculteurs, grâce aux mesures miroirs, et aiderait les agriculteurs des pays partenaires  à élever leurs standards sociaux et environnementaux. C’est cela, le sens du juste échange que nous portons à la Fondation. Mais  Il manque une volonté politique forte pour que cela devienne réalité ».

Thomas Uthayakumar

Directeur des programmes et du plaidoyer de la FNH

Signer notre pétition pour mettre en place des mesures-miroirs !

Pendant que la Commission européenne tente de faire voter l’accord UE-Mercosur, la Fondation rappelle que de nombreux députés européens se sont déjà engagés auprès d’elle et son partenaire, l’Institut Veblen, à porter les mesures-miroirs et à renforcer la transition agroécologique. 

Regarder la vidéo "Mesures miroirs : les députés s'engagent"

Le Commissaire à l’agriculture s’est lui-même positionné en faveur de ce type de mesures lorsqu’il a présenté sa vision pour le futur de l’agriculture européenne en février dernier. 

Pour nous aider à mettre en place les mesures-miroirs, joignez votre voix à la nôtre en signant notre pétition déjà soutenue par plus de 101 000 citoyens et citoyennes

Ensemble, ouvrons la voie à un commerce plus juste. Demandons des mesures-miroirs pour les agriculteurs, la planète et notre santé !

Agriculture biologique : le guide complet pour comprendre les enjeux du bio

L'agriculture biologique suscite de nombreuses interrogations : ses bénéfices sont-ils réels ? Son coût est-il justifié ? Face aux idées reçues, il devient crucial de s'appuyer sur des faits scientifiques pour comprendre les véritables enjeux du bio. Ce guide complet répond à vos questions essentielles sur l'agriculture biologique.

Le bio : mode ou véritable engagement ?

L’engouement autour du bio va bien au-delà d’une tendance passagère. Le label Agriculture Biologique repose sur :
  • des contrôles rigoureux réalisés par des organismes certifiés
  • un cahier des charges exigeant, qui encadrent la sélection des semences,
  • l’utilisation des substances autorisées et le respect de l’environnement.

Contrairement à ce que l’on peut lire, le bio n’est pas une simple opération marketing mais une démarche crédible qui vise à préserver les sols, les ressources en eau, la biodiversité et la santé humaine.

Des bénéfices prouvés pour la santé et l’environnement

Les études montrent que la consommation de produits bio permet de limiter fortement l’exposition aux pesticides et substances chimiques, avec 88% des produits bio exempts de résidus de pesticides quantifiables.
L’agriculture biologique favorise également le retour des insectes pollinisateurs et contribue à la préservation des paysages ruraux.
Sur le plan de la santé, une alimentation bio peut réduire jusqu’à 25% les risques de certains cancers, tout en soutenant des filières agricoles plus justes et transparentes.

Le prix du bio : que cache le ticket de caisse ?

L’une des interrogations principales reste le coût des produits bio. Les prix reflètent des méthodes de production responsables, mais le livret vous explique aussi comment acheter bio à budget maîtrisé : privilégier les circuits courts, les fruits “moches”, le vrac, et profiter d’astuces pour éviter le gaspillage. Il faut aussi prendre en compte les “coûts cachés” de l’agriculture conventionnelle : pollution, dégradation de la biodiversité, impact sur la santé, rarement visibles sur le ticket de caisse.

Peut-on nourrir le monde avec le bio ?

La question de la légitimité du bio, souvent posée, trouvera un éclairage dans le guide : les nouvelles pratiques agricoles et alimentaires montrent qu’il est possible de nourrir l’ensemble de la population tout en respectant l’environnement, à condition de réduire le gaspillage et adapter nos consommations (moins de viande, plus de végétal). L’agroécologie et la bio peuvent coexister et s’appuyer sur les dernières recherches scientifiques pour répondre à ce défi.

Livret : "Faut-il croire au bio ?"

Découvrez le vrai du faux sur l'agriculture biologique : bénéfices santé, impact environnemental, prix justifiés. Guide gratuit à télécharger pour tout comprendre du bio.

Je télécharge le livret (format pdf - 2 Mo)

Loi Duplomb : un vote dramatique, mais pas une fatalité !

L’Assemblée nationale a adopté la loi Duplomb ce mardi 08 juillet 2025. Un texte qui réautorise des pesticides dangereux comme l’acétamipride, et marque un net recul pour la santé publique, l’environnement et l’avenir de l’agriculture en France.
À la Fondation pour la Nature et l’Homme, nous partageons l’indignation de nombreux citoyens, scientifiques, professionnels de santé et agriculteurs engagés dans une transition agroécologique. Mais surtout, nous refusons de céder au découragement.

