L'eau est un bien commun : elle fait pousser ce que nous mangeons autant qu'elle alimente nos rivières et nos nappes. En France, l'agriculture consomme 61 % de l'eau — un chiffre qui interroge à mesure que le changement climatique bouscule le cycle de l'eau. Idées reçues, chiffres mal connus, débats parfois vifs… La Fondation vous propose de faire le point, sereinement, sur ce qui relie l'eau et l'agriculture et sur les solutions pour préparer l'avenir.
En France, l'agriculture représente 11 % de l'eau prélevée mais 61 % de l'eau réellement consommée, c'est-à-dire celle qui ne retourne pas au milieu naturel. (Source : SDES – Eau France, données 2026).
Si l'on s'intéresse à l'eau prélevée dans les rivières et les nappes phréatiques, l'agriculture « ne représente » que 11 % du total des prélèvements en France, loin derrière la production d'énergie et la consommation des foyers (respectivement 45 % et 18 %). Mais cette eau prélevée est, dans les faits, largement restituée dans les milieux naturels : en 2023, 83 % de l'eau prélevée en France métropolitaine (hors canaux et hydroélectricité) a été restituée aux milieux naturels. L'eau qui sert à refroidir une centrale électrique, par exemple, retourne d'où elle vient.
Pour avoir une idée réelle de l’impact de nos activités sur notre ressource en eau, il est préférable de s’intéresser à l’eau réellement consommée, autrement dit celle qui ne retourne pas à la nature.
Sur ce critère, l'agriculture arrive largement en tête des secteurs les plus consommateurs : elle représente à elle seule 61 % de l'eau consommée en France, devant la production d'eau potable (24 %), le refroidissement des centrales électriques (11 %) et l'industrie (4 %).
Mais cette consommation peut varier d’un bassin à l’autre : la consommation agricole atteignant jusqu’à 83 % en Adour-Garonne, 58 % en Loire-Bretagne, tandis que la part de l’eau potable est prédominante en Seine-Normandie (52 %).
Presque exclusivement à l'irrigation, c'est-à-dire à l'arrosage des cultures pour lesquelles les apports naturels, notamment la pluie, ne suffisent pas à assurer la croissance de la plante. L'eau utilisée est absorbée par les plantes ou s'évapore lorsque celles-ci transpirent.
Pourtant, seule une exploitation agricole sur cinq a recours à l'irrigation en France : en 2020, 1,8 million d'hectares ont été irrigués, soit à peine 7 % de la surface agricole utile (SAU) du pays.
En France, 7% des surfaces agricoles utiles consomment donc à elles-seules 61% de toute l’eau consommée dans le pays !
Parmi les cultures les plus gourmandes, trois concentrent l’immense majorité de la consommation :
Or le maïs à ensilage est principalement destiné à l'alimentation animale, et non à la consommation humaine. Notre utilisation de la ressource en eau contribue donc surtout à nourrir les animaux — une incohérence que la Fondation pointe depuis de nombreuses années déjà -.
Le changement climatique affecte par ailleurs directement la disponibilité et le cycle de l'eau. En modifiant la fréquence et l'intensité des précipitations, il fragilise une agriculture qui dépend majoritairement de l'eau de pluie. Des solutions d'adaptation existent — mais toutes ne se valent pas.
D'après l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), les leviers d'adaptation sont nombreux et reposent sur l'agroécologie. Les chercheurs recommandent notamment la diversification des cultures — par exemple en développant les cultures d'hiver, au moment où les précipitations sont plus fréquentes — et le recours à des variétés tolérantes à la sécheresse l'été. La transformation des systèmes agricoles, en s'appuyant sur la biodiversité, permet aussi de limiter les impacts directs du changement climatique : protection des sols et de leur capacité de rétention de l'eau, implantation de haies en bordure des parcelles. Ces principes sont au cœur du programme « Bien manger pour sa santé et la planète » de la Fondation.
L'INRAE alerte sur les risques que les bassines font peser sur l'équilibre des cycles naturels de l'eau. Remplies l'hiver, elles réduisent la recharge des nappes qui soutiennent les cours d'eau l'été, avec en outre des pertes importantes par évaporation.
Une bassine — ou retenue de substitution — est une réserve d'eau artificielle à ciel ouvert, remplie en hiver par pompage dans les nappes phréatiques ou les cours d'eau, afin d'irriguer les cultures en été.
En temps normal, l'eau circule entre une mise en réserve l'hiver, grâce à la pluie, et une « vidange » l'été qui alimente les cours d'eau. Les bassines viennent bousculer cet équilibre : elles se remplissent en hiver, au moment même où la nature reconstitue ses réserves souterraines. Il reste alors moins d'eau pour recharger les nappes, or ce sont précisément ces nappes qui soutiennent les rivières l'été. À grande échelle, c'est donc tout l'équilibre des bassins versants qui risque d'être altéré, sans compter l'eau perdue par évaporation dans ces grandes retenues à ciel ouvert.
Le recours à ce type d'ouvrage pourrait créer un effet rebond : au lieu de réduire la dépendance des systèmes agricoles à l'eau, il renforcerait la dépendance à des cultures inadaptées au changement climatique.
L'irrigation ne sera possible ni pour toutes les surfaces ni pour toutes les cultures. Le changement climatique appelle à la fois à adapter l'agriculture et à optimiser l'irrigation, en garantissant un partage juste et démocratique de ce bien commun.
Discuté depuis plusieurs semaines à l'Assemblée nationale puis au Sénat, le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles entend modifier en profondeur les règles qui encadrent les usages de l'eau en France, en particulier pour l'agriculture. Le texte issu du Sénat, adopté début juillet, multiplie les reculs sur la protection et le partage de la ressource. Parmi eux :
Ces mesures s'ajoutent à d'autres reculs tout aussi problématiques, en particulier la réautorisation de certains pesticides néonicotinoïdes interdits de longue date en raison de leurs impacts sur la santé et la biodiversité — notamment les pollinisateurs — ou encore la facilitation de l'installation d'élevages intensifs.
La Fondation défend un modèle fondé sur l'agroécologie pour rendre l'agriculture résiliente face au changement climatique. Mobilisée depuis la publication du texte pour en améliorer les dispositions réellement bénéfiques au monde agricole — notamment sur le revenu et la protection contre la concurrence déloyale — elle appelle, au vu de sa teneur finale, au rejet et au retrait du projet de loi.
Présentée comme une loi visant à protéger les agriculteurs français de la concurrence déloyale, la Loi Urgence Agricole prévoit :
Les sénateurs ont décidé d’introduire certaines mesures particulièrement controversées dans le texte, notamment pour limiter les pouvoirs de régulation de l’ANSES ou réintroduire de manière dérogatoire deux pesticides néonicotinoïdes. Moins d'un an après une mobilisation citoyenne historique et la censure de cette même mesure par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb, ce vote interroge.
La loi d’Urgence Agricole fait l’impasse sur une autre urgence criante : l’effondrement de la biodiversité, alors même que les populations d’oiseaux des milieux agricoles français ont chuté de 32% depuis 2001. Pire encore, le texte fragilise l’un des rares outils juridiques existants pour enrayer ce déclin : la compensation écologique, qui impose aux porteurs de projets d’aménagement de restaurer les milieux naturels et les espèces qu’ils ont détruit.
Le projet de loi introduit en effet une disposition particulièrement problématique, en autorisant la mise en œuvre de la compensation écologique en milieu agricole à distance des zones impactées par le projet.
Concrètement, en découplant géographiquement le site détruit du site restauré, cette mesure contrevient aux principes fondamentaux de cohérence et de proximité écologique sur lesquels repose l’efficacité de la compensation.
Les conséquences pour certaines espèces, notamment celles qui dépendent des milieux agricoles pour survivre comme la Perdrix grise ou l’Alouette des champs, seraient dramatiques. Si leur habitat est détruit, reconstruire un environnement équivalent à plusieurs kilomètres de là ne leur serait d’aucun secours si elles ne sont pas capables de se déplacer sur de longues distances. Sans proximité géographique, ces espèces seront d’autant plus menacées de disparition.
La FNH rappelle que les mesures de compensation écologiques ne doivent pas être opposées à l’agriculture. Les mesures compensatoires dans les milieux agricoles reposent le plus souvent sur l’adaptation des pratiques comme la mise en place de fauches tardives ou le pâturage extensif et non pas une mise sous cloche de ces territoires. Favoriser la biodiversité des milieux agricoles, c’est aussi assurer la résilience des exploitations : plus de biodiversité, c’est aussi une amélioration de la pollinisation et de la régulation naturelle des ravageurs.
Autre élément essentiel auquel la loi d’urgence agricole entend répondre : l’élevage, en facilitant notamment les procédures d’installations de grande taille (article 17). La loi prévoit ainsi de donner au Gouvernement le pouvoir, sans débat parlementaire, de sortir l’élevage du cadre règlementaire actuel, et de créer un nouveau cadre juridique propre aux installations d’élevage.
Ainsi, si le texte est définitivement adopté, un nouveau régime juridique encadrant l’installation des élevages intensifs (élevages de très grande taille avec une forte concentration d’animaux) sera créé par le Gouvernement. Ce nouveau cadre règlementaire facilitera l’installation et la multiplication des bâtiments d’élevages intensifs, telle est l’intention du Gouvernement. Le texte précise en partie deux modalités que ce nouveau régime devra intégrer :
Ainsi, ce nouveau régime encadrant les activités d’élevage ne pourra être plus protecteur des populations, de leur santé et de l’environnement, malgré une multiplication des pollutions de l’eau, de l’air et des sols constatée et directement liée à ces mêmes activités intensives d’élevage.
Les travaux de la Fondation montrent que continuer à soutenir l’élevage intensif ne permet pas de résoudre la crise actuelle que connaissent les éleveurs, ni d’assurer le renouvellement des générations. Au contraire, cette nouvelle loi encourage une tendance d’agrandissement-concentration des exploitations qui pousse les éleveurs à intensifier leurs pratiques et à s’endetter davantage.
Pourtant, les travaux de la FNH montrent qu’il existe des solutions pour permettre une véritable transition agroécologique des élevages et construire un modèle résilient : plan de désendettement des éleveurs, répartition des unités d’élevage sur le territoire, réduction de la concentration d’animaux et des impacts environnementaux…
Si la loi entend renforcer la place des agriculteurs dans la chaine économique pour améliorer leur revenu, l’une des dispositions-phares de la loi, adoptée en commission mixte paritaire, vise à expérimenter le tunnel de prix (encadrement du prix agricole entre un prix plancher et un prix plafond) pour la conclusion des contrats agricoles (article 21). Cette expérimentation pourra être menée sur une ou plusieurs filières pour une durée de 5 ans, après avis conforme de l’interprofession concernée. Le prix plancher de ce tunnel de prix ne pourra pas être inférieur au cout de production.