La loi Duplomb : une loi qui fait mal

Cette loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2025, constitue un symbole des reculs environnementaux auxquels nous ne pouvons nous habituer. Elle incarne une triple régression :

  • Un recul pour la santé publique, en autorisant à nouveau des substances connues pour leurs effets nocifs, notamment l’acétamipride, un pesticide neurotoxique et dangereux pour les pollinisateurs et la santé humaine;
  • Un recul pour le climat et la biodiversité, en soutenant un modèle agricole intensif et polluant, en décalage avec les impératifs de transition ;
  • Un recul démocratique, en contournant les débats parlementaires et en faisant primer les intérêts particuliers d’une minorité.

Comme l’explique notre directrice générale Stéphanie Clément-Grandcourt dans une prise de parole forte :

« Ce texte fait mal. Vraiment. Mais il ne doit pas devenir un précédent. »

 
Je soutiens la Fondation, je fais un don

 

Une fracture politique révélée

Le vote de la loi Duplomb met également en lumière des tensions internes au sein du bloc majoritaire. Plusieurs députés ont eu le courage de s’abstenir, voire de voter contre leur groupe.

« Nous aurions aimé qu’ils soient plus nombreux à écouter tous les agriculteurs, citoyens, scientifiques, médecins, spécialistes de la biodiversité qui se sont exprimés, plutôt que de choisir de faire passer les intérêts particuliers d'une minorité avant la santé de tous, l'environnement et l'équité dans le monde agricole. » explique Stéphanie Clément-Grandcourt.

Sur le terrain, une autre réalité existe

Face à ce vote dramatique, la Fondation pour la Nature et l’Homme continue de se battre sur tous les fronts : auprès des décideurs, dans les médias, sur les territoires, auprès des citoyens. Car une autre agriculture est non seulement possible, mais déjà en marche.

« Pour une loi Duplomb qui passe, nous avons une majorité d’agriculteurs qui sont prêts à changer de modèle et qui veulent moins de pesticides dans leurs champs », rappelle Stéphanie Clément-Grandcourt.

Partout en France, nous accompagnons :

  • Des agriculteurs qui s’engagent pour une production durable, plus respectueuse des sols, de la biodiversité et de la santé ;
  • Des restaurants collectifs – écoles, hôpitaux, CROUS, EHPAD – qui rejoignent notre démarche Mon Restau Responsable pour proposer plus de repas bio, locaux et durables ;
  • Des enseignes de grande distribution que nous challengeons pour rendre l’alimentation bio accessible à tous.

Une mobilisation intacte pour les prochaines batailles

Ce texte ne signe pas la fin de la transition agricole, bien au contraire. Il renforce notre détermination à construire une agriculture plus juste, plus résiliente, plus compatible avec les limites planétaires.

« À la Fondation, nous sommes persuadés qu’un changement de cap est à portée de mains et que cette loi Duplomb est l’un des derniers actes de résistance d’un monde qui passe ». 

« Nous serons mobilisés, vigilants, déterminés lors des prochains textes agricoles attendus dès le second semestre 2025 » Conclue la directrice générale de la Fondation pour la Nature et l’Homme.

C'est d'une loi sur un meilleur partage de la valeur, indispensable pour assurer un revenu digne pour les agriculteurs dont nous avions besoin. C'est d'une loi qui favorise l'agréocologie, protège le climat et la biodiversité dont nous avions besoin.

Je soutiens la Fondation, je fais un don

Cadmium et pesticides : l’alerte des scientifiques ignorée

Malgré les alertes répétées des scientifiques, des substances reconnues comme dangereuses pour la santé humaine et la nature continuent à être largement utilisées sur les cultures et donc, se retrouvent dans nos assiettes. Le cas du cadmium dans les engrais phosphatés et celui des pesticides néonicotinoïdes, dont la réautorisation est discutée avec la loi Duplomb, sont en ce moment particulièrement pointés du doigt par les médias. Pourquoi ces signaux d’alerte sont-ils si peu entendus par les parlementaires ? Que faudrait-il faire ? Décryptage avec Olivier Laprévote, toxicologue, membre du Comité scientifique de l’Anses sur les risques chimiques des aliments.

Le cas du cadmium : un métal toxique présent dans notre alimentation

Le cadmium est un métal lourd. Et même s’il y a quelques jours encore son nom vous était inconnu, il est bien présent... dans nos assiettes. Céréales, pommes de terre, légumes, chocolat : 80 % du cadmium que nous accumulons tout au long de notre vie provient de notre alimentation. Il s’y retrouve par le biais des engrais phosphatés, utilisés massivement dans l’agriculture, particulièrement dans les systèmes intensifs.

« Le cadmium est naturellement présent dans les sols, mais son accumulation dans les plantes est amplifiée par les fertilisants phosphatés », explique Olivier Laprévote.

C’est un problème connu depuis longtemps. Dès 2011, l’agence française de sécurité sanitaire alertait sur les risques liés à ce métal. Et en 2019, elle recommandait déjà d’abaisser son seuil dans les engrais. Mais rien n’a changé au niveau européen.