Malgré cette disposition notable et quelques autres en faveur d’un encadrement des prix lors des négociations commerciales, et d’une plus grande transparence dans la contractualisation des prix, la FNH regrette un manque d’ambition dans les mesures sur le partage de la valeur. Pourtant, là encore, plusieurs solutions existent, telles que l’encadrement des marges ou la généralisation des contrats tripartites sous conditions environnementales et sociales entre agriculteur, industriel et distributeur.
Les dispositions du texte concernant la protection et le partage de la ressource en eau ont beaucoup inquiété tout au long de l’étude du texte. Dans la copie finale, plusieurs reculs majeurs ont été maintenus dans le texte :
Bien que certaines mesures particulièrement décriées aient été retirées, le texte reste globalement très défavorable au partage de l’eau et à la protection de sa qualité.
Les parlementaires des deux chambres, Assemblée nationale et Sénat, ont finalement voté le texte dans son ensemble. La FNH s’est opposée à la version définitive du texte en raison des multiples reculs majeurs qu'elle contient sur la question des pesticides, de l’élevage, mais aussi de l’eau.
Loin de constituer une réponse structurelle à la crise que connaît le secteur agricole depuis plusieurs années, cette loi persiste à favoriser une minorité au détriment du plus grand nombre. La Fondation continuera, dans les prochains mois, à être force de proposition pour faire émerger ses propositions pour un soutien concret au monde agricole, à son adaptation, sa résilience et à sa pérennité économique, loin des mesures dogmatiques et délétères pour notre santé et l’environnement.
Et si l’envie de bien nourrir les autres était une voie pour susciter des vocations agricoles ?
Rien ne prédestinait Hannane Somi à se lancer dans l’agriculture.
Pourtant, après des années à parcourir le monde, ses questionnements sur la place de chacun dans la société et l’envie de bien nourrir les gens la convainquent de se former à l’agriculture. Mais pas n’importe laquelle : l’agriculture biologique, en développant une commercialisation en circuit court pouvant offrir le bonheur d’un légume bien cultivé, fraîchement cueilli, qui développe tous ses arômes et nourrit vraiment.
Nourrir les gens, préserver l’eau, renforcer la fertilité des sols et être au plus proche des consommateurs sur un territoire : les choix de Hannane font sens.
Ayant grandi en Seine-Saint-Denis (93), à Clichy-sous-Bois, Hannane se destinait à tout autre chose que le métier d’agricultrice.
Éloignée de la campagne mais attachée à la nature, elle s’oriente vers des études de philosophie, puis démarre sa carrière dans les métiers de la culture. Peu à peu, ses questionnements autour du bien commun et de l’accès à une alimentation saine la guident vers des rencontres décisives. Au point, un jour, de tenter l’aventure de l’agriculture.
« Je me destinais à tout autre chose », avoue-t-elle. Mais c’est un choix qu’elle ne regrette pas et qui fait sens pour elle. « Parce que nourrir les autres, ce n’est pas rien. », résume-t-elle.
Hasard de la vie, c’est à moins de 5 kilomètres de là où elle a grandi, territoire pourtant très urbanisé, que Hannane débute sa nouvelle vie.
Installant depuis 2020, à partir de rien, une petite ferme maraichère et arboricole (3 hectares et un peu plus de 400 pommiers), sur des terres louées à la Région Ile-de-France, Hannane est fière de ses accomplissements.
Si la voie de l’agriculture devient une évidence pour elle, au moment où elle donne naissance à son premier enfant, il en est une autre qui conditionne son installation : l’agriculture biologique et l’agroécologie.
Pour Hannane, il était inenvisageable de se lancer dans ce métier autrement qu’en pratiquant ce modèle agricole vertueux.
« C’était une évidence pour moi lors de ma reconversion professionnelle de faire le choix de l’agriculture biologique, explique-t-elle. Je ne me serais jamais installée si j’avais dû utiliser des produits utilisés en agriculture conventionnelle. »
Un système agricole aux nombreux bénéfices, selon elle « engageant », qui lui apporte une profonde sérénité et la conforte dans sa décision.
« Avoir le bonheur d’offrir des légumes de qualité, et qui sont cultivés en préservant l’eau » n’a pas de prix. Tout comme celui « d’améliorer la qualité et la fertilité des sols. »
Outre le choix de l’agriculture biologique, il est une autre décision au cœur du modèle agroécologique de Hannane : celle des circuits-courts.
Grâce à ce système de distribution de proximité, tirer un revenu digne sur la ferme est de fait plus facile.
« Je vends en circuit court, ce qui me permet de valoriser la marge tout en maintenant des prix attractifs pour les consommateurs », explique-t-elle. « Et la qualité est incomparable ! Du champ à l’assiette, sans transition. »
Mais le choix des circuits-courts ne relève pas uniquement d’une préoccupation financière. Ils sont aussi un moyen pour elle de connecter la ferme avec son territoire, et de créer du lien.
« C’est vraiment le modèle de la ferme, vertueux, qui connecte directement le terroir avec ses consommateurs ».
Pour elle, le soutien actif des consommateurs est la clé. C’est cette stratégie qui lui permet pérenniser son modèle pour, « pouvoir faire grandir la ferme et embaucher ». Elle rêve de pouvoir offrir à ce territoire cette ferme maraîchère en cadeau : il faudrait pour se faire, impliquer les consommateurs et collectivités dans la gestion et la gouvernance de la ferme, et pourquoi pas créer une coopérative. Ce serait, en définitive, rendre aux Communs l’outil de production agricole créé.
Le parcours de Hannane Somi est atypique, mais il démontre que l'agroécologie peut aussi créer des vocations, et permettre l’installation de nouveaux agriculteurs en France. Son modèle, reposant sur l’agriculture biologique et les circuits courts, nous rappelle que :
Comme Carine Thierry, Emmanuelle Billard, Leslie Helfer ou Dominique Hauvette, Hannane Somi fait partie de cette génération qui a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une digne rémunération.
Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :
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Après le guide consacré à la réduction des plastiques en restauration collective, paru en décembre dernier, la Fondation pour la Nature et l’Homme dévoile un nouveau guide Mon Restau Responsable®, démarche de progrès initiée avec le Réseau Restau’Co.
Ce guide partage les recettes mises en œuvre par des restaurants engagés dans Mon Restau Responsable® pour proposer plus de produits bio dans les assiettes de leurs convives. Il est aussi l’occasion de rappeler le cadre règlementaire qui régit ce mode de production agricole mais aussi ses bienfaits, son impact sur notre santé et notre environnement.
L’agriculture biologique est un mode de production agricole durable, qui préserve la qualité des sols, de l'air, de l'eau et des écosystèmes naturels.
S’appuyant sur des pratiques culturales et d'élevage soucieuses de leur environnement, elle exclue notamment l’emploi de substances de synthèse — tels que les pesticides, les médicaments ou les engrais de synthèse — et les organismes génétiquement modifiés (OGM).
Reconnue depuis 1980 par les autorités françaises, elle est encadrée par une réglementation stricte et exigeante, appliquée de manière harmonisée par tous les États membres de l’Union Européenne.
Cette réglementation, prenant la forme d’un cahier des charges, définit à la fois les obligations et les interdictions liées à la pratique de ce modèle agricole, mais aussi ses modalités de contrôle. Des organismes certificateurs indépendants en vérifient la bonne application auprès de tous les opérateurs de la filière.
Un produit bio est ainsi contrôlé à chaque étape de la chaîne, de la graine jusqu’à l’assiette (production, transformation, stockage, distribution) pour en vérifier sa conformité et assurer aux consommateurs le respect des exigences du cahier des charges.
Si l’agriculture biologique est si reconnue aujourd’hui, c’est qu’elle constitue une véritable alternative au modèle agricole intensif, offrant de nombreux atouts pour réussir la transition écologique de notre système alimentaire et de nos assiettes.
Les études montrent en effet que l’agriculture biologique présente de réelles garanties pour :
Confronté à de nombreux défis environnementaux et sociaux (réchauffement climatique, augmentation des maladies chroniques et de la précarité alimentaire, perte de la biodiversité, pollution des sols et de l’eau etc…), le système alimentaire français se doit de repenser son modèle, et de se tourner vers des solutions plus écologiques et durables.
A l’intersection de toutes ces problématiques, l’agriculture biologique propose des réponses innovantes et pérennes, faisant figure d’atout indéniable pour favoriser la transition de notre modèle alimentaire. Il est donc impératif de la développer dans les années à venir.
La restauration collective, fournissant plus de 3,6 milliards de repas par an en France, soit à elle seule 50% du nombre de repas pris hors foyer par les Français, constitue un levier puissant pour favoriser son développement et contribuer à une alimentation saine et équilibrée pour tous.
Consciente du potentiel de ce secteur, la France s’est d’ailleurs fixée pour objectif, à travers les lois EGalim et Climat et résilience, un objectif de 50% d’achats (en HT) en produits durables et de qualité pour l’ensemble des restaurants collectifs d’ici 2030, dont au moins 20% de produits issus de l’agriculture biologique ou en conversion.
Un objectif fort et ambitieux.
Pourtant, de nombreux restaurants collectifs peinent encore à atteindre ce palier. Manque de ressources humaines et de solutions concrètes, contraintes budgétaires et difficultés d’approvisionnement sont autant de blocages auxquels les établissements sont confrontés.
Pour contourner ces problèmes, la démarche Mon Restau Responsable® offre des solutions réelles. La preuve, selon l’étude d’impact de la démarche, menée en 2025 par le cabinet spécialisé Kimso, 61 % des établissements engagés interrogés déclarent avoir augmenté leur part des produits bio grâce à Mon Restau Responsable®.
A travers, ce nouveau guide, PLUS DE BIO EN RESTAURATION COLLECTIVE, la Fondation pour la Nature et l’Homme met en lumière les hommes et les femmes qui font la preuve au quotidien que bien manger à la cantine, tout en préservant notre santé et la planète, c’est possible !
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Et si la nature était la meilleure alliée de la rentabilité agricole ? C’est ce que nous démontre Leslie Helfer, arboricultrice dans les Yvelines (78). Installée à Feucherolles, elle prouve que restaurer les équilibres du vivant pour se passer des pesticides de synthèse n’est pas une utopie, mais une stratégie payante, pour cultiver des fruits de qualité, tout en protégeant son outil de travail.
Son témoignage nous éclaire aussi sur un point essentiel : si le monde agricole à son rôle à jouer pour préserver l’environnement, la restauration de la biodiversité, incombe à tous : citoyens, collectivités, entreprises privées…
02:57
Petite-fille d’agriculteur, Leslie a d’abord exploré les coulisses du commerce international de fruits. Mais après plus de dix ans passés dans l’import-export à Rungis, le besoin de renouer avec la terre et de retrouver un métier qui a du sens l’emporte. Elle décide alors de renouer avec l’héritage familial, en se confrontant à la réalité de l’agriculture, de loin « la partie la plus compliquée » selon elle.
Attachée à la nature et à l’environnement, elle s’oriente vers l’arboriculture biologique, sur une ferme d’environ 5 hectares, située à Feucherolles (78), dans la plaine de Versailles. Son projet : cultiver des fruits, des kiwis principalement, mais aussi des pommes, petits fruits rouges et raisin de table, et les commercialiser en circuit court uniquement.
Quand elle se lance dans le métier, Leslie ne s’imagine pas la réalité qui va la rattraper... Très vite, elle fait un constat sans appel : sur sa ferme et comme aux alentours, le manque de biodiversité est criant. C’est ça qu’elle doit avant tout restaurer ! Car elle en est convaincue : compenser avec des pesticides de synthèse n’est pas la solution. Pendant 5 ans, elle décide de laisser la nature reprendre ses droits. Larves, parasites, chenilles se multiplient sur la ferme.
Face à une situation que beaucoup aurait réglé à l’aide de pesticides, Leslie persiste, à raison. Peu à peu, la biodiversité s’installe et s’autorégule, instaurant un nouvel équilibre écologique sur la ferme.
« Il y a beaucoup d’oiseaux qui se sont installés ici, parce qu’il y a beaucoup d’insectes, et maintenant, je n’ai plus rien qui vient infester mes pommiers. Pareil pour les cerisiers. Ce n’est pas que c’est miraculeux, assure-t-elle, c’est que c’est comme ça que ça doit fonctionner. »
Leslie se définit désormais comme une « biodiversicultrice » car son métier consiste avant tout à cultiver la biodiversité pour accueillir de nombreux insectes.
« Je pensais que j’allais faire de la production de fruits, explique-t-elle. Mais c’est récemment que j’ai pris conscience du temps que je passais, finalement, à faire des choses qui rétablissent les déséquilibres de la nature. »
« Sans les équilibres [de la nature], il n’y a pas de biodiversité. Sans biodiversité, on ne peut pas produire sainement ».
Mais elle souligne un point crucial : la transition écologique n’incombe pas qu’aux seuls agriculteurs :
« Les agriculteurs ne peuvent pas restaurer ces équilibres tout seuls », reconnait-elle. « Quand on a un champ qui est entouré de zones industrielles, de béton, de minéral, qu’il n’y a pas d’arbres, qu’il n’y a pas de haies, qu’il n’y a pas de prairies », alors il n’y a pas de stock de biodiversité. Donc peu de moyens de produire correctement. Selon elle, les agriculteurs ont alors peu d’alternatives aux pesticides.
Leslie le clame donc haut et fort : la restauration de la biodiversité doit être l’affaire de tous, des particuliers comme des entreprises privées, des communes ou des agglomérations.
C’est à « tout le monde de s’en préoccuper », résume-t-elle, sous peine de ne pouvoir sortir de l’impasse des produits chimiques.
Le parcours de Leslie Helfer démontre que l’agroécologie est une voie d’avenir, moderne et viable.
En respectant le vivant, elle fait la démonstration que :
Dans la lignée de Carine Thierry en polyculture-élevage en Seine-et-Marne, Emmanuelle Billard, éleveuse laitière en Bretagne, ou Dominique Hauvette, vigneronne dans les Bouches-du-Rhône, Leslie Helfer prouve qu’un autre modèle est possible.
Pains, pâtes, riz, pommes de terre ou chocolat, ces aliments que nous consommons tous les jours sont aussi les plus exposés au Cadmium. Ce métal lourd, classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction humaine s’accumule silencieusement dans les sols et dans nos corps. Fin mars 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. Sa dernière étude confirme une surexposition de la population Française au cadmium par l’alimentation. Si le constat n’est pas nouveau, les récents résultats démontrent l’ampleur du problème. Nous vous expliquons les impacts du cadmium sur la santé humaine, pourquoi il est présent partout, comment s’en prémunir et quel rôle pourrait jouer l’agriculture biologique…
Métal lourd et toxique, le cadmium est néanmoins une substance naturellement présente dans notre environnement, en particulier dans les sols. On en trouve des traces presque partout dans le monde, certaines terres présentant des taux plus élevés que d’autres, les régions volcaniques d’Amérique latine par exemple (Pérou, Équateur, Bolivie, etc…) ou celles riches en dépôts minéraux (comme au Maroc). En France, les sols situés au-dessus de roches calcaires, comme en Champagne ou dans le Jura, ont fréquemment des fortes teneurs naturelles en cadmium.
Le cadmium ne serait pas un problème si on le trouvait en quantité limitée, mais, depuis des décennies, les activités humaines ont fortement contribué à augmenter sa présence dans notre alimentation.
Les principaux responsables : les engrais minéraux phosphatés, notamment ceux provenant des gisements Marocains, utilisés massivement en France par notre agriculture conventionnelle pour fertiliser les plantes.
Pour croître, les plantes ont besoin de nutriments qu’elles puisent dans le sol. Parmi les nutriments essentiels à leur développement, il y a notamment le fer ou le zinc, auxquels le cadmium ressemble beaucoup d’un point de vue chimique.
Les végétaux, par leurs racines, absorbent donc du cadmium en même temps que ces autres éléments nutritifs essentiels. Le problème : une fois absorbé, le cadmium se répand dans toutes les parties de la plante, y compris celles consommées par les hommes ou les animaux.
Selon les végétaux et les espèces, le cadmium peut d’ailleurs être absorbé plus ou moins vite, et en quantité. Ainsi, les saules ou les plantes de tabac, par exemple, sont connus comme de grands accumulateurs de cadmium.
Pas étonnant donc que les fumeurs soient exposés davantage que les non-fumeurs au cadmium. Mais, hors tabagisme, la principale source d’exposition au cadmium demeure l’alimentation.
Et d’après la dernière étude l’Anses, menée auprès d’un échantillon représentatif d’individus vivant en France (enfants et adultes confondus de 3 à 79 ans) sur plus de 214 aliments différents (représentant plus de 90 % du régime moyen de la population française), les conclusions ont de quoi alarmer.
En France, l’Anses a évalué que 89% des aliments de base (pain, pâtes, biscuits, viennoiserie, lait, yaourt, fromage etc…) sont contaminés au cadmium (sur 718 échantillons analysés).
Pire, près de la moitié de la population adulte échantillonnée présentent des surdosages par rapport au seuil autorisé (47,6%), mais les enfants sont aussi particulièrement touchés, près d’un quart d’entre eux dépassant le seuil autorisé (23%). Autant dire que nous consommons du cadmium tous les jours, et dans des proportions bien trop élevés.
Autre problème, plus inquiétant encore, la présence de Cadmium, si elle n’est pas propre à la France, s’avère particulièrement prégnante dans l’Hexagone.
Selon les données d’une autre étude, publiée par Santé Publique France en 2021 cette fois, des niveaux d’imprégnation nettement plus élevés ont été observés en France comparativement à d’autres pays. Les enfants Français sont ainsi 3 à 4 fois plus contaminés que leurs homologues Allemands, Belges, Italiens, Américains ou Canadiens par exemple. Pour les adultes, les taux de contamination sont 2 à 3 fois plus élevés.
Une surexposition qui risque bien de se transformer en bombe à retardement dans les prochaines années, si les pouvoirs publics ne prennent pas la mesure du problème.
Olivier Laprévote, toxicologue, membre du Comité scientifique de l’Anses sur les risques chimiques des aliments que nous avons interviewé, explique que la difficulté liée au cadmium est qu’il agit en silence, sur le long terme. Contrairement à une intoxication brutale, « on élimine le cadmium beaucoup plus lentement qu'on ne l'absorbe, et on l'accumule », explique-t-il. En cas d’exposition prolongée, même à faibles doses, il peut causer des dégâts considérables.
Classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, il est responsable du cancer du poumon, mais est aussi suspecté d'augmenter les risques de celui du pancréas, du sein, de la vessie ou de la prostate.
Par ailleurs, le cadmium peut entrainer des troubles rénaux et des risques d’ostéoporose (fragilité des os), ainsi que des effets indésirables sur le système cardiovasculaire (l’athérosclérose notamment, maladie qui touche les artères) et le neurodéveloppement.
Si cette étude de l’Anses fait aussi beaucoup débat, c’est que ses auteurs en tirent l’une des conclusions suivantes : l’agriculture biologique serait potentiellement « tout aussi impactée que l’agriculture conventionnelle par la présence de cadmium », certaines matières fertilisantes, comme les engrais minéraux phosphatés (principaux responsables du cadmium dans nos sols), étant aussi autorisées en agriculture biologique.
« Dans la mesure où les résultats des tests statistiques ne sont pas convergents, il n’est pas possible de conclure quant à une différence entre les concentrations des aliments bio et conventionnels analysés », estime l’Anses.
Pourtant, de nombreuses études ont démontré le contraire, observant que l’agriculture biologique offre de vrais avantages pour limiter son exposition au cadmium.
Et cette étude n’est pas la seule. D’autres convergent également vers les mêmes résultats.
L’affirmation de l’Anses n’a pas manqué d’interpeller les acteurs de la profession qui suivent de près ce dossier, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) en tête.
Par la voix de son président Loïc Madeline, la Fnab a rappelé que la réglementation bio impose des seuils limites 30% plus bas sur les phosphates miniers qu’en agriculture conventionnelle. Le cahier des charges de l’agriculture biologique est en effet beaucoup plus strict quant à l’utilisation de cadmium, avec une limite de 60 mg de cadmium par kilogramme de P₂O5 (les engrais minéraux phosphatés), contre 90 mg/kg en en France pour l’agriculture conventionnelle (seuil supérieur à la norme européenne grâce à une dérogation négociée par la France).
Précisons tout de même que l’Anses recommande de baisser dès maintenant cette limite bien en deçà, à 20 mg/kg !
La Fnab rappelle également que les agriculteurs biologiques utilisent, dans les faits, très peu, voire quasiment jamais d’engrais phosphatés, préférant s’orienter vers des fertilisants organiques naturels comme le compost. C’est en tout cas ce que révèle l’étude Phosphobio menée par Arvalis, l'institut technique agricole, référent pour les filières de grandes cultures. Selon cette étude, à peine 1 % des agriculteurs bio utilise des engrais phosphatés sur leurs parcelles.
Toujours est-il que les critiques de la Fnab pourraient s’avérer constructives, puisque l’Anses s’est montrée volontaire pour conduire une nouvelle étude spécialement sur l’agriculture biologique en France.
A l’instar des pesticides, les engrais de synthèse et le cadmium nous rappellent les risques auxquels nous exposent nos modèles agricoles intensifs.
Ils présentent deux points communs majeurs : tous deux sont des rouages essentiels à notre modèle agricole actuel, notamment en agriculture conventionnelle. Pourtant, les alertes scientifiques concernant leurs dangers se multiplient sans qu’un réel plan de sortie et d’accompagnement des agriculteurs ne voie le jour.