« Nous sommes maintenant en 2025 et la norme européenne n'a pas bougé. L'avis de l’Anses était fondé, comme on le fait dans cette agence, essentiellement sur l’avis des scientifiques. Donc non seulement les scientifiques eux-mêmes ne sont pas forcément très écoutés, mais en plus l'agence qui consulte les scientifiques pour émettre ses avis ne rencontre pas un écho aussi large qu’on pourrait le souhaiter » regrette Olivier Laprévote.

Je soutiens la voix des scientifiques, je fais un don

 

Le problème du cadmium : une contamination invisible mais progressive

Contrairement à une intoxication brutale, le cadmium agit en silence. « On élimine le cadmium beaucoup plus lentement qu'on ne l'absorbe, et on l'accumule » précise Olivier Laprévote.

Et ses effets, eux, se font sentir... bien plus tard.

« On parle d’un risque qui s’apparente à la montée du niveau des mers : il est inévitable, progressif, et ses effets apparaîtront à long terme, notamment chez les personnes âgées. »

Insuffisance rénale, ostéoporose, maladies cardiovasculaires : ces pathologies sont aggravées par une accumulation chronique de cadmium. Et les enfants sont particulièrement à risque. En 2016, près d’un tiers des moins de 3 ans avaient déjà dépassé le seuil tolérable. « Donc si on prend un enfant de 3 ans en 2016, c'est un enfant qui a 12 ans aujourd'hui. On se projette sur des pathologies qu’il aura potentiellement dans 50 ou 60 ans ».

Le parallèle avec les pesticides : des alertes ignorées

Dans le même temps, le Parlement s’apprête à voter la loi Duplomb, qui pourrait réintroduire des pesticides néonicotinoïdes, pourtant reconnus comme extrêmement nocifs pour les pollinisateurs, la biodiversité et même la santé humaine.

Le point commun entre le cadmium et les pesticides, c’est que les alertes scientifiques sont connues. « Et pourtant, elles ne sont pas entendues… » nous explique le toxicologue.

Les pesticides, comme le cadmium, posent des questions de modèle agricole. Concernant l’usage des pesticides de synthèse, des plans ambitieux avaient été lancés pour réduire l’usage des pesticides dans les années 2010. Pourtant, leur consommation a augmenté, en totale contradiction avec les engagements pris.

 

Je soutiens la voix des scientifiques, je fais un don

Une culture scientifique absente des décisions politiques

Pourquoi les alertes ne sont-elles pas suivies d’effets ? Pour Olivier Laprévote, c’est un problème de culture scientifique chez les décideurs.

« Je pense que la culture scientifique n'est pas assez représentée dans les instances de décision politique. Or s’agissant de pesticides, de la contamination des aliments, de l'élevage, des pratiques agricoles, si on ne met pas la préoccupation sanitaire dès le départ, on risque de prendre de très mauvaises décisions. Et je pense qu'un certain nombre des aspects de la loi (Duplomb) qui est proposée au vote ne sont pas du tout rassurants sur ces différents points », résume-t-il.

L’agence française de sécurité sanitaire (ANSES), qui base ses avis sur les travaux de scientifiques n’est pas écoutée comme elle devrait l’être. Résultat : des lois sont votées sans véritable prise en compte des risques sanitaires à long terme.

Le bio, un levier de réduction…

Le bio est souvent cité comme un rempart face à ces substances toxiques. Et les données disponibles vont dans ce sens.

« Une méta-analyse de 2014 montre que les légumes issus de l’agriculture biologique contiennent deux fois moins de cadmium que ceux de l’agriculture conventionnelle. » explique le scientifique.

Pourquoi ? Si l’on retrouve du cadmium en agriculture biologique parce qu'on ne peut pas faire autrement, le phosphate étant dans le sol, et le cadmium aussi, les doses sont bien moindres. En cause : moins de recours aux engrais minéraux, plus de compost, d’humus, de fertilisants organiques.

Ce que demandent les scientifiques : mesurer pour décider

Le message que Olivier Laprévote souhaiterait adresser aux parlementaires est clair, il en va des pesticides, comme du cadmium : avant de prendre des décisions, il faut d’abord mesurer. Sinon, on décidera à l’aveugle.

«Il est impératif d'identifier, de quantifier de façon systématique toute substance qui est susceptible d'avoir des effets sur la santé humaine de façon extrêmement suivie, extrêmement précise, et depuis la fabrication des produits eux-mêmes , in fine, ce que l'on va retrouver dans le corps humain : chez les enfants, chez les nouveau-nés, dans les aliments bien entendu, chez les agriculteurs, qui sont souvent les premières victimes de ces expositions. Si on ne mesure pas, on ne saura jamais on prendra des décisions épouvantables. » martèle-t-il.