L’étude de l’Anses est une preuve supplémentaire qu’il faut impérativement réinterroger nos modèles agricoles et les orienter vers des modèles plus durables, afin de protéger notre santé et notre biodiversité. À la Fondation, nous travaillons depuis des années sur des solutions concrètes et viables pour les agriculteurs, en particulier pour un soutien renforcé aux pratiques alternatives, par exemple en fléchant mieux les aides de la PAC, ou en proposant un conseil agronomique gratuit, national et permettant d’orienter les agriculteurs dans leurs changements de pratiques.
En attendant des changements en profondeur, des solutions existent à court terme pour limiter et réduire notre exposition au cadmium, notamment en :
Et si la clé d’une ferme prospère résidait dans le fait de produire moins mais mieux ? Pour Emmanuelle Billard, éleveuse de vaches laitières dans les Côtes d’Armor, l’agriculture ne doit plus être synonyme d’endettement, ni de course à l’agrandissement.
Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice.
En choisissant le bio et le 100% herbe, cette fille d’éleveur de porcs en conventionnel, marquée par les difficultés de son père, a choisi une tout autre voie qui lui garantit autonomie et liberté. Un revenu digne, du temps libre pour faire du sport, des vacances en famille : tout cela fait partie du quotidien d’Emmanuelle et de son mari Ludovic. Et pour rien au monde, ils ne reviendraient en arrière
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Emmanuelle a grandi dans un élevage conventionnel de porcs, en Bretagne. Très jeune, elle perçoit le désespoir des éleveurs poussés à s’endetter pour s’agrandir. Voyant son propre père dans la difficulté, le manque d’argent et l'épuisement se faisant sentir à la maison, elle se résout à cette évidence qu'elle ne « fera jamais ce métier de sa vie ». Jusqu'au jour où, à vingt ans, elle rencontre des paysans passionnés par leur métier, qui lui révèlent un autre visage de l’agriculture, mêlant épanouissement dans le travail, harmonie avec la nature et les animaux et autonomie financière. Un déclic.
Aujourd’hui installée sur la commune de Laurenan, en Bretagne, Emmanuelle est fière et heureuse des choix faits avec son mari Ludovic. L’expérience de son père lui a démontré que l’adage, selon lequel il faudrait toujours plus de produits chimiques et des fermes toujours plus grosses, est un non-sens.
« Ceux qui disent qu’il faut absolument plus des produits phytosanitaires, qu’il faut absolument des néonicotinoïdes (famille d’insecticides particulièrement néfastes pour les insectes pollinisateurs), qu’il faut absolument des plus grosses fermes pour vivre de l’agriculture, le problème n’est pas là », assure-t-elle.
L’important à ses yeux, c’est avant tout de bien réfléchir sa ferme et son système dans sa globalité.
Faisant partie des pionnières à s’être installée en agriculture biologique sur le territoire des Côtes d’Armor, Emmanuelle a très tôt fait le choix de la qualité, plutôt que de la quantité.
A la tête d’un troupeau à taille humaine (48 vaches), ses animaux sont nourris à l’herbe. Une décision mûrement réfléchie, qui lui permet d’être autonome et de grandement baisser les charges de la ferme liées à l’alimentation de ses bêtes.
« Nos vaches, elles sont nourries à l’herbe, explique-t-elle, le coût d’implant d’une prairie, en effet, ça coûte un peu, mais après, une fois que la prairie est implantée, les vaches vont pâturer et on a un coût alimentaire qui est extrêmement bas. »
Certes, ses vaches produisent moins de lait, mais un lait plus riche et sur une surface plus petite. Un système beaucoup plus efficace et rémunérateur.
« Aujourd’hui, on est en agriculture biologique, on en vit bien, résume-t-elle. Peut-être qu’on a besoin de moins de volume, moins de litrage pour que ce soit rémunérateur, mais finalement on l’est de manière plus efficace, sur moins de surface. »
Contrairement aux idées reçues, Emmanuelle apprécie d’autant plus son métier qu’il lui permet de profiter d’un temps libre précieux et de se faire remplacer plus facilement.
« Pour nous, ça a toujours été important de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale », assure-t-elle.
Avec ses 48 vaches, son temps de traite ne dépasse pas une heure et demie par jour, lui permettant de se consacrer à autre chose et de se détacher de la ferme.
« Le sport, dans la famille, ça prend aussi beaucoup de place, donc c'est un équilibre à trouver. Pouvoir partir en vacances aussi et pouvoir se ressourcer, aller ailleurs et puis de se détacher aussi de la ferme de temps en temps pour mieux revenir », relève aussi d’un choix assumé.
Un rythme de vie que jalouserait la plupart des éleveurs français.
Le parcours de Emmanuelle Billard démontre que l'agroécologie peut être productive, rémunératrice et assurer un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Il nous rappelle que :
Comme Carine Thierry en Seine-et-Marne ou Dominique Hauvette dans ses vignes dans les Bouches-du-Rhônes, Emmanuelle Billard fait partie de cette génération qui a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une digne rémunération.
Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :
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Et si la santé de vos enfants devenait le moteur de votre transition alimentaire ? C’est ce qui a poussé Carine Thierry, agricultrice en Seine-et-Marne (77), à changer le modèle de sa ferme et à se tourner vers l’agriculture biologique.
Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice, mais une quête de sérénité. Entre santé préservée, fierté retrouvée et équilibre économique, découvrez comment cette ancienne architecte paysagiste et son mari ont opéré leur transition vers l’agriculture biologique et pourquoi ils remercient tous les jours leurs brebis, qui ont été de véritables alliées pour réussir.
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Rien ne prédestinait Carine Thierry à devenir une figure de l’agriculture biologique à Nemours (77). Architecte paysagiste pendant dix ans, c’est en 2012 qu’elle rejoint son mari, Simon, sur l’exploitation familiale de 200 hectares en polyculture élevage, au cœur du Parc naturel Régional du Gâtinais.
Mais un événement vient tout basculer : alors qu'elle est enceinte, un arrêté préfectoral interdit la consommation d'eau dans sa commune. En cause ? Des résidus de produits chimiques interdits depuis plus de 50 ans, toujours présents dans les nappes phréatiques. « Quand j’étais enceinte, on a eu un arrêté préfectoral qui rendait l’eau impropre à la consommation pour les femmes enceintes. Ça m’a vraiment marquée », nous confie-t-elle. Pour le couple, le constat est sans appel : pour leur santé et celle de leurs enfants, ils ne peuvent plus continuer ainsi.
Passer à l’agriculture biologique peut faire peur. Pourtant, Carine et Simon ont mené leur transition en douceur grâce à la polyculture-élevage. En choisissant d’élever des moutons, ils ont créé un cercle vertueux.
« L’élevage aussi nous a beaucoup aidé à passer à la bio. En élevage, on a besoin de prairie, on a besoin de luzerne, qui sont des cultures qui n’ont pas besoin de pesticides. Merci les brebis, parce que c’est ça qui nous a aussi aidé à faire une transition » explique Simon. Grâce à ce système, la transition s'est faite en douceur. En supprimant les intrants coûteux (pesticides, engrais de synthèse), ils ont repris le contrôle sur leur métier et leurs revenus, tout en produisant des cultures et de la viande de haute qualité.
Aujourd’hui, c’est une certitude inébranlable qui habite Carine et Simon : jamais ils ne feront machine arrière. Carine décrit une satisfaction quotidienne retrouvée : celle de travailler en phase avec les cycles naturels, sans peur pour sa propre santé. « L’agriculture française, elle a plein de visages, et le visage le plus réjouissant, enfin celui qui me séduit le plus en tout cas, c’est celui d’une agriculture sans pesticides et en phase et en communion avec la nature », conclut-elle.
Le parcours de Carine Thierry démontre que l’agriculture biologique n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Elle nous explique que :
Comme, Emmanuelle Billard éleveuse en Bretagne ou Dominique Hauvette et ses vignes dans les Bouches-du-Rhône, Carine a choisi l'agriculture biologique et elle prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.
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Et si l’arrêt des pesticides était le secret des plus grands vins français ?
C’est ce que nous démontre le parcours de Dominique Hauvette, viticultrice dans les Bouches-du-Rhône, élue vigneronne de l’année en 2020 par le Grand Prix de la Revue des Vins de France.
Convaincue que des alternatives aux pesticides sont possibles, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice.
Installée depuis plus de 40 ans, Dominique a toujours refusé d’utiliser la chimie, convaincue que si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne. Énergique et déterminée, elle prouve aujourd’hui, par la qualité de ses vins, qu’il est temps et nécessaire de changer de modèle.
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Ancienne avocate et professeure de ski, rien ne prédestinait Dominique Hauvette à devenir l’une des figures majeures de la viticulture française.
Pourtant, en 1988, lorsqu’elle découvre les Bouches-du-Rhône, Dominique tombe amoureuse de la région.Reprenant le domaine d’un ancien propriétaire utilisant des produits chimiques à outrance, elle découvre le cercle infernal dans lequel s’est empêtrée la ferme.
« J’ai pris la suite d’un lord anglais qui avait des idées très arrêtées sur le vin, explique-t-elle, il avait l’obsession des parasites et passait son temps à balancer des insecticides. Il avait à peu près essayé tout ce qui existe, mais sans succès ».
A son arrivée, elle décide de changer radicalement sa manière de cultiver ses vignes, et se tourne vers l’agriculture biologique. C’est son côté « soixante-huitarde », qui la pousse à voir les choses autrement. Mais pas seulement : « Mon premier objectif, dès le début, était d'obtenir des raisins de qualité et je ne voyais pas comment ils pourraient l'être avec des résidus chimiques. En novice, j'ai avancé avec une conviction : si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne. Et puis, cela m’a paru beaucoup plus simple d’essayer de comprendre ce qui se faisait depuis des générations, plutôt que d’essayer d’apprendre toutes les molécules chimiques modernes. »
Découvrant la vie de la vigne et sa façon de se développer, elle expérimente de nouvelles façons de prendre soin de ses plantes. Un exemple éclairant : elle n’arrose son domaine qu’au Printemps, arrêtant définitivement l’arrosage fin juin.
« La vigne n’est pas folle, précise-t-elle, si on lui met de l’eau en surface, elle ne va pas développer ses racines. Ce n’est pas du tout le même travail que le vigneron qui cherche à faire un bon vin, avoir un système racinaire développé et une vigne qui va se défendre toute seule. »
Le résultat impressionne : les racines de ses vignes descendent jusqu’à 5/6 mètres. L'arrêt des intrants de synthèse permet en effet aux plantes d'enfoncer leurs racines plus profondément dans le sol pour mieux résister aux sécheresses et aux maladies. Résultat ? Des plantes plus robustes et un raisin bien meilleur.
Les choix de Dominique en matière agronomique s’avèrent plus que payants. En 2020, elle est désignée vigneronne de l’année. Une reconnaissance qui lui permet de développer de nouveaux circuits de commercialisation (elle travaille désormais avec des restaurants étoilés partout en France) et de continuer à prendre soin de ses vignes et de la terre.