Il ne s’agit pas d’interdire pour interdire, mais de fonder les décisions sur des données fiables et actualisées, en tenant compte de la santé publique.

Loi Duplomb : quelles limites face aux pesticides ?

Face à une possible bascule historique, la Fondation pour la Nature et l’Homme décrypte ce qui se joue en coulisse et appelle les décideurs publics à faire preuve de lucidité et de responsabilité.

La loi Duplomb est censée faciliter l'usage de certains pesticides précédemment interdits en France. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain ? Face à la présence persistante de résidus de pesticides dans l’environnement voire dans l’eau du robinet, l'orientation de ce texte questionne la trajectoire de réduction des pesticides affichée par la France.

À l’issue de l’examen  de la PPL Duplomb, la FNH alerte sur des reculs environnementaux graves, votés en conscience par les députés du socle commun et de la droite. Sous couvert de répondre aux mobilisations agricoles, largement instrumentalisées, ce texte sert en réalité les intérêts d’une minorité, en renforçant un modèle industriel dépassé : exploitations de grande taille difficiles à transmettre, usage accru de pesticides, réduction des contrôles, mépris pour le bien-être animal et affaiblissement du droit environnemental. Les vrais problèmes des agriculteurs – revenus et partage de la valeur, transmission, résilience face aux crises et aux aléas climatiques – restent ignorés. Décryptage de la situation.

Santé publique sacrifiée et retour des
néonicotinoïdes

L'article 1 constitue une attaque frontale contre la protection de la santé publique avec :

  • La suppression de la séparation cruciale entre vente et conseil pour les phytosanitaires.

Il s’agit là d’un conflit d'intérêts manifeste qui sabote les efforts collectifs de réduction des pesticides. En parallèle, la réforme de l'accompagnement des agriculteurs reste dangereusement insuffisante, ne fixant aucun cadre structuré pour répondre aux besoins réels du monde agricole dans sa transition.

  • La réautorisation des néonicotinoïdes, poisons notoires pour les pollinisateurs et l'environnement, qui représente un recul environnemental catastrophique et irresponsable.
  • Une disposition inacceptable obligerait désormais l'État à indemniser les exploitants en cas de retrait de produits toxiques encore autorisés dans l'UE, paralysant de fait la capacité de l'ANSES à protéger les Français contre des molécules dangereuses.
  • L’institutionnalisation du Comité des solutions, une instance opaque fonctionnant sans aucune transparence vis-à-vis de la société civile, renforçant un système qui échappe au contrôle citoyen.

Malgré nos demandes répétées au Ministère de l’Agriculture, la FNH n’a pas pu avoir accès aux travaux issus de ce comité alors qu’ils permettraient d’éclairer les actuels débats sur les impasses phytosanitaires rencontrées par la profession agricole.

Un doublement du nombre d’élevages industriels est à craindre

L'article 3 - aggravé par la commission des affaires économiques par rapport à la copie issue du Sénat - prévoit de :

  • Relever les seuils nécessitant enregistrement et autorisation
    environnementale pour les élevages industriels, facilitant l'expansion d'élevages hors-sol qui ne représentent pourtant que 2 à 3% des exploitations.
  • Sous couvert de protéger l’élevage français, cet article est en train de trahir notre modèle d’élevage, encore majoritairement à taille humaine et reposant encore sur les prairies. Avec cet article, le nombre d’exploitations industrielles et leur nombre d’animaux pourraient doubler demain, au détriment de l’environnement, de notre santé et du bien-être animal.
  • Malgré l'opposition de 85% des Français à l'élevage intensif, un  amendement supprime les réunions publiques avant l'installation  ou l'agrandissement d'élevages industriels, ignorant sciemment leurs impacts sur les riverains (pollution de l’eau, pollution de l’air, odeur  nauséabonde, risques d’accidents industriels, etc).

Loin de simplifier le quotidien des éleveurs, ces mesures créent de l'insécurité juridique par l'anticipation incertaine d'évolutions législatives européennes et l'évaluation environnementale au cas par cas plutôt que systématique.

En réalité, cette loi reste controversée sur des aspects essentiels : les conditions réelles d'encadrement et à quoi servent les pesticides dans une stratégie agricole durable. Sans évaluation rigoureuse des alternatives, la portée du texte est limitée. Les experts dénoncent un manque d'ambition à l'heure où l'impact des pesticides sur la santé humaine, notamment les pesticides cancérigènes, et la réduction des pesticides devraient guider les décisions politiques. Cette réautorisation controversée mine également la confiance des consommateurs envers les labels bio, que les citoyens associent légitimement à une garantie de sécurité alimentaire et environnementale.

Foire aux questions

1. Qu'est-ce que la loi Duplomb exactement ?

La loi Duplomb est une proposition de loi française définitivement adoptée le 8 juillet 2025. Officiellement intitulée "lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur", elle vise à réautoriser l'usage de certains pesticides précédemment interdits, notamment des néonicotinoïdes, sous certaines conditions dérogatoires ou à faciliter l'installation d'élevage de grande taille malgré les risques qu'ils font peser sur l'environnement.

2. Quels pesticides sont réautorisés par la loi Duplomb ?

La loi permet principalement la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Elle ouvre également la voie à une réautorisation pour trois ans renouvelables de plusieurs autres néonicotinoïdes, substances surnommées "tueurs d'abeilles" en raison de leur impact sur les pollinisateurs.

3. Pourquoi les néonicotinoïdes avaient-ils été interdits ?

Ces pesticides avaient été interdits car ils sont particulièrement toxiques pour les abeilles et autres pollinisateurs. Ils perturbent le système nerveux des insectes, causent des troubles de l'orientation et contribuent au déclin des populations d'abeilles, essentielles à la pollinisation et à la biodiversité.

4. Qui a proposé cette loi et pourquoi ?

La loi porte le nom de son rapporteur. Elle répond aux demandes de certains agriculteurs qui affirment manquer d'alternatives efficaces pour protéger leurs cultures contre certains ravageurs, notamment dans des filières comme la betterave sucrière face aux pucerons verts.

5. Quelles sont les principales critiques formulées contre la loi Duplomb ?

Les opposants dénoncent un recul environnemental majeur qui va à l'encontre des objectifs de réduction des pesticides. La Ligue contre le cancer s'inquiète d'une aggravation de l'exposition aux pesticides. Les écologistes qualifient ce texte de "loi poison" et alertent sur les risques pour la santé publique et la biodiversité.

6. Y a-t-il eu une mobilisation contre la loi Duplomb ?

Oui, une mobilisation sans précédent. Une pétition demandant l'abrogation de la loi a recueilli plus de 2 millions de signatures, pulvérisant tous les records de participation citoyenne sur ce type de sujet. Cette mobilisation témoigne de l'inquiétude profonde des citoyens. Alors où nous écrivons ces lignes, de nouvelles signatures continuent d'affluer.

7. La loi Duplomb prévoit-elle des conditions d'usage strictes ?

Bien que des conditions dérogatoires soient mentionnées, les critiques soulignent que ces encadrements restent insuffisants pour garantir la protection de l'environnement et de la santé. Les autorisations sont prévues pour trois ans renouvelables, ce qui inquiète les défenseurs de l'environnement.

8. La loi Duplomb est-elle compatible avec les objectifs du Plan Écophyto ?

Non, cette loi entre en contradiction avec les ambitions du Plan Écophyto qui vise à réduire l'usage des pesticides en France. Elle représente un pas en arrière par rapport aux engagements pris en matière de transition agroécologique et de protection de la biodiversité.

9. Quel impact sur les consommateurs et la qualité alimentaire ?

Les inquiétudes portent sur une potentielle augmentation des résidus de pesticides dans les aliments et l'eau. La réautorisation de substances toxiques pourrait compromettre la qualité sanitaire des produits alimentaires et aggraver l'exposition des consommateurs à des molécules dangereuses.

10. Existe-t-il des alternatives à ces pesticides réautorisés ?

C'est le cœur du débat. Tandis que les promoteurs de la loi affirment qu'il n'existe pas d'alternatives efficaces, les opposants soutiennent que des solutions agroécologiques existent mais nécessitent un accompagnement et des investissements dans la recherche et le développement de pratiques durables. Le manque d'alternatives reflète aussi un sous-investissement dans l'innovation agricole écologique.

Comment agir à nos côtés pour une agriculture durable et juste !

👉 Se faire sa propre idée et donner son avis en répondant à 6 questions sur la loi Duplomb : 

👉 Interpeller les députés en étant le plus nombreux possible  

Loi Duplomb pour l’agriculture : ce que vous devez savoir

La proposition de loi dite « PPL Duplomb », visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur, est examinée durant tout le mois de mai à l’Assemblée nationale. Entre reculs sur les pesticides et conditions favorables aux plus gros exploitants intensifs, ce texte nous inquiète. Loin d’être un plan de sauvetage pour le monde agricole comme il est présenté par ses défenseurs, il représente un danger à la fois pour la biodiversité et la santé, mais aussi pour le monde agricole dans son ensemble. La bonne nouvelle ? Il est encore possible de le stopper. Pour y parvenir, nous devons agir ensemble et vite !

🚨 Mise à jour Février 2026 : Le sénateur Laurent Duplomb revient avec une nouvelle proposition de loi. Pour comprendre les enjeux actuels et pourquoi ce texte ne résout rien à la crise agricole, consultez notre nouvel article : Nouvelle loi Duplomb, chronique d'un acharnement législatif.