« Ce prix a été une lumière sur mon travail, se réjouit-elle. On nous a fait croire qu’on avait besoin de toute cette chimie, qu’on ne pouvait pas s’en passer, mais on y arrive. Donc c’est faisable »
Dominique Hauvette en est sûre : si les paysans étaient aidés et ne subissaient pas de pressions des marchés, tous se tourneraient vers l’agriculture biologique.
« Je suis sûr que tous les vignerons et les agriculteurs qui sont en chimie aujourd’hui, s’ils n’avaient pas les pressions extravagantes du marché sur les épaules, ils y viendraient tous à la bio », assure-t-elle. Selon elle, les agriculteurs ne sont pas déconnectés de la réalité. Le problème ne vient pas d’eux, sinon des instances politiques qui les enferment dans des modèles irrationnels.
« Ils [les agriculteurs] savent qu’il faut protéger la terre. La terre porte, elle nous nourrit, tout le monde sait qu’il faut la protéger, mais il y en a qui sont dans des circuits où ils ne peuvent pas modifier tous les paramètres et ils ne peuvent pas y venir [à l’agriculture biologique] ».
Le parcours de Dominique Hauvette démontre que l'agroécologie n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Il nous rappelle que :
Comme Carine Thierry en polyculture-élevage, en Seine-et-Marne, ou Emmanuelle Billard, éleveuse en Bretagne, Dominique Hauvette a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.
Vous vous posez des questions sur l’agriculture biologique ? Vous vous interrogez encore sur les pesticides et leurs impacts, alors :
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Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture intensive, fondée sur l’usage des pesticides, s’est imposée. Mais à quel prix ? Épuisement des sols, pollution des eaux, contribution au changement climatique, menace sur la santé des agriculteurs et des consommateurs (maladie de Parkinson ou certains cancers etc…), le bilan est lourd. Selon un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), publié en 2025, 42 % des denrées alimentaires vendues dans l’Union européenne contiennent au moins un résidu de pesticides ! Devant pareil constat : comment protéger sa santé ? Pour vous guider, découvrez ce qu’il faut savoir sur l’usage des pesticides, les résidus et l’effet cocktail ? Découvrez également quels sont les fruits et légumes les plus contaminés et comment mieux les choisir au quotidien.
L’usage des produits phytosanitaires explose au niveau mondial. Selon la FAO, plus de 3 millions de tonnes de pesticides sont déversées dans les champs chaque année, c’est près du double de la consommation de 1990. Derrière ce chiffre se cachent de grandes disparités géographiques.
L’Afrique en utilise 11 fois moins par hectare agricole que l’Amérique du Sud et 5 fois moins que l’Union européenne. Au sein des États membres de l’Union Européenne, la quantité de pesticides est également très variable. Si l’on regarde l’utilisation à l’hectare, certains pays comme Malte (12,74 kg de pesticides par hectare de terres cultivées en 2023), les Pays bas (6,95 kg/ha) et Chypre (6,5 kg/ha) sont les plus gros consommateurs de l’UE. Mais, en valeur absolue, autrement dit en quantité totale pulvérisée, les plus gros consommateurs sont bien :
Être parmi les plus gros producteurs agricoles de l’Union Européenne explique en partie ce mauvais classement, mais il n’en reste pas moins que, rapportée au nombre d’hectares, la consommation de pesticides par ces pays reste au-dessus de la moyenne européenne (2,67 kg/ha). A titre d’exemple, la France en utilise 3,65 kg/ha !
Un rapport, publié en 2023 par la FAO, vient confirmer ce statut de « mauvais élève » : la France s’y classe comme l'un des premiers pays consommateurs de l’Union Européenne et dans les 10 premiers au niveau mondial, avec plus de 65 000 tonnes consommées par an, dont 90% pour sa seule agriculture.
L’encadrement des pesticides est assuré par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), qui définit notamment les taux de contamination réglementaires autorisés dans les aliments. Malgré tout, la communauté scientifique s’inquiète. La raison : l’effet cocktail, c’est-à-dire le fait de consommer plusieurs substances pesticides en même temps, et dont les impacts sont encore méconnus et mal évalués.
Ce phénomène survient lorsque plusieurs substances chimiques, normalement inoffensives si elles sont prises séparément et à faibles doses, deviennent toxiques une fois mélangées. Ce cumul pourrait multiplier les risques pour la santé humaine.
Si le taux de contamination des aliments n’a que peu évolué depuis les années 2000, le rapport de l’EFSA indique aussi que la nature de la contamination a radicalement changé. Le rapport montre notamment que :
Ces résultats corroborent ceux d'une précédente étude, Pesticides : Play it Safe !, menée par l’équipe Affaires publiques européennes de l’agence d’études de marché Ipsos pour le Pesticide Action Network (PAN) Europe, en collaboration avec Générations Futures pour la France.
Les contaminations pourraient même être bien plus élevées en France, selon Générations Futures.
En effet, dans son rapport de 2025, sur les résidus de pesticides dans les aliments non bio consommés en France, l'association constate que la réalité des contaminations des aliments serait bien plus préoccupante que l’étude de l’EFSA ne le montre, avec des niveaux de contamination supérieurs !
Générations Futures révèle que sur 29 fruits et légumes différents et 1912 échantillons prélevés en France en 2023 :
Toujours selon le rapport de Générations Futures, ce sont les fruits qui paient le plus lourd tribut à l’agriculture chimique :
Certains fruits affichent des taux de contamination quasi systématique. Sur le podium des produits les plus exposés :
D’autres fruits, incontournables de notre alimentation, se retrouvent aussi dans ce triste palmarès :
La pomme (89%),
Les agrumes (84%),
Le citron vert (83%)
La poire (82%)
Certains fruits dépassaient même les limites de résidus autorisés (LMR), comme pour la cerise.
Ces résultats français corroborent ceux d’une autre étude, publiée il y a quelques années par l’Environmental Working Group (EWG), une ONG environnementale de Washington. Leurs résultats, basés sur 87.000 tests réalisés entre 2000 et 2009, puis en 2013 et 2014, présentent de grandes similitudes, pointant notamment les fraises, le raisin et les pommes comme fruits les plus contaminés.
Si les fruits sont les productions les plus contaminées par les pesticides, les légumes ne sont pas en reste. Toujours selon le rapport de l'association, 53% des légumes analysés présentent au moins un résidu de pesticide. Là encore, tous les légumes ne sont pas logés à la même enseigne, certains affichant un taux de contamination particulièrement élevé.
Parmi les légumes les plus contaminés aux pesticides, on retrouve :
En 2022, L’UFC-Que-Choisir a également publié un observatoire sur les légumes non bio, fondé sur l’analyse de plus de 5 000 aliments, échantillonnés par les autorités françaises en 2020 et 2021. Là encore, les résultats révèlent que :
Dans un souci de transparence, l’UFC a d’ailleurs mis en ligne les résultats de ses recherches, détaillant avec précision, pour chaque légume observé, les résidus les plus fréquemment détectés. Un travail colossal de collecte de données et une mine d’or pour qui s’intéresse à ce sujet.
En agriculture conventionnelle, certaines productions sont moins contaminées que d’autres. Un classement plus « vertueux » a également été dressé par l’UFC-Que-Choisir. On y retrouve entre autres :
Pour les aliments issus de l’agriculture conventionnelle, certains bons gestes sont à respecter de manière si possible systématique en cuisine. Ces « gestes de précaution » ont été décrits par Laurence Gamet-Payrastre, chargée de recherches à l’INRAE, dans son étude sur les impacts d’une exposition chronique aux pesticides via notre alimentation.
En effet, le lavage permet d’éliminer efficacement les composés présents en surface des végétaux. Le lavage sera d’autant plus efficace que sa durée sera prolongée. Il est donc préférable d’immerger ses fruits et légumes quelques minutes, plutôt que de les rincer rapidement.
De même, éplucher ses légumes permet de réduire le risque en éliminant les composés contenus dans la peau des légumes.
Mais cette technique reste aléatoire selon les fruits et légumes, car nombre de pesticides se retrouvent dans la chair des produits, voire en leur cœur, comme pour la pomme.
Certaines techniques de cuisson et de conservation des légumes sont également efficaces. Dans son étude, la chercheuse de l’INRAE explique que « la diminution des teneurs en résidus de pesticides au cours du traitement thermique peut être due à l’évaporation, la co-distillation, la dégradation thermique qui varient en fonction de la nature chimique du pesticide ».
Pour éviter la contamination aux pesticides, la meilleure solution pour restent sans aucun doute la consommation de produits issus de l’agriculture biologique. A ce sujet, la recherche scientifique fait consensus, et de nombreuses études en témoignent :
Parmi les échantillons que l'agence a pu analyser, ceux issus de l’agriculture biologique présentent des taux de contamination aux pesticides bien inférieurs aux produits conventionnels :
L’une des études les plus reconnues sur le sujet, l’étude française Nutri-Net Santé, Évaluation des trajectoires d’évolution des pressions environnementales liées à l’alimentation sur huit années dans la cohorte NutriNet-Santé, ayant suivi de manière méticuleuse et systématique l’alimentation quotidienne d’une cohorte de plusieurs milliers de personnes volontaires, a également mis en évidence des résultats similaires. Elle indique que les taux de diabète et de certains cancers, en particulier les lymphomes, étaient fortement réduits, voire très fortement réduits chez les publics consommant plus de produits biologiques.
De même, il est aujourd’hui avéré que l’exposition des femmes enceintes aux pesticides, y compris à des doses relativement faibles, à un impact sur la construction cérébrale des enfants à naître et peut entrainer chez les nourrissons des troubles autistiques, des retards mentaux ou des déficits d’attention.
Enfin, une autre étude, menée cette fois sur des étudiants volontaires (hommes et femmes) durant cinq semaines seulement, afin d’évaluer les effets de la consommation d’aliments biologiques par rapport à la consommation d’aliments conventionnels, parvient à des résultats similaires.
En à peine un mois, le changement de consommation des étudiants, passant d’une alimentation conventionnelle à une alimentation biologique, a permis de réduire de plus de 90% leur exposition aux pesticides.
L'agriculture biologique reste donc la seule solution efficace pour limiter son exposition aux résidus de pesticides à travers son alimentation.
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Placée sous le signe des « Générations solutions », la 62ème édition du Salon International de l’Agriculture se tiendra du 21 février au 1er mars 2026. La Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) y renouvelle sa présence pour porter haut les enjeux de souveraineté alimentaire et de commerce juste. Cela sera aussi l'occasion de fêter les 10 ans de Mon Restau Responsable®, notre dispositif d'accompagnement pour une restauration collective durable.
Face aux risques économiques et écologiques des derniers accords de libre-échange et de ceux à venir (Inde, Australie), la FNH présentera ses pistes pour poser les bases d’un nouveau commerce international, favorable aux agriculteurs et permettant d’atteindre une véritable souveraineté alimentaire des États.
📅 Date : Mardi 24 février à 15h30
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenants : Thomas Uthayakumar, Directeur des programmes et du plaidoyer (FNH), Loïc Madeline, Co-President de la FNAB, et Helene Quéau, Directrice Mission France chez ACF
Si l’Union Européenne et les traités de libre-échange qu’elle ratifie sont souvent désignés comme la source principale des maux de l’agriculture française, la FNH rappelle que la France a une grande part de responsabilité dans ces accords.
Grâce à la mobilisation citoyenne et agricole de ces dernières semaines, le rejet du Mercosur (avec la saisine de la CJUE), ainsi que l’exclusion des produits agricoles dans le cadre de l’accord UE/Inde sont une victoire, envoyant un message clair aux représentants politiques : il est urgent de repenser notre commerce international pour protéger nos agriculteurs et favoriser la transition écologique.
Derrière les discours protecteurs tenus par nos élus, cette table ronde lèvera le voile sur les positions réelles de la France et son rôle dans dérégulation de notre agriculture.
📅 Date : Mercredi 25 février à 10h
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenants : Sarah Pecas, Directrice de la mobilisation des acteurs du territoire (FNH), Dominique Francon, Conseiller de la présidente du CNOUS, Clément Tournier, Directeur adjoint de Pôle (Tables Communes), Marie-Cécile Rollin, Directrice Générale du Restau’Co
Retour sur les 10 ans de la démarche Mon Restau Responsable®. L’occasion de découvrir les effets bénéfiques du dispositif dans l’amélioration des repas des convives et la structuration de filières agricoles durables et rémunératrices pour les agriculteurs.
Cette table ronde présentera les résultats des études d’impact, réalisées au sein des restaurants du CNOUS, et les progrès accomplis en termes d’approvisionnement durable et de satisfaction des convives.
📅 Date : Jeudi 26 février à 17h
📍 Lieu : Stand Max Havelaar France, Hall 5.1, stand B013
🙌 Intervenant : Enzo Armaroli, Responsable Agriculture (FNH), Blaise Desbordes (MH) / Fanny Métrat (Porte-parole de la Confédération Paysanne et éleveuse ovine)
Si l'accord UE-Mercosur cristallise les oppositions, la FNH rappelle que les impasses liées au commerce international ne sont pas une fatalité. Les accords de libre-échange peuvent et doivent devenir un levier pour la transition écologique, et conduire à une véritable souveraineté alimentaire des États.
Cette table ronde rappellera les priorités et les inquiétudes du monde agricole et des citoyens, résultats du dernier sondage réalisé par la FNH.
Afin de répondre ces préoccupations, nous détaillerons notamment le concept de juste-échange, ainsi les pistes et mécanismes concrets qui permettraient de les mettre en œuvre à grande échelle.
Malgré des manifestations sans cesse renouvelées, une mobilisation citoyenne inédite à l'été 2025 et les alertes répétées des scientifiques, le monde agricole reste en crise. Pourquoi ? Tout simplement parce que les réponses politiques ne s’attaquent pas aux causes structurelles du malaise agricole. dérégulation, allègement de normes, levée des contraintes, les mêmes solutions sans cesse remise sur la table sont sans effet durable sur la situation des agriculteurs. Explications.
Depuis 2023, une succession de rendez-vous manqués. Présentée comme un texte structurant pour préparer l’avenir du secteur, la Loi d’Orientation et d’Avenir Agricole (LOA) de 2023 devait porter une vision de long terme : installation, transition agroécologique, souveraineté alimentaire. Mais elle a été retardée, réécrite, puis affaiblie. Face à la mobilisation agricole, elle s’est transformée en une série de concessions rapides, sans cap stratégique clair.
En 2024, devant une colère agricole persistante, le gouvernement a engagé une procédure accélérée sur la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb. Ce texte, en se limitant à des propositions simplistes et inefficaces, comme la facilitation de l'agrandissement des élevages ou la réautorisation de pesticides néonicotinoïdes interdits depuis plusieurs années, n'a pas permis de construire des réponses structurelles attendues par les agriculteurs.
Pire, face à de tels reculs environnementaux et sanitaires, une pétition citoyenne a rassemblé plus de deux millions de signatures pour dénoncer l’affaiblissement des protections sanitaires et environnementales, notamment sur les pesticides. Un signal démocratique majeur, inédit sur la plateforme de l’Assemblée nationale, mais qui n’a pas infléchi le processus législatif ni le contenu du texte final.
Le Sénateur Duplomb a proposé un nouveau texte pour réautoriser 2 néonicotinoïdes et le Premier ministre a quant à lui proposé une loi d'urgence agricole, d'ici à la fin février, articulée autour de 3 axes :
Dans le même temps, à Bruxelles, le projet d’Omnibus agricole et alimentaire suit la même logique. Présenté comme un texte technique de simplification, il ouvre en réalité la voie à un affaiblissement critique des règles d’autorisation, d’usage et de contrôle des pesticides en Europe.
La généralisation des mesures de “simplification” comme seule réponse ignore malheureusement à la fois les enjeux de fond et les demandes formulées par le monde agricole :
Le débat agricole ne peut plus se résumer à un bras de fer entre compétitivité et contraintes.
Ces propositions politiques illustrent que les décideurs publics privilégient des mesures inefficaces et à rebours des attentes exprimées par les agriculteurs eux-mêmes.
Dans un sondage Odoxa pour la FNH publié en novembre 2025 est pourtant clair.
L'usage des engrais et pesticides préoccupe 81% des agriculteurs et 82% d'entre eux sont prêts à réduire ces intrants si la réciprocité des normes (les mesures miroirs) est mise en œuvre. De même, 93% des Français sont alignés avec ces demandes.
Près d’un agriculteur sur deux ne se sent toutefois pas suffisamment accompagné pour aller vers l’agroécologie. Enfin, tous affirment que le blocage est politique et que le manque de vision conduit à l’immobilisme.
Ces mesures pourraient, si elles étaient mises en place, répondre aux revendications agricoles sans opposer agriculture et environnement :
Pourquoi réguler seulement 4 pesticides ? Et pourquoi seulement sur certains fruits et légumes et pas d’autres denrées alimentaires ? Alors que le gouvernement déclare vouloir prendre un arrêté restreignant l'importation de produits sud-américains contenant certains pesticides interdits en Europe, la Fondation pour la Nature et l’Homme alerte : si l'intention semble louable, elle est loin de répondre de manière systémique aux enjeux soulevés par les agriculteurs qui manifestent encore aujourd’hui, notamment à l’approche de la ratification de l’accord avec le Mercosur. Pourquoi cette mesure n’arrangera pas grand chose ? Notre éclairage en 3 questions clés :
Notre récent sondage réalisé avec Odoxa en novembre 2025 montre que 86% des agriculteurs demandent la mise en œuvre de mesures miroirs systémiques pour mieux protéger leur santé et celles des consommateurs. 82% des agriculteurs seraient même, grâce à leur mise en place, davantage disposés à réduire l’usage de produits phytosanitaires et à faire d’autres efforts en faveur du bien-être animal, de la réduction des usages des antibiotiques et des médicaments vétérinaires…
Limiter les importations de certaines denrées traitées avec certains pesticides n’est donc pas une réponse politique satisfaisante. Pour être vraiment efficace, le principe des mesures miroirs doit devenir la règle pour toutes les substances interdites, tous les pays tiers et toutes les denrées agricoles, plutôt qu’une mesure partielle et cosmétique visant à calmer la colère à court terme.
Les mesures miroirs garantissent que les produits importés respectent les mêmes normes environnementales et sanitaires que ceux produits en UE, évitant une concurrence déloyale qui fragilise les filières agricoles locales. Elles permettent également de mieux protéger la santé des consommateurs et la sécurité alimentaire.
En conditionnant les importations au respect de normes équivalentes, elles limitent la dépendance aux produits venant de pays tiers et soutiennent la production locale, essentielle à une politique agricole commune cohérente.
Oui — sans réciprocité des normes, des produits fabriqués avec des règles moins strictes entrent sur le marché européen, réduisant la compétitivité des produits nationaux et mettant à mal des agriculteurs respectant des normes plus exigeantes.
Limiter les importations à quelques pesticides ciblés ne couvre pas l’ensemble des substances interdites et laisse passer des produits qui continuent de générer une concurrence déloyale en profitant d’un cadre réglementaire moins strict.
Une clause miroir est intégrée dans un accord de libre-échange bilatéral, tandis qu’une mesure miroir est une règle unilatérale applicable à toutes les importations, garantissant une réciprocité des normes sur tous les produits concernés.
6️⃣ Quels produits agricoles sont particulièrement concernés par les distorsions ?
Des filières comme le soja, la viande bovine ou la volaille, importées en grande partie de pays tiers sans normes strictes, subissent de plein fouet ces distorsions de concurrence.
Parce qu’ils estiment que seule une application systématique de ces mesures permettrait d’assurer une concurrence équitable avec les produits importés, protégeant leurs revenus et soutenant leur transition agroécologique.
Elles obligent à réconcilier les objectifs commerciaux avec les normes agricoles et environnementales, évitant que des accords comme avec le Mercosur favorisent des pratiques moins durables.
Elles couvrent les normes sanitaires, environnementales, de bien-être animal, et de traçabilité, pour garantir que les produits importés ne profitent pas d’un deux poids, deux mesures.
Les consommateurs bénéficient d’une meilleure sécurité alimentaire, car les produits respectent des standards stricts protégeant la santé et l’environnement.
Un sondage Odoxa pour la FNH révèle une tendance de fond : si les produits importés étaient soumis aux mêmes règles de production qu'en Europe, 82% des agriculteurs accepteraient de réduire les pesticides. Ce message résonne comme une alerte alors que l'UE s'apprête à ratifier l'accord UE-Mercosur et que la Ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, prône la souveraineté alimentaire.
Alors que l'Union Européenne semble renoncer à ses ambitions de transition en simplifiant l'usage des pesticides pour favoriser la compétitivité mondiale, ce sondage exclusif réalisé par Odoxa pour notre Fondation en novembre 2025 change la donne. Il montre que l'usage des engrais et pesticides préoccupe 81% des agriculteurs. Plus marquant encore : 82% d'entre eux sont prêts à réduire ces intrants si le mécanisme de réciprocité des normes (les mesures miroirs) est mis en œuvre. Cette volonté est soutenue par 93% des Français. Pourtant, le blocage persiste du côté politique : manque de vision et accompagnement insuffisant vers l'agroécologie sont pointés du doigt. Décryptage des résultats.