Nouvelle loi Duplomb : chronique d’un acharnement législatif qui ne résout rien

Mobilisez-vous avec nous, Générations Futures, France Nature Environnement, Greenpeace France, 4PATTES, CIWF France en adressant un email aux députés pour s’opposer au texte. Tout est préparé pour vous simplifier la tâche. Message pré-rédigé, adresses email des destinataires déjà saisies….Tout est prêt, il n’y a plus qu’à cliquer.

J'interpelle les députés

Pourquoi la loi « Duplomb » promet un retour en arrière qui ne sera bon pour personne ?

Sous couvert de répondre aux revendications légitimes du monde agricole, cette proposition de loi soutient une agriculture toujours plus intensive au détriment de notre environnement et de notre santé. Elle représente un recul environnemental majeur alors même que l’agence française de santé (l'ANSES) vient de confirmer l'impact des pesticides sur le développement neuronal des enfants et que nous faisons face à un effondrement alarmant de la biodiversité.

Parmi les mesures les plus problématiques :

Un assouplissement des règles sur les pesticides.

La proposition de loi prévoit, au mépris des avis défavorables des agences de sécurité sanitaires française (ANSES) et européenne (EFSA) la réintroduction de l’Acétamipride, un pesticide néonicotinoide pourtant interdit depuis 2018. Ce redoutable pesticide tue les abeilles même à de très faibles doses et il est dangereux pour la santé humaine . Des études l’associent à des problèmes de neuro-développement chez le fœtus, à des altérations du foie et à des perturbations hormonales…

Elle souhaite plus globalement favoriser l’usage des pesticides de synthèse dans les fermes conventionnelles. Pour y parvenir, il est envisagé d’affaiblir le rôle et l’indépendance politique et économique de l’ANSES, notamment grâce à la création d’un conseil de professionnels et de syndicats agricoles pouvant imposer des priorités d’usages de pesticides. 

Un allègement de la réglementation pour favoriser la construction de gros élevages intensifs.

Au prétexte d’une plus grande compétitivité des éleveurs, la loi prévoit d’assouplir la réglementation des installations d'élevage soumises à ICPE, autrement dit des installations agricoles à fort impact environnemental qui génèrent méthane et nitrates – valant à la France des condamnations régulières – mais aussi des émanations d’ammoniac. Cela se justifie d’autant moins que seuls 3% des exploitations les plus intensives pourraient en bénéficier. En effet, la majorité des éleveurs en difficulté ne sont pas concernés par ces normes. Il faudrait au contraire aider à maintenir les fermes à taille humaine et sécuriser des débouchés de qualité.

Pour couronner le tout, favoriser de telles exploitations freinerait l’installation des jeunes agriculteurs ; aggravant la problématique du renouvellement des générations en agriculture.

Pourquoi pensons-nous pouvoir stopper la loi Duplomb ?

En février dernier, nous avons dû nous mobiliser en urgence lors du vote de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) et avons obtenu une victoire déterminante : le maintien de l’objectif national de développement de l’agriculture biologique (21% de surfaces agricoles utiles en bio d’ici 2030). Un objectif qui avait été supprimé du texte initial, menaçant directement l’avenir du bio en France. Dans un projet de loi qui renforçait l’agriculture intensive, les pesticides et l’élevage industriel, la disparition de cet objectif aurait marqué un recul historique pour la transition écologique.

En moins de 48 heures, la Fondation a mobilisé près de 100 organisations partenaires, lancé une pétition qui a rassemblé plus de 62 000 signatures en une semaine et réalisé un travail de plaidoyer stratégique auprès des parlementaires. 

Si nous avons réussi pour la LOA, nous pouvons réussir pour la loi Duplomb. Nous sommes nombreux·ses à vouloir un avenir où agriculture rime avec respect du vivant et de la santé. C’est le moment de le faire savoir en envoyant un message aux parlementaires pour stopper le texte.

J'interpelle les députés

Comprenez plus précisément ce qui se joue avec la Loi Duplomb et faites-vous un avis 

Vous souhaitez en savoir un peu plus sur ce que prévoit la loi ? Nous vous proposons de prendre moins de 4 minutes pour compléter notre enquête « Loi Duplomb pour l’agriculture : quels impacts sur votre vie et la nature ? ». En 6 questions, découvrez ce qui se joue vraiment et dites-nous ce que vous, vous en pensez.

Comment protéger la biodiversité, les consommateurs et les agriculteurs ?

Parce que les agriculteurs méritent mieux qu'une déréglementation environnementale qui ne profitera qu'à une minorité au détriment des autres; parce que les exemples se multiplient pour démontrer qu’un autre modèle basé sur l’agroécologie existe déjà et qu’il fonctionne, la Fondation agit auprès des décideurs politiques pour défendre 4 chantiers clés :

  • Des mesures de conseil et d’accompagnement des agriculteurs pour réduire l’utilisation de pesticides.
  • Un soutien renforcé aux pratiques agroécologiques qui préservent notre environnement.
  • Une meilleure répartition de la valeur dans les filières agricoles.
  • Un accompagnement des agriculteurs vers des modèles plus résilients et moins dépendants aux intrants chimiques et aux importations (80% des engrais de synthèse sont importés, notamment de Russie, et 3 millions de tonnes de soja sont importées chaque année).