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Les mesures miroirs : Regard des agriculteurs et du grand public
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Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture intensive, fondée sur les pesticides, s’est imposée pour assurer l’autonomie alimentaire. Malheureusement, ce modèle d’agriculture a montré ses limites : il épuise les sols, pollue l’eau, menace la santé des agriculteurs, des consommateurs et contribue fortement au dérèglement climatique. Il contribue également à l’effondrement de la biodiversité, dont les pollinisateurs, pourtant essentiels à 80 % de notre alimentation. Et, malgré ses coûts écologiques et sociaux colossaux, ce modèle intensif peine à assurer un revenu décent aux paysans. À la Fondation, nous travaillons donc à construire un modèle agricole basé sur l’agroécologie qui répare ces injustices et protège la nature. Pour y parvenir, nous soutenons le changement de modèle.
Les effets négatifs de l’utilisation des pesticides sont aujourd’hui largement démontrés et documentés par les scientifiques. Ces effets concernent d’abord les agriculteurs eux-mêmes, qui voient le risque de développer certaines maladies graves augmenter, suite à leur exposition répétée à ces substances de synthèse. Ils concernent également la santé des consommateurs, les pesticides étant fortement présents dans l’air que nous respirons, dans nos sols et donc dans notre nourriture et l’eau que nous consommons.
L’utilisation de pesticides de synthèse est également reconnue comme étant l'un des facteurs principaux expliquant l'effondrement de la biodiversité et notamment des insectes pollinisateurs, dont notre production agricole dépend fortement.
Face à ces constats largement partagés dans le débat public, plusieurs politiques publiques ont été mises en place afin de réduire leur usage. La stratégie Ecophyto 2030 vise notamment à réduire de 50% l’usage des pesticides. Mais force est de constater leurs échecs, aucune trajectoire significative de baisse de l’utilisation de pesticides n’étant observable en France.
De plus, la France comme les autres pays européens, continue d’importer des produits agricoles cultivés avec des substances interdites chez nous. L’absence de mesures de réciprocité de normes sanitaires et environnementales avec les pays tiers comme la Nouvelle Zélande, le Canada, l'Indonésie ou les pays du Mercosur continue ainsi d’exposer certaines filières à une concurrence déloyale, et les consommateurs à des risques sanitaires.
La FNH se mobilise pour que la France se donne les moyens de réellement engager cette trajectoire de réduction de pesticides. Nous agissons pour faire évoluer les politiques publiques afin qu’elles se mettent en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des pesticides.
Du riz traité au paraquat, du bœuf dopé aux antibiotiques promoteurs de croissance, des pâtes à tartiner contenant des noisettes traitées avec plus de 4 pesticides interdits en Europe… Ce livret donne les clés pour comprendre comment ces produits se retrouvent aujourd’hui dans nos assiettes, quels sont les impacts pour la planète, les agriculteurs et les consommateurs, ainsi que les moyens d’agir face à cette situation.
Dans ce rapport conjoint avec l’Institut Veblen et Interbev, nous proposons l’adoption de mesures miroirs afin d’imposer les normes environnementales et sanitaires européennes aux produits importés depuis les pays tiers. Cette étude s’appuie sur 5 études de cas (soja, noisette, riz, viandes ovine et bovine), et illustre la situation concrète de ces différentes filières agricoles face à la concurrence de produits importés depuis des pays en dehors de l'UE, ayant des normes environnementales et sanitaires moins exigeantes.
Cette action a été lancée début 2024, alors que de nombreux agriculteurs manifestaient dans les rues européennes. Cette campagne, qui donne largement la parole à des agriculteurs et agricultrices engagés, démontre qu’il est possible de cultiver ou élever des animaux en préservant le vivant, mais que cela nécessite un cadre protecteur.
Notre pétition citoyenne pour demander l’introduction de mesures-miroirs a déjà recueilli plus de 100 000 signatures.
Vitale, l’alimentation coûte de plus en plus cher. Cher au climat, puisqu’elle engendre 22 % des émissions de gaz à effet de serre en France, 3ᵉ poste le plus émetteur après le transport (30 %) et le logement (23 %). Cher à la biodiversité, l’usage des pesticides de synthèse étant responsable de la disparition de très nombreuses espèces et de la perte de fertilité des sols. Mais aussi cher à notre portefeuille et notre santé : les pathologies liées à l’alimentation comme certains cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, surpoids ou obésité représentant 80 % des causes de décès prématurés. Malgré tout, changer de pratiques alimentaires n’a rien d’évident, ni à la maison, ni en restauration collective. C’est là que nous intervenons.
L’agriculture biologique est le mode de production qui présente le plus de bénéfices pour la santé humaine, la qualité des sols, les ressources en eau, la biodiversité et le bien-être animal. C’est également une agriculture moins émettrice de gaz à effet de serre et plus résiliente face aux impacts du dérèglement climatique. Il est donc essentiel de développer cette agriculture en France. Plusieurs stratégies gouvernementales ont d’ailleurs fixé l’objectif d’atteindre 21% de surface agricole utile (SAU) en bio d’ici 2030.
Or, aujourd’hui, avec seulement 11 % de notre SAU en bio, nous sommes loin du compte ! Et depuis 2022, la filière a traversé une crise sans précédent : les surfaces en première année de conversion ont chuté de 40 % et, en 2023, les pertes économiques pour les agriculteurs biologiques ont été estimées entre 250 et 300 millions d’euros.
Comment sortir de cette impasse ? Quelle hausse de la consommation est nécessaire pour réactiver la filière ? Quels débouchés faut-il créer ?
C'est à ces questions prioritaires que nous travaillons.
Pour permettre à chacun et chacune de manger plus sain au moins une fois par jour, quels que soient ses moyens, tout en favorisant le soutien au développement de filières bio et locales, nous avons identifié, dès 2007, la restauration collective (cantines scolaires, restaurants universitaires, d’hôpitaux, d’EPAHD…), et ses 3,8 milliards de repas servis chaque année en France, comme un formidable levier à activer.
Mais il n’est pas simple, quand on est un restaurant collectif, de faire évoluer ses recettes, ses fournisseurs, sa manière de cuisiner et de former ses équipes… tout cela dans un budget de plus en plus restreint.
Pour accompagner tous les acteurs de la restauration collective à faire évoluer leurs pratiques, nous avons créée en 2016, avec le réseau Restau’Co - avant la mise en place de la loi EGAlim (2018) qui pose l’objectif de 50% de produits durables, dont 20% de produits bio dans les assiettes - la démarche Mon Restau Responsable®.
Mon Restau Responsable®, c’est une méthode originale, gratuite, qui permet à tous types de cantines, en gestion directe ou concédée, et de tous secteurs d’entrer dans une démarche de progrès, sur la durée, dans une logique gagnant-gagnant pour le personnel de cuisine, les convives et le territoire.
Cette démarche s’appuie sur 4 piliers : le bien-être des convives, l’assiette responsable, les éco-gestes et l’engagement social et territorial.
Pas de note, de label ou de classement, il s’agit d’une méthode évolutive, basée sur un système participatif de garantie qui privilégie la concertation entre les différents acteurs locaux impliqués :
Neuf ans après la mise en place de Mon Restau Responsable®, la démarche poursuit son développement avec plus de 2000 sites de restauration engagés partout en France. Ce sont ainsi 130 millions de repas bio, sains et durables servis chaque année, avec une part croissante de produits locaux et de saison.
Nous travaillons aux côtés d’une grande diversité d’acteurs de la restauration collective, à commencer par les cantines scolaires, de la crèche au lycée, des hôpitaux, des EPAHD, des entreprises, des administrations ainsi que des universités, avec l’objectif d’engager tous les CROUS de France dans la démarche en 2025.
En parallèle de l’accompagnement des cantines, et dans l’objectif d’aider celles et ceux qui consomment des produits bio, locaux et sans pesticides une fois par jour à la cantine, à le faire aussi à la maison, nous travaillons à la création d’un nouveau dispositif de mobilisation citoyenne à destination des familles. Nous publions également des livrets d’informations grand public pour vous donner toutes les clés pour mieux s’alimenter 365 jours par an.
Enfin, nous menons des échanges avec les enseignes de la grande distribution pour identifier des leviers afin qu’elles soutiennent davantage l’achat de produits bio en magasin et menons des actions de plaidoyer pour maintenir les objectifs nationaux en matière de SAU bio dans nos politiques publiques.
Nous avons étudié les stratégies en matière de bio des 8 principales enseignes de la grande distribution, qui représentent près de 60% des ventes de produits alimentaires et orientent fortement les choix des consommateurs. Et le constat général est que ces stratégies présentent des insuffisances importantes : aucun objectif chiffré en matière de vente de produits bios, une part d’offre en bio en diminution, des écarts de prix entre bio et conventionnel très variables entre les enseignes ou encore des investissements en matière de communication insuffisants en ce qui concerne les produits bios. Face à ce constat, le rapport identifie des actions concrètes à mettre en place par les acteurs de la grande distribution, et demande également à l’Etat de mettre en place des politiques publiques de soutien afin que l’AB trouve toute sa place dans les rayons de nos grandes surfaces.
Alors que la consommation de produits bio tend à s’essouffler, la FNH montre dans ce rapport qu’il est nécessaire de mobiliser l’ensemble des secteurs pour créer les débouchés nécessaires à la relance de l’agriculture biologique. En effet, les politiques publiques ciblent actuellement principalement la restauration collective, mais cela ne suffira pas : il est également nécessaire de mobiliser la restauration commerciale et la consommation à domicile. La FNH propose ainsi des recommandations et une feuille de route, jalonnée, pour atteindre les objectifs de la France d’ici 2030 en matière de surface agricole utile en bio.
Alors que la moitié des Français estiment manquer d’informations sur la bio et ses véritables bénéfices pour la santé et l’environnement, nous proposons un petit livret qui reprend les grands préjugés que nous entendons le plus souvent et nous y apportons des réponses concises : l’agriculture bio utilise-t-elle des pesticides ? Les labels bio sont-ils uniquement des outils marketing ? Quelles différences entre le bio français et espagnol ?
Dans l’émission Sur le Front diffusée ce lundi 10 novembre sur France 2, Hugo Clément s’intéresse aux accords de libre-échange qui facilitent une grande partie de nos importations de produits alimentaires produits en dehors de l’Union européenne. Sur le papier, ces accords de libre échange, à l’image de ceux signés avec le Canada ou la Nouvelle-Zélande, visent à faciliter le commerce. Mais dans les faits, ils écrasent nos agriculteurs, ignorent les conditions de production déplorables dans les pays exportateurs, détruisent la biodiversité, amplifient le dérèglement climatique et mettent en danger la santé des consommateurs. L’accord UE-Mercosur, sur le point d’être soumis au vote 27 états-membres de l’EU, est sans doute le plus dangereux d’entre eux. Mais, si refuser le Mercosur est indispensable, à la Fondation, nous restons tout de même convaincus qu’un autre commerce international est possible. Pour y parvenir, commençons par mettre en place des mesures-miroirs.