Découvrez aussi les témoignages de Daniel, Jean-Bernard et Pierre qui expliquent pourquoi ils ont choisi de s’orienter vers l’agroécologie.

Souveraineté alimentaire : pourquoi le « réarmement agricole » est une impasse

Face à la multiplication des crises mondiales, la tentation est grande de miser sur un « réarmement alimentaire » présenté comme la solution miracle à nos vulnérabilités. Pourtant, cette stratégie d’intensification agricole, loin de garantir notre souveraineté, aggrave notre dépendance et met en péril la résilience de notre système alimentaire.

Des chiffres qui interpellent

Dans une note publiée aujourd’hui avec nos partenaires, nous mettons en lumière des faits préoccupants :

  • Depuis le début du conflit en Ukraine, les importations françaises d’engrais russes ont bondi de 86 %. La France, pourtant grande puissance agricole, dépend désormais massivement de la Russie pour ses engrais et importe 95 % de son soja.
  • La proposition de loi Duplomb, qui sera prochainement débattue, ne fait que renforcer un modèle agricole dépassé. Ce modèle nous enchaîne aux importations et aux fluctuations géopolitiques, tout en épuisant nos sols et nos agriculteurs.

Un modèle à bout de souffle

Poursuivre dans cette voie, c’est s’enfermer dans une logique productiviste qui ne répond ni aux enjeux écologiques, ni à la nécessité d’une véritable autonomie alimentaire. Les crises récentes l’ont montré : notre modèle agricole actuel est fragile et vulnérable.
La véritable souveraineté ne viendra pas d’une fuite en avant, mais d’une transformation profonde de notre système agricole :

  • Briser notre dépendance aux engrais de synthèse importés

  • Relocaliser massivement la production de protéines végétales

  • Investir sérieusement dans la transition agroécologique et accompagner la réduction de la consommation d’engrais de synthèse, notamment via une alimentation « moins et mieux » de viande

L’autonomie alimentaire n’est pas un luxe écologique, c’est une nécessité stratégique et urgente.

Pourquoi accroitre notre autonomie alimentaire ?

je télécharge (format pdf - 539 Ko)

Achats de bio en baisse : quel rôle de la distribution ?

Alors que la loi d’orientation agricole votée en février 2025 réaffirme l’objectif ambitieux de 21% de surface agricole utile en bio d’ici 2030, force est de constater que la consommation des ménages ne suit pas. Entre 2020 et 2023, les ventes de produits bio ont baissé de 12% en grande distribution. La faute aux consommateurs ? Pas si simple selon la Fondation qui épingle une grande distribution qui ne joue pas son rôle. Pour y voir clair, la Fondation a étudié les stratégies des 8 principaux groupes français de distribution qui pèsent, à eux seuls, près de 60% des ventes de produits alimentaires en France.

Télécharger le rapport complet

Découvrez dans ce rapport les stratégies adoptées par la grande distribution, en matière de développement et promotion des filières issues de l’agriculture biologique.

Je télécharge le rapport (format pdf - 3 Mo)

Par leurs stratégies, les distributeurs orientent les comportements alimentaires.

Si la hausse des prix et les difficultés économiques jouent un rôle dans le recul de la consommation de bio, il convient aussi de ne pas sous-estimer le pouvoir de la grande distribution sur les comportements des consommateurs. Car ces derniers ne peuvent pas tout : Comment acheter des produits bio si l’on n’en trouve pas suffisamment en magasin ? S’ils ne sont pas accessibles financièrement ? Ou si les messages publicitaires et promotions mettent en avant d’autres produits ? Toutes ces questions trouvent des réponses dans ce que l’on appelle l’environnement alimentaire, autrement dit les conditions physiques, économiques, socio-culturelles et cognitives de nos pratiques alimentaires.

C’est sous ce prisme que la Fondation a étudié les stratégies des 8 principaux groupes français de distribution. Avec l’appui du cabinet CERESCO, elle a conduit une revue des documents publics disponibles (rapport RSE, rapport d’activités, programmes de fidélité, supports de communication, réseaux sociaux de l’enseigne, articles de presse) et réalisé des entretiens avec des distributeurs entre décembre 2024 et février 2025. Sur les 8 distributeurs étudiés, 5 ont accepté d’y répondre : Carrefour, Coopérative U, Lidl, Les Mousquetaires/Intermarché et Casino/Monoprix. Pour Aldi, Auchan et Leclerc, l’évaluation s’est uniquement basée sur les données disponibles publiquement.

ÉVALUÉES DE A à G SUR DES INDICATEURS-CLÉS, LES ENSEIGNES RÉVÈLENT LEURS INSUFFISANCES SUR CHACUN DES PILIERS DE l’ENVIRONNEMENT ALIMENTAIRE.

La Fondation a évalué de A à G les engagements et efforts réalisés par les enseignes pour promouvoir la bio, en sélectionnant, pour chaque pilier de l’environnement alimentaire, deux indicateurs-clé qui illustrent la stratégie des enseignes.

Pilier stratégie et transparence :  les distributeurs obtiennent la note globale F

Pour établir cette évaluation, la Fondation s’est intéressée à l’existence d’une stratégie bio chez les enseignes et à la présence d’objectifs chiffrés (en termes de référencement, de prix et de communication). Résultat : le bio est sorti de la feuille de route de la plupart des distributeurs ; plus aucun ne présente d’objectif chiffré en matière d’agriculture biologique.

Pilier environnement physique : les distributeurs obtiennent la note globale E

Pour évaluer ce pilier, la Fondation s’est intéressée à la présence d’offre biologique en magasin ainsi qu’à la visibilité des produits bio en rayon, sur les catalogues, les sites et drives. Résultat : trop peu de bio disponible dans les rayons et une part d’offre qui connaît une forte diminution depuis la crise (avec notamment 7 à 25% de références bio en moins selon les enseignes entre 2022 et 2023 ).

Infog bio et visibilite

Pilier Environnement économique : les distributeurs obtiennent la note globale D.

Pour évaluer ce pilier, la Fondation s’est intéressée à l’écart de prix entre le bio et le conventionnel, ainsi qu’à l’intégration du bio dans les programmes fidélité des enseignes. Résultat : 2 enseignes sur 8 ont un écart de prix évalué à plus de 70%[1] alors que certaines parviennent à le maintenir sous les 60%, d’après l’étude la plus récente sur le sujet. Notons aussi que seule 1 enseigne possède un programme de fidélité dédié au bio. Pour les autres, le bio est soit absent du programme de fidélité, soit présent mais d’une manière non quantifiée.

Infog bio et prix

Pilier socio-culturel et cognitif : les distributeurs obtiennent la note globale E

Pour évaluer ce pilier, la Fondation s’est intéressée à la part des investissements publicitaires dédiée au bio en 2021, au soutien de la campagne BioReflexe de l’Agence Bio et aux actions diverses déployées par les enseignes pour améliorer l’état des connaissances des consommateurs. Résultat : 7 enseignes sur 8 ont dédié moins de 5% de leurs investissements média à la bio en 2021, lui réservant une part dérisoire au regard des sommes investies, et seule 3 enseignes mènent des actions pédagogiques en faveur de la bio.

Que peuvent faire les enseignes pour favoriser la bio ?

Pour atteindre l’objectif de 21% de surface agricole utile en bio d’ici 2030, la Fondation estime qu’il va falloir multiplier par 2 la part de bio dans la consommation à domicile, en passant de 6 à 12%. Pour y parvenir,  elle pose 6 recommandations clés entre les mains des distributeurs et des décideurs :

Pour les distributeurs :

  1. Fixer, publier et piloter des objectifs ambitieux, pour atteindre au moins 12% de ventes alimentaires bio en 2030.
  2. (Re)nouer des liens avec l’amont de filières biologiques, en enclenchant un dialogue avec leurs représentant.e.s pour établir des feuilles de routes, et en multipliant les engagements tripartites sur les filières bio.
  3. Renforcer la communication et la formation sur le label bio, non-seulement auprès des consommateurs en renforçant les opérations de promotion et de communication sur le label, mais aussi et surtout en interne en formant les équipes et la direction au plus-values de la certification bio.

Ces engagements sont à compléter par un appui de l’Etat, afin qu’ils ne restent pas des vœux pieux :

  1. Ancrer l’objectif de 12% de ventes alimentaires biologiques dans la loi, à l’instar de ce qui a été fait avec les 20% en restauration collective publique et privée dans le cadre d’EGAlim.
  2. Exiger plus de transparence sur la construction des prix bio envers les industriels et distributeurs, en renforçant le mandat et les moyens de l’OFPM sur ce volet, et en prévoyant un encadrement des marges si des déséquilibres défavorables aux produits de qualité sont constatés.
  3. Doter les structures du secteur bio de moyens suffisants pour la promotion, la pédagogie et la production de données concernant le label (en particulier l’Agence bio). Poser les bases d’une réflexion autour de la structuration d’une démarche de type interprofessionnelle pour fluidifier la relation entre maillons des filières et permettre la construction de feuilles de route.

Télécharger le communiqué de presse

Découvrez nos 6 propositions qui changeraient la donne.

Je télécharge le CP (format pdf - 5 Mo)

Pour approfondir le sujet

Quels bons gestes pour sauvegarder les papillons ?
Quelle destination de ski choisir ?
Veiller sur son jardin