Sur le Front, l’émission d’Hugo Clément, nous emmène dans les coulisses des accords de commerce qui régissent une grande partie des importations de denrées alimentaires que l’on retrouve tous les jours dans nos assiettes sans le savoir : viande bovine élevée dans des feedlots, nourrie au soja OGM responsable de la déforestation et aux antibiotiques activateurs de croissance, agneaux soumis à des pratiques à l’opposé du bien-être animal, lentilles traitées au glyphosate juste avant la récolte, noisettes pulvérisées avec pas moins de 15 insecticides, dont 4 hautement cancérigènes, interdits en UE parfois depuis 30 ans … etc. Avec Thomas Uthayakumar, directeur des programmes de la FNH, nous avons été aux côtés de l’équipe d’Hugo Clément pour dresser un constat sans appel : la façon dont sont construits les accords de libre-échange est néfaste à tous points de vue et le pire est à venir avec l’accord UE-Mercosur, sur le point d’être soumis au vote.
« Pire encore, ce texte menacerait toute politique future de protection de la nature, du climat et de la santé. Le danger ne vient pas seulement du contenu de l’accord UE-Mercosur, mais de sa logique même »
Directeur des programmes et du plaidoyer de la FNH
« En soutenant cette logique, l’Europe et la France contribueraient à bâtir un système d’échanges plus juste qui encouragerait les efforts de transition de nos agriculteurs, grâce aux mesures miroirs, et aiderait les agriculteurs des pays partenaires à élever leurs standards sociaux et environnementaux. C’est cela, le sens du juste échange que nous portons à la Fondation. Mais Il manque une volonté politique forte pour que cela devienne réalité ».
Directeur des programmes et du plaidoyer de la FNH
Pendant que la Commission européenne tente de faire voter l’accord UE-Mercosur, la Fondation rappelle que de nombreux députés européens se sont déjà engagés auprès d’elle et son partenaire, l’Institut Veblen, à porter les mesures-miroirs et à renforcer la transition agroécologique.
Le Commissaire à l’agriculture s’est lui-même positionné en faveur de ce type de mesures lorsqu’il a présenté sa vision pour le futur de l’agriculture européenne en février dernier.
Pour nous aider à mettre en place les mesures-miroirs, joignez votre voix à la nôtre en signant notre pétition déjà soutenue par plus de 101 000 citoyens et citoyennes.
Ensemble, ouvrons la voie à un commerce plus juste. Demandons des mesures-miroirs pour les agriculteurs, la planète et notre santé !
L'agriculture biologique suscite de nombreuses interrogations : ses bénéfices sont-ils réels ? Son coût est-il justifié ? Face aux idées reçues, il devient crucial de s'appuyer sur des faits scientifiques pour comprendre les véritables enjeux du bio. Ce guide complet répond à vos questions essentielles sur l'agriculture biologique.
Contrairement à ce que l’on peut lire, le bio n’est pas une simple opération marketing mais une démarche crédible qui vise à préserver les sols, les ressources en eau, la biodiversité et la santé humaine.
Livret : "Faut-il croire au bio ?"
Découvrez le vrai du faux sur l'agriculture biologique : bénéfices santé, impact environnemental, prix justifiés. Guide gratuit à télécharger pour tout comprendre du bio.
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L’Assemblée nationale a adopté la loi Duplomb ce mardi 08 juillet 2025. Un texte qui réautorise des pesticides dangereux comme l’acétamipride, et marque un net recul pour la santé publique, l’environnement et l’avenir de l’agriculture en France.
À la Fondation pour la Nature et l’Homme, nous partageons l’indignation de nombreux citoyens, scientifiques, professionnels de santé et agriculteurs engagés dans une transition agroécologique. Mais surtout, nous refusons de céder au découragement.
Cette loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2025, constitue un symbole des reculs environnementaux auxquels nous ne pouvons nous habituer. Elle incarne une triple régression :
Comme l’explique notre directrice générale Stéphanie Clément-Grandcourt dans une prise de parole forte :
« Ce texte fait mal. Vraiment. Mais il ne doit pas devenir un précédent. »
Le vote de la loi Duplomb met également en lumière des tensions internes au sein du bloc majoritaire. Plusieurs députés ont eu le courage de s’abstenir, voire de voter contre leur groupe.
« Nous aurions aimé qu’ils soient plus nombreux à écouter tous les agriculteurs, citoyens, scientifiques, médecins, spécialistes de la biodiversité qui se sont exprimés, plutôt que de choisir de faire passer les intérêts particuliers d'une minorité avant la santé de tous, l'environnement et l'équité dans le monde agricole. » explique Stéphanie Clément-Grandcourt.
Face à ce vote dramatique, la Fondation pour la Nature et l’Homme continue de se battre sur tous les fronts : auprès des décideurs, dans les médias, sur les territoires, auprès des citoyens. Car une autre agriculture est non seulement possible, mais déjà en marche.
« Pour une loi Duplomb qui passe, nous avons une majorité d’agriculteurs qui sont prêts à changer de modèle et qui veulent moins de pesticides dans leurs champs », rappelle Stéphanie Clément-Grandcourt.
Partout en France, nous accompagnons :
Ce texte ne signe pas la fin de la transition agricole, bien au contraire. Il renforce notre détermination à construire une agriculture plus juste, plus résiliente, plus compatible avec les limites planétaires.
« À la Fondation, nous sommes persuadés qu’un changement de cap est à portée de mains et que cette loi Duplomb est l’un des derniers actes de résistance d’un monde qui passe ».
« Nous serons mobilisés, vigilants, déterminés lors des prochains textes agricoles attendus dès le second semestre 2025 » Conclue la directrice générale de la Fondation pour la Nature et l’Homme.
C'est d'une loi sur un meilleur partage de la valeur, indispensable pour assurer un revenu digne pour les agriculteurs dont nous avions besoin. C'est d'une loi qui favorise l'agréocologie, protège le climat et la biodiversité dont nous avions besoin.
Le cadmium est un métal lourd. Et même s’il y a quelques jours encore son nom vous était inconnu, il est bien présent... dans nos assiettes. Céréales, pommes de terre, légumes, chocolat : 80 % du cadmium que nous accumulons tout au long de notre vie provient de notre alimentation. Il s’y retrouve par le biais des engrais phosphatés, utilisés massivement dans l’agriculture, particulièrement dans les systèmes intensifs.
« Le cadmium est naturellement présent dans les sols, mais son accumulation dans les plantes est amplifiée par les fertilisants phosphatés », explique Olivier Laprévote.
C’est un problème connu depuis longtemps. Dès 2011, l’agence française de sécurité sanitaire alertait sur les risques liés à ce métal. Et en 2019, elle recommandait déjà d’abaisser son seuil dans les engrais. Mais rien n’a changé au niveau européen.
« Nous sommes maintenant en 2025 et la norme européenne n'a pas bougé. L'avis de l’Anses était fondé, comme on le fait dans cette agence, essentiellement sur l’avis des scientifiques. Donc non seulement les scientifiques eux-mêmes ne sont pas forcément très écoutés, mais en plus l'agence qui consulte les scientifiques pour émettre ses avis ne rencontre pas un écho aussi large qu’on pourrait le souhaiter » regrette Olivier Laprévote.
Contrairement à une intoxication brutale, le cadmium agit en silence. « On élimine le cadmium beaucoup plus lentement qu'on ne l'absorbe, et on l'accumule » précise Olivier Laprévote.
Et ses effets, eux, se font sentir... bien plus tard.
« On parle d’un risque qui s’apparente à la montée du niveau des mers : il est inévitable, progressif, et ses effets apparaîtront à long terme, notamment chez les personnes âgées. »
Insuffisance rénale, ostéoporose, maladies cardiovasculaires : ces pathologies sont aggravées par une accumulation chronique de cadmium. Et les enfants sont particulièrement à risque. En 2016, près d’un tiers des moins de 3 ans avaient déjà dépassé le seuil tolérable. « Donc si on prend un enfant de 3 ans en 2016, c'est un enfant qui a 12 ans aujourd'hui. On se projette sur des pathologies qu’il aura potentiellement dans 50 ou 60 ans ».
Dans le même temps, le Parlement s’apprête à voter la loi Duplomb, qui pourrait réintroduire des pesticides néonicotinoïdes, pourtant reconnus comme extrêmement nocifs pour les pollinisateurs, la biodiversité et même la santé humaine.
Le point commun entre le cadmium et les pesticides, c’est que les alertes scientifiques sont connues. « Et pourtant, elles ne sont pas entendues… » nous explique le toxicologue.
Les pesticides, comme le cadmium, posent des questions de modèle agricole. Concernant l’usage des pesticides de synthèse, des plans ambitieux avaient été lancés pour réduire l’usage des pesticides dans les années 2010. Pourtant, leur consommation a augmenté, en totale contradiction avec les engagements pris.
Pourquoi les alertes ne sont-elles pas suivies d’effets ? Pour Olivier Laprévote, c’est un problème de culture scientifique chez les décideurs.
« Je pense que la culture scientifique n'est pas assez représentée dans les instances de décision politique. Or s’agissant de pesticides, de la contamination des aliments, de l'élevage, des pratiques agricoles, si on ne met pas la préoccupation sanitaire dès le départ, on risque de prendre de très mauvaises décisions. Et je pense qu'un certain nombre des aspects de la loi (Duplomb) qui est proposée au vote ne sont pas du tout rassurants sur ces différents points », résume-t-il.
L’agence française de sécurité sanitaire (ANSES), qui base ses avis sur les travaux de scientifiques n’est pas écoutée comme elle devrait l’être. Résultat : des lois sont votées sans véritable prise en compte des risques sanitaires à long terme.
Le bio est souvent cité comme un rempart face à ces substances toxiques. Et les données disponibles vont dans ce sens.
« Une méta-analyse de 2014 montre que les légumes issus de l’agriculture biologique contiennent deux fois moins de cadmium que ceux de l’agriculture conventionnelle. » explique le scientifique.
Pourquoi ? Si l’on retrouve du cadmium en agriculture biologique parce qu'on ne peut pas faire autrement, le phosphate étant dans le sol, et le cadmium aussi, les doses sont bien moindres. En cause : moins de recours aux engrais minéraux, plus de compost, d’humus, de fertilisants organiques.
Le message que Olivier Laprévote souhaiterait adresser aux parlementaires est clair, il en va des pesticides, comme du cadmium : avant de prendre des décisions, il faut d’abord mesurer. Sinon, on décidera à l’aveugle.
«Il est impératif d'identifier, de quantifier de façon systématique toute substance qui est susceptible d'avoir des effets sur la santé humaine de façon extrêmement suivie, extrêmement précise, et depuis la fabrication des produits eux-mêmes , in fine, ce que l'on va retrouver dans le corps humain : chez les enfants, chez les nouveau-nés, dans les aliments bien entendu, chez les agriculteurs, qui sont souvent les premières victimes de ces expositions. Si on ne mesure pas, on ne saura jamais on prendra des décisions épouvantables. » martèle-t-il.
Il ne s’agit pas d’interdire pour interdire, mais de fonder les décisions sur des données fiables et actualisées, en tenant compte de la santé publique.
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